19 mai 2024, 23:59

BRANT BJORK TRIO + DAILY THOMPSON / MONDO GENERATOR + FLEDDY MELCULY

@ Wasquehal (The Black Lab)

En ce week-end de mi-mai, le Black Lab nous propose un plateau stoner d’exception qui regroupe le BRANT BJORK TRIO avec DAILY THOMPSON le samedi, et MONDO GENERATOR avec FLEDDY MELCULY en première partie le dimanche.

C’est à DAILY THOMPSON d’ouvrir les hostilités le samedi 18 mai. Quoi de plus normal pour le trio allemand actuellement en tournée avec Brant Bjork. Loin d’être des nouveaux venus, c’est leur nouvel et sixième album qu’ils viennent nous présenter. C’est d’ailleurs avec le groovy ''I’m Free Tonight'' tiré de « Chuparosa » sorti la veille que leur prestation commence. Avant d’enchaîner et de jouer dans son intégralité ce nouvel album, c’est ''Nimbus'' extrait de « God of Spinoza » que DAILY THOMPSON délivre. S’en suit donc dans l’ordre ''Pizza Boy'', ''Diamond Waves'', ''Raindancer'', ''Ghostbird'' et la chanson-titre ''Chuparosa'' qui clos ce set. Globalement agréable, le concert manque un peu de relief comparé à l’album. L’attitude scénique est aussi en déséquilibre entre le chanteur/guitariste plutôt réservé et la chanteuse/bassiste extravertie qui s’éclate. Si ''Ghostbird'' redynamise un set devenu linéaire, il est étrange de terminer par le mélancolique ''Chuparosa''. 

C’est dans un décor de désert semi-aride que Brant Bjork fait son apparition accompagné de ses deux musiciens : le bassiste Mario Lalli (FATSO JETSON) et le batteur Ryan Güt qui officiait dans STÖNER. C’est par ''Buddha Time (Everything Fine)'', extrait de l’album « Black Power Flower » avec THE LOW DESERT PUNK BAND, que cette séance de zénitude et de force tranquille débute. Sans surprise, c’est un voyage dans l'univers de Brant Bjork qui nous est proposé ici. Extraits de « Bougainvillea Suite » son album le plus récent, ''Bread for Butter'' et ''Trip On The Wine'', joué plus tard dans le set, invite à l’éveil de nos papilles pendant que la musique caresse notre audition. Dans une ambiance plus roots ''Stackt'' nous plonge dans le paysage désertique qui est projeté en guise de backdrop. Extrait de l'album du même nom, ''Mary (You're Such a Lady)'' est une parfaite illustration de cette force tranquille qui transparaît. Dans un esprit plus rock ''Cleaning Out The Ashtray'' permet d’avancer tranquillement sans se laisser surprendre par la torpeur de la chaleur ambiante.

Vient la séquence « Saved by Magic » de Brant Bjork & THE BROS avec ''Sunshine Of Your Love'', ''Let The Truth Be Known'', '''73''. Moins inspirée, la magie n’opère guère et c’est bien dommage. L’enchaînement ''Coming Down The Mountain'', ''U.R. Free'' et ''Trip On The Wine'' nous plongent dans une forme de torpeur, bien que la musique ne soit désagréable, nous sommes plus dans le mood d’aller boire un verre et discuter en laissant la musique en fond. Même si le très heavy ''Low Desert Punk'' de « Jalamanta » ne réussit guère à nous remobiliser. Toutefois, ''Too Many Chiefs... Not Enough Indians'' et ''Lazy Bones'' / ''Automatic Fantastic'' réussissent à garder globalement l’attention du public. Il faut bien avouer que la démonstration reste très professionnelle et ne peut ennuyer les aficionados. Pour preuve le retour du trio pour terminer ce set avec ''Daze (FSB)'' et le dynamique ''Freak of Nature''.

Dimanche oblige, c’est à 18h30 que les concerts commencent. Il est assez surprenant de constater que contrairement à la veille le public est très clairsemé. Dans la mesure où pour cinq euros de plus, il était possible d’assister aux deux soirées, il aurait été logique de voir un public équivalent en nombre. Ce n’est de toute évidence pas le cas, nous pouvons en déduire que le public de MONDO GENERATOR n'est pas le même que celui du BRANT BJORK TRIO et que ce dernier fédère plus que son compère Nick Oliveri


