3 juillet 2024, 19:58

DARKO

"Starfire"

Album : Starfire

Je pense avoir rarement attendu avec autant d’impatience la sortie d’un album et ce nouveau DARKO m’a complètement retourné le cerveau. Le duo génial de deathcore américain nous avait teasé pendant de longues semaines à coup de singles et de clips toujours plus surprenants, la sortie de « Starfire ». Une communication très réussie qui s’est conclue le 5 juin dernier avec 19 titres et plus d’une heure de musique particulièrement riche de styles, de featuring et de surprises. C’est donc un album audacieux, dont je ne me lasse pas malgré les innombrables écoutes et pour lequel je prends un plaisir absolument pas dissimulé à rédiger cette chronique. DARKO parvient à renouveler sans cesse le deathcore et cet album est là pour vous le prouver.

DARKO c’est d’abord un duo créé en 2020 qui rassemble deux incroyables musiciens. Au chant on retrouve en effet Tom Barber, chanteur du groupe CHELSEA GRIN (auparavant avec LORNA SHORE). Côté instruments, c’est le batteur Joshua ''Baby J'' Miller (ex-SPITE et EMMURE et tout récemment dans CHELSEA GRIN) qui officie. Ce qui a démarré comme un side-project cette année là s’est finalement révélé être un groupe particulièrement prolifique avec déjà 2 albums et 2 EPs complétés par ce nouveau « Starfire », tous autoproduits. J’aime souvent faire écouter DARKO aux métalleux qui pensent que le deathcore c’est toujours la même chose et que cette scène ne peut se renouveler. En effet chaque fois que vous tenterez de définir le style du groupe, vous serez surpris par la richesse des genres qu’il marie et comment il parvient à des concepts toujours plus complexes et violents. Ce sont des rythmiques folles, des riffs impitoyables, mêlés à des inspirations électro, cinématographiques, d’univers rétro-futuristes, etc... Au point où certaines mauvaises langues doutent qu’il soit possible de réellement jouer les instrumentales de DARKO, en particulier la batterie. Son seul défaut c’est de n’être qu’un side-project qui n’est pour le moment pas officiellement destiné à jouer en live. Mais je garde espoir que, le succès grandissant et comme Josh a récemment intégré CHELSEA GRIN, nous puissions un jour profiter de DARKO en concert.

« Starfire » est un album audacieux, tant par sa longueur et le nombre de titres, que par la variété de styles qu’il contient. 19 chansons ça peut en effet paraître beaucoup et on peut craindre que certaines finissent par être oubliées. Mais, les 4 précédents single, ''Rampage'', ''Bunny Suit'', ''Shanghai'' et ''Finding Love In a World Full Of Tragedy'', ont déjà eu une jolie existence et l’album propose quantité d’autres titres incroyables. De plus, cette richesse de styles et le nombre de pistes laisse percevoir à quel point ce projet passionne et motive Josh et Tom, et comment ils ont eu à cœur de laisser s’exprimer leur inspiration avec beaucoup de liberté. Je pense que c’est ça qui donne sa force à DARKO, un projet avec une grande liberté artistique, un espace d’exploration et de rencontres au vu des nombreuses collaborations au fil des années et y compris sur cet album.

« Starfire » s’ouvre sur une intro du même nom et ça démarre très fort. Une ambiance qui donne le sentiment qu’on vient d’ouvrir les portes sur un monde mi éthéré mi ultra-futuriste. On embarque pour un voyage et les portes se referment définitivement quand les samples du départ laissent place à la guitare et à la batterie. On enchaîne sur ''Distant World'', morceau avec Storm Strope en featuring, ancien chanteur de THE LAST TEN SECONDS OF LIFE. Des samples de voix japonaises sont saupoudrés tout au long de la chanson, mêlés aux instrumentaux plus électro, le tout sur un deathcore impitoyable. Il y a un petit côté vintage dans les ambiances electro, un air de Ghost In The Shell, cyberpunk sauce années 90.

