
A quoi tient la gloire ?
A la fin des années 80, une bande de jeunes Californiens montent un groupe de rock, KATZENJAMMER, qui se transformera rapidement en KYUSS, le mètre étalon du rock stoner.
A la guitare, un géant rouquin devenu mondialement célèbre grâce aux QUEENS OF THE STONE AGE, Josh Homme.
Mais le destin se révèlera moins généreux avec ses autres acolytes de l’époque, le chanteur John Garcia, le bassiste Nick Olivieri, et le batteur Brant Bjork. Ce dernier quittera même KYUSS avant la fin de l’aventure, pour voler de ses ailes en solo et changer d’instruments, passant principalement à la guitare et au chant.
Une évolution à la Dave Grohl, mais nettement moins fructueuse en termes commerciaux.
Brant Bjork, lui, s’en moque, il publie des disques à son rythme, et fait ce qu’il veut, y compris des opus totalement acoustiques.
Un éclectisme qui se constate également dans l’énoncé de ses productions : un coup Brant Bjork tout court, parfois Brant Bjork and THE BROS, Brant Bjork and THE LOW DESERT PUNK BAND...
Pour son offrande 2025, « Once Upon A Time In The Desert », disponible depuis septembre 2024, c’est BRANT BJORK TRIO, une appellation recouvrant, outre le maestro lui-même, ses vieux compères Mike Amster à la batterie et Mario Lalli à la basse.

C’est cette formation-là qui se présente à nous ce jeudi soir au Café de la Danse.
Bjork porte son traditionnel bandeau, arbore de grosses lunettes et un look globalement bab’ sur le retour. Mario Lalli, casquette solidement vissée sur la tête, slappe et secoue la tête en permanence. Quant à Ryan Güt, sa frappe de mule du début du concert s’allège au fur et à mesure de la soirée, reflétant l’évolution sonore proposée aux spectateurs.
Car on décèle nettement deux parties dans le show de M. Bjork. D’abord des titres plutôt récents, heavy ou blues, tels "Sunshine Is Making Love To Your Mind", issu du dernier album en date et qui ouvre le spectacle, le saccadé "Bread For Butter", ou encore les lancinants "U.R. Free" et "Mary (You’re Such A Lady)", sur laquelle la voix chaude de Brant peut être appréciée à son juste niveau. Le riff stonien de "Let The Truth Be Known" apporte une variété bienvenue, le maître de cérémonie lâchant de-ci de-là quelques éclairs à la wah wah qui illuminent ses mélodies.

Voici pour les deux premiers tiers du concert, du solide travail d’artisan livré par trois virtuoses qui se font plaisir, mais satisfont également leur public. Avant un dernier tiers carrément formidable, où Brant Bjork dégaine ses classiques. D’abord, le rapide, génial et un rien psychédélique, "Too Many Chiefs Not Enough Indians". Il précède le non moins enthousiasmant "Low Desert Punk", se prolongeant via l’incontournable enchaînement "Lazy Bones"/"Automatic Fantastic", gorgé de wah wah et dont le riff de guitare qui précède l’arrivée des vocaux rend dingue une partie du public.
Il ne reste plus qu’un petit "Freaks Of Nature" de derrière les fagots à assener avant que le trio ne tire sa révérence. Bjork n’aura pas prononcé plus de dix phrases dans la soirée, pour remercier le public et présenter ses musiciens.
Mais grâce à eux, clairement, durant une heure et quart, nous étions bien dans l’ambiance « il était une fois dans le désert ».
Un mot sur la première partie, ELECTRIC JAGUAR BABY. Un duo parisien guitare/batterie, les deux hommes se relayant au micro, et auteur de déjà trois albums, et autant de EP. En hommage à leur nom, les musiciens portent d’ailleurs une chemise panthère… ou plutôt jaguar. Et font un sacré barouf une demi-heure durant, sous l’œil appréciateur du public qui remplit convenablement le Café de la Danse lors de leur passage.
En tout cas, les deux gaillards quittent la scène avec le six-cordiste lançant un vigoureux « vive le fuzz, vive le rock ».
On ne saurait mieux dire !
