
Quoi de mieux qu’un vendredi soir de novembre pour plonger dans une ambiance horrifique ? Ça tombe bien : le vendredi 21 novembre, ICE NINE KILLS donnait un concert à la Salle Pleyel, accompagné de THE DEVIL WEARS PRADA et CREEPER, dans le cadre du "Work Of Art Tour". Un événement affichant complet, qui laissait présager une soirée mémorable. Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons que ICE NINE KILLS sera de retour en France cet été avec un passage très attendu au Heavy Week-End de Nancy le dimanche 7 juin 2026.

C’est le groupe CREEPER qui ouvre les hostilités ce soir. Blousons de cuir, maquillage soigné et look travaillé, tout respire le romantisme macabre, quelque part entre rock gothique et opéra-rock. Si le public se montre d’abord assez réservé, le groupe britannique, très à l’aise sur scène, parvient rapidement à l’embarquer dans son atmosphère singulière. En un peu plus de trente minutes, CREEPER remplit parfaitement son rôle : ouvrir la soirée avec élégance et séduire une partie du public encore néophyte, visiblement curieux d’en découvrir davantage.
Les habitués le savent, THE DEVIL WEARS PRADA est une valeur sûre en live. Le groupe déploie une énergie débordante ainsi que le supplément d’âme qui rend chacun de ses concerts unique. Une semaine seulement après la sortie du nouvel album « Flowers », la date parisienne est l’occasion idéale pour le public français de découvrir plusieurs nouveaux titres sur scène en prime-time ! La set-list est intelligemment construite avec l’efficace "Ritual" en ouverture, suivi des incontournables "Danger: Wildman", "Outnumbered" et "Salt", des chansons qui offrent un beau panorama de l’évolution du groupe au fil de sa carrière. Puis, le groupe propose quelques titres de son nouvel album « Flowers », tous très solides en live.
L’ambiance monte clairement d’un cran dans la salle, mais le concert prend soudain une autre tournure : sur "For You", le chanteur Mike Hranica semble en difficulté et est finalement contraint de quitter la scène. Le reste du groupe termine courageusement le titre en cours, mais le set doit être écourté d’une dizaine de minutes. Jeremy DePoyster remercie alors chaleureusement le public avant que le groupe ne quitte rapidement la scène. Plus de peur que de mal cependant, THE DEVIL WEARS PRADA reprend la tournée quelques jours plus tard. Malgré cet incident médical, la prestation reste remarquable et l’on se réjouit déjà de les retrouver en tête d’affiche le 18 octobre 2026 à l’Élysée Montmartre, date qui vient tout juste d’être annoncée.

Les lumières s’éteignent une troisième fois. "Red Right Hand", le titre culte de Nick Cave, résonne dans toute la Salle Pleyel. Bon, il est vrai que si le début de la chanson fait son effet, les six minutes et onze secondes sont un petit peu longues pour maintenir la hype, mais c’est un détail ! Sur scène, un gigantesque backdrop orné du célèbre logo "IX" et deux écrans façon vieux téléviseurs plantent immédiatement le décor.
La mise en scène démarre fort avec une référence assumée au Silence des Agneaux, lors de l’entrée en scène sur "Meat & Greet". ICE NINE KILLS soigne chaque titre avec une scénographie spécifique, portée par des acteurs incarnant les personnages issus des films évoqués par les morceaux. Entre les chansons, de fausses publicités et bandes-annonces ponctuent le set, renforçant l’aspect cinématographique du show, et semant peut-être, au passage, quelques indices sur un futur album attendu en 2026.
Côté set-list, une large place est accordée à « Welcome To Horrorwood: The Silver Scream 2 » avec notamment "Funeral Derangements", "Hip To Be Scared", "Wurst Vacation" ou encore "Farewell II Flesh". Quatre ans après sa sortie et représenté par pas moins de neuf titres, cet album conserve une efficacité redoutable en live. Le groupe n’oublie pas pour autant « The Silver Scream » en interprétant les incontournables "A Grave Mistake", "Stabbing In The Dark" puis plus tard "IT Is The End" et "The American Nightmare". Moment plus inattendu : la reprise de "Walking On Sunshine" de KATRINA AND THE WAVES qui déclenche automatiquement des sourires, notamment lorsqu’un soleil géant débarque sur scène en sautillant, hache à la main. Autre temps fort de la soirée, l’interprétation des trois nouveaux singles du groupe : "The Great Unknown" inspiré de Matrix, "The Laugh Track" qui rend hommage au Joker de 1989 interprété par Jack Nicholson, et surtout "The Work Of Art", lié au film Terrifier 3, sont clairement les titres qui concentrent le plus l’attention ce soir. Costumes, accessoires et mise en scène, tout est mis en œuvre pour renforcer l’immersion du public.
Vous l’aurez compris, ICE NINE KILLS a livré un concert spectaculaire ce soir, porté par une mise en scène travaillée, une production ambitieuse et une superbe performance. On peut toutefois regretter une fosse un peu "sage" malgré un public passionné chantant chaque parole à tue-tête. Mais c’est sans doute en raison de la configuration particulière de la Salle Pleyel (avec une toute petite fosse et une majorité de places assises). Cela n’enlève rien à notre plaisir, le show tient toutes ses promesses et nous laissera un excellent souvenir. Pour certains, il pourrait même figurer parmi les meilleurs concerts de 2025. En quittant la salle, difficile de ne pas imaginer ce que le groupe pourrait proposer dans un Zénith ou une Arena, avec une production encore plus importante. Peut-être un jour !
En attendant, rendez-vous le dimanche 7 juin 2026 pour retrouver ICE NINE KILLS au Zénith Nancy Open Air pour le Heavy Week-End, aux côtés d’ELECTRIC CALLBOY, THREE DAYS GRACE et SHAÂRGHOT.