Le morceau suivant c’est une très jolie surprise qui m’a vraiment laissée sur le cul. ''Death Charge'' propose un featuring avec Zelli de PALEFACE, un morceau impitoyable qui ne laisse aucun répit avec un scream rappé incroyable de Zelli. Le groove de la chanson donne juste envie de se déchaîner comme jamais. Plus que ravie de cette réunion de deux de mes artistes préférés. Avec ''5D'', DARKO propose une première pause avec un morceau plus chill pour lequel la mélodie est fortement présente. Le chant clean apparaît également. L’ensemble développe une atmosphère de tristesse, de nostalgie, avec une petite note d’espoir. C’est réellement une très belle chanson qui montre la complexité du deathcore de DARKO et le talent de compositeur de Josh. Les paroles vont aussi dans ce sens avec ce thème du regret et de l’envie d’avancer malgré les erreurs.

''Rampage'', un des premiers singles de l’album qui avait annoncé sa sortie quelques mois plus tôt, rétablit l’atmosphère lourde et violente. Toujours ce groove incroyable grâce au jeu de batterie de Josh. On est sur un morceau plus sec, plus efficace. ''Atomic Origin'' propose un nouvel invité : Garett Russel, chanteur du groupe de metalcore SILENT PLANET. J’adore les passages de drum'n'bass tout au long de la chanson. Il y a aussi un travail vraiment intéressant dans les mélanges de voix screamée et claire, y compris dans les types différents de scream. Je me répète aussi, mais les mélodies sont toujours aussi belles. Et les annonces des breaks avec des samples futuristes sont juste incroyables.

''Cry Baby'', le morceau suivant, est une de ses sublimes ballades que le duo nous propose au milieu de toute cette violence sans jamais perdre ses fans ni rompre avec l’ambiance du disque. Le chant clair de Tom fonctionne très bien et j’aime également beaucoup les paroles, porteuse d’espoir, de simplicité. C’est la chanson durant laquelle on a juste envie de partager un gros câlin. Et c’est tout le talent de DARKO, parvenir à proposer de telles pauses, sans jamais rompre avec la puissance de son deathcore, ni perturber l’atmosphère de son projet.

''Chrome Moon'' est devenu un de mes préférés à l’écoute de l’album. Les breakdowns sont délicieusement violents et puissants. Les ruptures permanentes d’ambiance et de rythme donnent un sentiment d’urgence. La construction du morceau est imprévisible. On y trouve aussi un de mes samples préférés de l’album, une voix féminine comme un slogan « Anything you can do, I can do better, I can do anything, better than you », tiré de la comédie musicale de 1946, Annie Get Your Gun. Le second single de l’album, ''Bunny Suit'', permet de progresser dans l’album. C’est un morceau que j’ai vraiment appris à aimer après avoir regardé la vidéo-playthrough en studio et notamment les prises chant de Tom sur le scream, mais surtout les lignes claires. Ce dernier est intégré sur un passage mélodique avec une batterie plus simple, progressivement complexifiée et rejointe par la guitare avant d’enchaîner sur un breakdown bien lourd. Ça fonctionne très bien !

Le titre ''Sora'', offre une nouvelle pause, avec une atmosphère particulièrement planante et cristalline qu’on doit au chant de Marcus Bridge, invité ici et chanteur du fantastique groupe de metalcore NORTHLANE. Ce morceau est un surprenant mariage, mais très réussi. On y retrouve tout un tas de touches vintages très bien choisies, les passages drum'n'bass et de fortes inspirations synthwave et vaporwave. ''Pleasures'' permet de renouer avec une atmosphère beaucoup plus violente et pressante avec un morceau vraiment deathcore. Le refrain tourne en boucle en tête. On y retrouve la recette efficace du sample electro avant le breakdown impitoyable.

''Mech Control'' propose un compromis entre les ballades précédentes et les morceaux beaucoup plus violents. Les mélodies et les samples y sont très présents et il y a une grosse touche électro. Le morceau ''Green Machine'' voit David Simonich du groupe SIGNS OF THE SWARM invité au chant, ainsi que Michael Barr, chanteur de VOLUMES. Le travail sur les voix y est vraiment intéressant et complètement au service de la progression de la chanson. J’y ai adoré le breakdown, ultra puissant. On a droit à une nouvelle pause avec le morceau ''Teardrop Sunshine''. Si vous n’étiez pas encore convaincus du fait que Tom Barber a un magnifique grain de voix très plaisant, ce morceau est pour vous. Mais franchement, la dizaine de morceaux précédents aurait déjà dû vous convaincre. Quand on pense être sur une nouvelle ballade, le refrain avec scream et guitare saturée nous rappelle ''gentiment'' que nous sommes en train d’écouter DARKO. La mélodie de fin y est juste magnifique.