C’est par conséquent devant une cinquantaine de personnes que les Flamands FLEDDY MELCULY entament leur set. Pour leur premier concert en France, on constate qu’une partie du public est venue en voisin pour les soutenir. Rien à voir avec un cover-band dédié au célèbre chanteur de QUEEN, FLEDDY MELCULY est un groupe de hardcore. Initié comme une blague par Jeroen Camerlynck, on découvre un quintet dont deux des musiciens sont masqués. Et notamment le guitariste avec le sien, blanc, que l’on peut soupçonné n’être que Fantomas venu incognito pour échapper au commissaire Juve... Loin de se démoraliser devant le peu d’affluence, les Belges vont faire le show et se donner à fond pour le public présent et lui faire découvrir leur cinq albums, tous classés dans les 5 premiers des charts flamands. De « Antichlist » paru l’an dernier, il n’ont joué que ''Geen Niews'' et ''Dudedeedurtwo''. Plus chanceux, « And Just Niks For All » voit la moitié de ses titres joués. A savoir ''Slaap'' qui introduit le concert, ''Freddie'', ''Nicks'' et ''Papa FM''. Pas beaucoup mieux lotis que le dernier album en date, « Sabbath Fleddy Sabbath » voit uniquement le bestial ''Beest'' joué et de « De Kerk Van Melculy » sont extraits, le malin ''Ik Ben Kwaad'' et ''Voor Altijd Jong'' qui n’a pas pris une ride.

Comme si cela leur avait manqué, c’est « Helgië », le premier album de 2026 qui est à l'honneur puisque 7 chansons en sont tirées. On retrouve ainsi le poétique ''Fuck You Fleddy'', ''Brood'' déconseillé aux allergiques au gluten, le vegan ''Geen Vlees Wel Vis'', ''Apu van de Nightshop'', ''T-shirt van Metallica'', le premier single qui a immédiatement rencontré le succès et pour clôturer cette belle première performance en France, le festif ''Feestje in uw huisje'' qui confirme que FLEDDY MELCULY a su exporter son sens de la fête.

 

Place maintenant au trio américain de stoner-punk MONDO GENERATOR. Point de vue du turnover qu’a subi la formation, elle est plus communément appelée Nick Oliveri & THE MONDO GENERATOR. C’est donc accompagné de Mike Pygmie à la guitare depuis 2012 et Michael Amster à la batterie depuis 2018 que l’emblématique bassiste fait son apparition sur scène. Le public quant à lui est plus nombreux, mais nous sommes encore loin de l’affluence de la veille. C’est bien dommage car les concerts du trio en France sont rares et encore plus dans le Nord de la France, puisqu’il semblerait que ce ne soit que son second passage dans la métropole lilloise. Le premier remonte à 2015 à La Péniche. Globalement, nous avons assisté à une prestation très professionnelle. On s'aperçoit que cette formation qui joue ensemble depuis l’arrivée du batteur est bien rodée. Toutefois, l’aspect punk du groupe est sur la durée un peu lassant. Serait-ce le manque de public, bien qu’il ait montré son intérêt, qui en serait la cause ? C’est peut-être une partie de l’explication. Le contexte aurait peut-être nécessité de retrouver l’esprit psychédélique du stoner. Le fait est que même les reprises de KYUSS, ''Supa Scoopa and Mighty Scoop'', ''Allen's Wrench'' et ''Green Machine'' n’ont pas produit leur effet. Pour le reste, nous avons eu droit à un set qui couvre largement la carrière de Nick Oliveri puisque de nombreuses autres reprises sont venues agrémenter la fin de la prestation.

On a retrouvé ainsi ''I Never Sleep'' de RIVER CITY RAPISTS, groupe avec lequel il joua en 1999, ''It's You I Don't Believe'' de DWARVES, ''You Think I Ain't Worth a Dollar, But I Feel Like a Millionaire'' de QUEENS OF THE STONE AGE pour fermer le rappel. Plus personnelle, on trouve aussi ''Invisible Like The Sky'' qu’il avait enregistré en 2010 sur la compilation « Awaken: The Poison Tree Records Sampler » et ré-enregistrée sur « Shooters Bible » en 2020. Sinon, ce sont les albums « Fuck It » (2020), « We Stand Against You » (2023), « Cocaine Rodeo » (2000) et de manière anecdotique « Hell Comes To Your Heart » (2012) avec ''Dead Silence'' qui ont été mis à l’honneur. En premier lieu « Fuck It » avec cinq titres extraits, dont la chanson-titre, ''Listening To The Daze'', ''Nowhere Man'', ''Turboner'' et ''Up Against The Void''. S’en suit « We Stand Against You » qui apporte de la nouveauté avec ''Blast Off'', ''Death March'', ''For a Day'' et ''Rubber Room'' et un retour au source avec ''13th Floor'' en début de prestation suivi plus tard par ''F.Y. I'm Free'' et ''Shawnette''.

Vous l'aurez compris, le ressenti est mitigé au regard de l’affiche, mais il est incontestable que si vous étiez présents et que vous soyez fans des carrières respectives de Brant Bjork et Nick Oliveri, vous pouvez légitimement avoir apprécié cette affiche. Pour preuve, la réaction du public qui est resté attentif tout au long des concerts et donné de la voix puis, applaudi les artistes.

Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il explore le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionnent. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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