Tradition désormais bien ancrée, le Hellfest Warm-Up sillonne la France pour assurer la promotion – mais est-ce bien nécessaire ? – du grand raout estival des metalleux... et des curieux. Du 12 au 29 mars, soit 16 dates, NERVOSA et NOVELISTS ont ainsi sillonné la France pour répandre la sainte parole. Le Métaphone de Oignies a accueilli cette tournée le dimanche 16 mars à 17h, un jour et un horaire pas du tout adéquats. La salle est ainsi loin d’être remplie quand le public, plutôt familial, ne fait pas preuve d’un grand dynamisme malgré les efforts de l’animateur ; son compte à rebours avant le début des concerts ne suscite qu’un engouement modéré. Warm-Up oblige, la soirée est enrichie d’un blind-test et d’un concours de air-guitar, avec deux pass quatre jours pour le festival de Clisson en guise de premier prix. Même pendant la finale de l’épreuve, jugée notamment par Pierre et Nicolas de NOVELISTS, l’ambiance n’est pas électrique...

NERVOSA bénéficie de 55 minutes pour montrer son talent. Prika Amaral, guitariste qui assure le chant depuis 2023 et l’album « Jailbrak », comme elle le faisait au tout début de l’histoire en 2010, est entourée, une fois encore, d’un nouveau line-up. Ce groupe, autrefois brésilien puis installé en Italie et désormais basé en Grèce, est plus actif que l’OM sur le marché des transferts... Si la bassiste Hel Pyre est aussi discrète dans son jeu de scène que son instrument dans le mixage, la guitariste Helena Kotina tient la scène à merveille, s’avance vers le public et affiche, déjà, une réelle complicité avec sa "capitaine"... même si les deux coéquipières multiplient les poses metal stéréotypées.

Stéréotypé est d’ailleurs l’adjectif qui caractérise la musique du quartette, ce death/thrash old-school sans grande originalité qui récite son petit SEPULTURA, période « Beneath The remains » ("Ungrateful" ou "Endless Ambition", tiré d’un « Jailbreak » mis à l’honneur avec huit titres interprétés). Quelques passages heavy ("Jailbreak" ou le Slayerien "Perpetual Chaos") viennent rompre la monotonie qui se dégage assez vite de cette litanie de compositions aussi speed que fades. NERVOSA, malgré une bonne volonté et une envie d’en découdre évidentes, semble condamner à la deuxième, voire troisième, division, et aux plages de fin de matinée ou de débuts d’après-midi des grands festivals estivaux. Dommage pour Helena Kotina qui se montre talentueuse, comme sur les soli de "Behind The Wall" ou "Ungrateful" ; peut-être devrait-elle changer de club ?

Après cette petite heure de thrash, place aux Français NOVELISTS et à leur metalcore teinté de progressif. La chanteuse Camille Contreras se présente seule sur scène. Elle annonce que, malade, elle fera de son mieux pour assurer le concert... tout en demandant au public de lui transmettre son énergie. Malgré ce handicap, elle tiendra son rôle avec brio, ne cessant de haranguer la foule pour lui faire enchaîner tous les passages obligés d’un show. Les spectateurs jumpent donc timidement, se lancent dans un wall-of-death, balancent les mains et allument les portables sur le poignant "Mourning The Dawn". Dans des ambiances où alternent la froideur du bleu et la chaleur de l’orange, les chansons naviguent entre calme enchanté (le pink floydien "Colas") et pure énergie ("Heretic", réussi sur son refrain, mois sur ses vocaux scandés).
Si certaines compositions, habilement pensées mettent en valeur la technique des musiciens ("Prisoner"), notamment d’un Florestan, en chaussettes, aux soli précieux, d’autres titres cèdent à la facilité... mais restent efficaces à l’image de "Smoke Signals" ou "Lost Cause". Le groupe se lance dans des morceaux inédits, dont "Coda" qui donnera son nom au cinquième album du quintet, prévu pour le 16 mai. La prestation, plutôt convaincante, se conclut sur le lourd et groovy "Turn It Up", première chanson enregistrée avec Camille en 2023 – si l’on excepte sa participation sur le titre "C’est la Vie" de 2020.