Nous avions eu, quelques temps avant la sortie de l’album, un avant-goût des collaborations surprenantes que pouvait réaliser DARKO avec le morceau ''Rage'' ultra électro réunissant KAYZO, SAMPLIFIRE, DARKO donc et SCARLXRD. C’était un souhait dans les commentaires des fans à l’annonce de l’album de retrouver cette collaboration, mais c’est un tout autre cadeau que DARKO offre ici. ''Virtual Function'', avec exclusivement SCARLXRD en featuring marche très bien. Le scream du rappeur matche parfaitement avec le style de DARKO et le scream de Tom.

J’étais tombée amoureuse du morceau suivant dès sa sortie en single, et même au milieu de l’album, ''Shanghai'' continue d’être ma préférée. Elle symbolise à elle seule l’ambiance, la richesse, la violence et la complexité du projet DARKO. La chanson est soutenue par un clip que je vous conseille d’aller voir. Une intro qui me rappelle mes années hardcore et frenchcore avant d’enchaîner sur un rythme impitoyable qui laisse une grande place à l’incroyable jeu de batterie de Joshua. Tout y est, la pause mélodique avant un break qui me donne des frissons et les larmes aux yeux. La fin du morceau m’a vraiment touchée et je pourrais l’écouter des milliers de fois sans me lasser.

Un sample très court, ''The Record Is Over Time For More'', annonce la dernière ballade de l’album. ''Finding Love In a World Full Of Tragedy'' est une magnifique chanson avec le chant clair de Tom et une composition plus épurée, toute en douceur, dans laquelle on sent la passion de Josh. Le morceau est beau, touchant, les paroles sont puissantes, une déclaration d’amour au sens large et un clip magnifiquement réalisé l’accompagne. Il s’agissait du dernier single avant la sortie de l’album et c’était audacieux de le proposer. C’est malgré tout réussi et il y a eu un excellent accueil. Le morceau est plein de sincérité dans sa composition comme dans le choix de l’intégrer à DARKO.

« Starfire » se termine avec le morceau instrumental ''The Mother'', entrecoupé de samples divers. Il y règne cette ambiance nostalgique, douce, un peu triste, tournant autour du thème de l’amour. Mother, à la fois la terre souvent évoquée au cours des morceaux, et l’amour dans sa forme primitive, l’amour que l’on porte à tous nos proches. Le morceau se termine sur un ultime breakdown tout en violence et lourdeur.

Évidemment que cet album est une réussite ! Il était très attendu et il a à la fois tenu ses promesses et largement surpris. Il y en a pour tous les goûts dans « Starfire », une telle richesse de styles, d’ambiances, d’inspirations et d'invités variés qu’il est impossible de ne pas y trouver un morceau... favori. Dans mon cas, c’est simple j’ai tout aimé, il n’y a pas une seule chanson qui me paraisse là pour une mauvaise raison, en trop. L’ensemble est cohérent, on y est emmené comme dans un voyage et on en ressort le cerveau retourné mais ravi. Les rythmiques sont incroyables, on prend un plaisir immense à écouter la batterie. DARKO c’est le projet qu’on devrait prendre en exemple, un espace d’expérimentation, d’audace musicale, de liberté artistique et de collaborations. Tout ça ressort tellement bien dans ce disque, c’est un plaisir d’y prendre part. C’est vraiment le deathcore moderne que j’aime, riche, complexe, technique, audacieux et qui ne craint pas de franchir les barrières de style. Je n’ai qu’un souhait à présent, voir le groupe enfin sur scène, ce qui sera probablement l’un des meilleurs concerts auxquels j’aurais assisté, celui de DARKO.

Blogger : Amandine Moonbaast
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