1 février 2026, 20:11

THE DAMNED

"Not Like Everybody Else"

Album : Not Like Everybody Else

Il s’agit certainement du plus vieux groupe de punk de l’histoire, en tout cas, ils ont enregistré le premier 45 tours de la déferlante londonienne. Et ces dinosaures tiennent toujours le cap avec bravoure, comme nous avons pu le découvrir lors du dernier Hellfest. Aujourd’hui THE DAMNED, je clarifie pour ceux qui pensent que je parle de la bande à Rotten, livre une série de reprises enregistrées dans l’urgence, en cinq jours seulement, pour son propre plaisir et le nôtre.

"There’s A Ghost In My House". Nous voilà transportés à travers l’espace-temps, jusqu’à un Swinging London ressuscité par nos punks septuagénaires. Une rythmique dansante, accompagnés de « Ho ho hooo » comme sortis d’une aventure d’Austin Powers, des riffs aux griffes de panthère et synthés sous acide, l’ambiance est posée. L’excellent "Summer In The City" de THE LOVIN' SPOONFUL monte le psychédélique d’un cran avec son clavier digne de la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir. C’est d’un délicieux, d’un groove so British avec un solo bien prenant. "Making Time" de THE CREATION est bien dépoussiéré, offrant un déhanché osé proche du MC5. THE DAMNED, c’est, ne l’oublions pas, la voix de Dave Vanian. "Gimme Danger" des STOOGES est l’occasion de savourer son timbre de baryton sur les paroles empreintes d’urgence d’Iggy Pop. Un air grave sur une musique psyché, c’est assez hypnotique.

J’étais curieux de voir figurer "See Emily Play" de PINK FLOYD sur la pochette de l’album. Le résultat demeure assez proche de l’original, car même si la frappe est plus nerveuse et les guitares plus prononcées, cette atmosphère à la Alice aux Pays des Merveilles, en somme bien défoncée – l’ambiance, pas la mère Alice –, nous nimbe toujours autant, avec force claviers enfumés et voix irréelle aux refrains de loup à la Tex Avery. Un must. Place à "I’m Not Like Everybody Else" des KINKS, un assez joli proto-punk collant au chant intimiste de Dave. Nous poursuivons notre trip temporel avec "Heart Full Of Soul" des YARDBIRDS, reprise cœur battant de la Beat Generation dont le clavier nous donne à nouveau envie de nous trémousser dans un costume de tweed.

Plus virulent, "You Must Be a Witch" de LOLLIPOP SHOPPE permet à THE DAMNED de revenir à son style punk new wave, balançant à tout va les reste de son costard étriqué. Une folie juvénile garage-rock pour des adolescents de 7 décennies. "When I Was Young" est également une magnifique relecture d'Eric Burdon & THE ANIMALS, l’enregistrement est empreint d’une authenticité qui prend aux tripes. Autre moment d’émotion, "The Last Time" qui est la dernière fois où Brian James, guitariste originel de THE DAMNED, est intervenu pour jouer avec le groupe. Depuis, l’homme a cassé sa "pierre qui roule", donc quoi de mieux qu’un bon vieux ROLLING STONES pour lui rendre un bel hommage ?

Je suis honoré de chroniquer des productions de THE DAMNED. Cette série de reprises et un plaisir. On traverse le Swinging London dans une relecture punkoïde et truculente, rehaussée par la voix darkadelique de Dave Vanian. Un terme mis à l’honneur comme titre de leur excellent dernier album, comment mieux résumer cette formation punk hors normes ? Un groupe réellement "not like everybody else" !

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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