10 juin 2022, 13:35

THE GATHERING

"Always..." (1992 - Rétro-Chronique)

Album : Always...

C’est le 9 juin 1992 qu’est paru le premier album du groupe néerlandais THE GATHERING. Soit trois décennies ! Tout avait commencé à l’automne 1989 lorsque les frères Rutten, Hans (batterie) et René (guitare) associé à Bart Smits (chant) fondent le groupe. Rapidement, les trois compères sont rejoints par Hugo Prinsen Geerligs (basse) et Jelmer Wiersma (guitare). Initialement créé pour marcher dans les pas de leurs groupes favoris tels que CELTIC FROST, les musiciens suivent rapidement un chemin différent. Sur une idée de Hans, Frank Boeijen (claviers) intègre le groupe, malgré les réticences du chanteur. En effet, Bart pensait que les claviers étaient plutôt faits pour des groupes comme BON JOVI. Mais rapidement, le style sombre de Frank va lui faire prendre conscience que l’apport des claviers à leur musique est plus que nécessaire. Ensemble ils enregistrent une première démo de 5 titres « An Imaginary Symphony » (1990), suivie d’une seconde également de 5 chansons « Moonlight Archer » (1991) et qui propose 3 nouveaux morceaux.

A l’écoute de ces chansons originales, on comprend que le groupe s’inscrit dans le courant doom/death metal qui voit le jour en cette dernière décennie du XXe siècle. En 1992, le groupe décide d’ajouter une voix féminine et c’est ainsi que Marike Groot vient compléter un line-up composé de sept membres. Il est probable que ce choix ait largement été inspiré par « Gothic » de PARADISE LOST dont les membres de THE GATHERING sont fans. Bien que le temps d’enregistrer un premier album soit venu, leur jeunesse oblige certains d’entre-eux à demander l'autorisation de leurs parents pour signer le contrat discographique que leur propose Foundation 2000. C’est dans un vieux hangar agricole humide et malodorant que le groupe se retrouve tous les dimanche matin pour répéter et composer ce premier album. Lorsqu’ils rentrent en studio, pour enregistrer « Always... », les huit chasons sont enregistrées en quatre jours et mixées en une journée sur un 16 pistes dont 2 étaient inutilisables. Ainsi, l’écoute de cet album restitue une prestation live du groupe.


​Dès le premier morceau, on mesure le chemin parcouru par THE GATHERING depuis ses débuts. "The Mirrors Waters" commence par une mélodie aux claviers sur laquelle vient dans un premier temps se greffer par intermittence un riff de guitare sombre annoncé par le duo basse/batterie avant que ce riff ne se mue en une mélodie lourde et lancinante. Le break permet d’introduire une seconde mélodie riche et cohérente sur laquelle se développe un superbe chant growlé. Plus rythmé, la tonalité de "Subzero" est donnée par la batterie. On remarquera les superbes lignes ambiantes jouées par le clavier qui par moment font écho à DEEP PURPLE. Bien que sombre, ce morceau est entraînant comme s’il voulait représenter une sorte de danse de la mort.
"In Sickness and Health" est basé sur les claviers auxquels répondent les guitares qui ne manquent pas de faire penser à PARADISE LOST. Les lignes de chant sont plus claires, mais restent torturées. On y entend aussi pour la première fois le chant féminin rejoindre timidement le chant masculin. "A King For A Day" est le temps fort de l’album. Il se développe sur une superbe mélodie entraînante basée sur une rythmique lourde qui ralentit pour laisser le chant féminin et masculin s’exprimer en duo, le tout étant superbement mis en relief par les claviers. Le break à mi-morceau laisse l’occasion à Marike de développer un impressionnant vibrato qui débouche sur un solo où les guitares se répondent de concert.

La seconde partie débute avec "Second Sunrise" sur une tonalité lente et sombre enrichie de claviers. Le chant masculin growlé et féminin, clair et mélancolique, se répondent superbement. A la moitié de la chanson, un arpège à la guitare précède un joli solo avant de continuer sur la tonalité lente et sombre du début pour se terminer sur une partie de flûte. "Stonegarden" est introduite par une belle mélodie de guitare accompagnée du chant féminin. Un solo de claviers permet de faire la transition avec le couplet où se développe le chant masculin et le chant féminin. C’est sans coupure que suit le titre "Always..." sur lequel on entend le sac et le ressac de la mer. C’est sur une mélodie basée sur le clavier et rythmée par la batterie que le chant de Marike n'est pas sans rappeler DEAD CAN DANCE. "Gaya’s Dream" vient joliment fermer cette première réalisation. 

Malgré ses imperfections liées largement au manque de budget et aux conditions spartiates d’enregistrement, « Always... » est bien plus qu’un album majeur de THE GATHERING, c’est l’album où l’élève dépasse le maître. Si « Gothic » de PARADISE LOST est devenu un jalon majeur et indélébile, THE GATHERING à démontré par sa maturité artistique qu’il pouvait aller bien au-delà. La dualité du chant  féminin et masculin se mêle dans une parfaite osmose. La richesse des claviers donne un relief incroyable aux compositions. La basse encore très souvent discrète à cette période, ne manque pas ici de se faire remarquer et contribue largement à la richesse des compositions. Le seul reproche que l’on puisse faire à ce disque est bel et bien est ces conditions qui lui donnent une impression de maquette améliorée. Quoi qu’il en soit, trente ans se sont écoulés et ce 1er album n’est pas tombé dans les oubliettes. Une bonne raison pour le redécouvrir ou simplement le découvrir car comme le dit le proverbe, "mieux vaut tard que jamais". Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire !
 

Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il cultive un vif intérêt pour le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionne. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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