5 février 2026, 23:59

LORNA SHORE (+ WHITECHAPEL + SHADOW OF INTENT + HUMANITY'S LAST BREATH)

@ Paris (Zénith)

Blogger : Tom Binet
par Tom Binet


Deathcore's not dead. Au contraire le style se porte plutôt bien, dans le sillage de l'un de ses principaux ambassadeurs de ces dernières années : LORNA SHORE, devenu un véritable rouleau compresseur (dans tous les sens du terme). Alors quand les Américains débarquent dans la capitale, accompagnés de trois autres formations référencées du genre, ça fait forcément du bruit.

Le thème de la soirée était assez clair : avec quatre groupes parmi ce qui se fait de mieux dans le deathcore ces dernières années, Pairs allait en prendre plein les oreilles. Pas forcément l'affiche la plus variée, mais un public par l'odeur des growls et des breackdowns alléchés. Malheureusement, le Zénith n'affiche pas totalement complet et des rideaux ont été mis en place pour masquer la partie supérieure des gradins. Mais pas de quoi gâcher la fête, ni empêcher une fosse déjà bien remplie dès 18h en semaine de profiter de la lourdeur presque infinie du son envoyé par HUMANITY'S LAST BREATH. Premiers à monter sur scène, les Suédois installent immédiatement une ambiance pesante, presque inquiétante. Lumières rouges tamisées, fumée, semblant d'obscurité et un Filip Danielsson qui apparaît capuche sur la tête : les musiciens se dévoilent à peine à une fosse qui monte déjà en pression. Les morceaux s'enchaînent, comme un seul bloc monolithique. Un set d'une demi-heure conclu d'un simple « Merci beaucoup ! », avant de quitter les lieux sans plus de formalités.


Pour les interactions avec les artistes, le public peut davantage compter sur SHADOW OF INTENT. L'atmosphère se fait plus détendue, comme une chape de plomb qui retombe au gré de structures musicales (légèrement) plus mélodiques. Très en verve, Ben Duerr harangue la foule, réclame plus de slameurs et promet même une dédicace à quiconque lui ramènera une bière sur scène. L'occasion également pour les Américains de nous faire découvrir en live leur dernier album paru en 2025, « Imperium Delirium », avec six des sept titres joués. L'artwork de ce dernier s'affiche d'ailleurs en backdrop, ce qui est à souligner pour une première partie.


Mais s'il fallait désigner une formation moins extrême que les autres au fil de cette longue soirée (toutes proportions gardées bien sûr), ce serait à n'en pas douter WHITECHAPEL. Imaginez un peu : désormais parfaitement échauffée, la foule peut même reprendre en chœur les paroles. Et ce dès « Prisoner 666 », qui ouvre le bal. Plus que ses deux prédécesseurs, le groupe du Tennessee a ses propres adeptes dans le public, venus spécialement pour lui. De quoi faire monter encore l'ambiance d'un cran. Seul court moment de respiration au cœur du set : l'apparition du crâne de cerf, emblème de la bande, juste avant de lancer « Hate Cult Ritual », afin de reprendre sa marche en avant et faire encore un peu monter le thermostat sous la marmite qu'est désormais un Zénith qui sait ce qui l'attend.


À savoir une véritable déferlante. Masquée par un rideau, la scène se dévoile au public en même temps démarre « Oblivion », qui fait littéralement exploser une salle qui n'attendait que ça. Écrans géants sur toute la largeur de la scène, effets pyrotechniques, lumières grandioses... L'euphorie est à son comble. Le constat s'imposait déjà l'été dernier au Hellfest, il est désormais plus évident que jamais : LORNA SHORE a bien grandi depuis sa dernière venue à Paris, sous les balcons du Bataclan. L'envie de se mêler à la foule pour en découdre se fait trop forte, surtout quand « Unbreakable » déclenche un premier wall of death vécu comme s'il pouvait être le dernier.


Les deux singles interprétés en ouverture annoncent également ce que tous les fans savaient déjà : si la bande a décidé de venir passer l'hiver à écumer les plus grandes salles européennes, c'est pour défendre leur dernier né, « I Feel the Everblack Festering Within Me ». Un dernier album en effet largement représenté dans la setlist, avec six titres. Au cœur des paroles de l'album, régulièrement personnelles, Will Ramos s'impose comme la star de la soirée par sa présence scénique presque bestiale. Toujours aussi impressionnant vocalement, le frontman s'amuse à interagir autant que possible en français avec une fosse parfois trop déchaînée pour y prêter attention. Au moment de lancer “Sun//Eater”, le voilà qui lâche « Défenestrez-vous ! » Son expression favorite dans la langue de Molière, paraît-il. Réponse du Zénith ? Des bras qui moulinent dans tous le sens et des corps qui s'entrechoquent, encore et toujours. Autre petit mot glissé innocemment alors que l'on reconnaît les premières notes du si violent “Prison of Flesh” : « Je veux voir votre pire comportement ! » Mission accomplie.


Seule ombre au tableau : le temps passe vite quand on s'amuse. « J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, nous annonce encore Ramos. La mauvaise, c'est qu'il ne reste qu'un morceau. La bonne, c'est qu'il s'agit d'une trilogie. » Impressionnant pour nous proposer une grande variété de décors plus impressionnants les uns que les autres à chaque titre, le groupe se surpasse pour chacun des titres de “Pain Remains”. À la glace et aux paysages froids de la première partie succèdent les flammes et la chaleur suffocante de la troisième. Un tourbillon d'émotions renforcé par la désormais traditionnelle dédicace du vocaliste à sa compagne : « A world without Eve isn't made for me ». Les flashes des téléphones s'allument et la bande quitte la scène sous une ovation méritée. Pour mieux revenir offrir un rappel d'un morceau, “To the Hellfire”, dernière décharge d'énergie et de plaisir. Seule petite frustration au moment de quitter les lieux : le show, d'une intensité rare, aurait mérité de durer plus d'une heure et quart. Rendez-vous dans deux ans pour une démonstration de puissance encore plus longue ?

Photos © Leonor Ananké - Portfolio

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