31 janvier 2026, 23:59

LANDMVRKS (+ PALEFACE SWISS + STICK TO YOUR GUNS + STATIC DRESS)

@ Paris (Zénith)


En France, rares sont les groupes de metal pouvant se targuer de jouer au Zénith de Paris, et encore plus rares sont ceux qui arrivent à le remplir. Ce soir, le 31 janvier 2026, LANDMVRKS rejoint ce club très fermé après une ascension fulgurante sur la tournée « Lost In The Waves » et un nouvel album dantesque, « The Darkest Place I've Ever Been ». Dire qu'il y a seulement trois ans, on les voyait ouvrir pour STICK TO YOUR GUNS avant KNOCKED LOOSE au Trabendo... L'époque semble encore plus lointaine lorsqu'on réalise que cette fois-ci, les rôles se sont inversés avec STICK TO YOUR GUNS qui les accompagne ! Entourés également de PALEFACE SWISS et de STATIC DRESS, les Marseillais prennent d'assaut la grande salle de la Villette, et vu l'enthousiasme des fans qu'on croise dans les couloirs, ils viennent en terre conquise !
 

C'est aux anglais de STATIC DRESS qu'incombe la lourde tâche de lancer les hostilités, devant un public certes enthousiaste mais pas encore chaud. Avec un metalcore flirtant régulièrement avec le shoegaze et l'emo, le groupe se donne à fond et le chanteur Olli Appleyard harangue la foule, tant et si bien qu'un premier circle pit se déclenche, et que le public se déride un peu. Côté lumières, on est sur quelque chose d'assez standard pour une première partie, à la différence que le groupe arbore fièrement son logo sur les écrans géants fournis par LANDMVRKS. Ne connaissant pas assez STATIC DRESS pour juger la setlist, je me surprends tout de même à apprécier des titres plus que d'autres, comme ''Human Props'', aux accents emo. Globalement, le groupe anglais a offert un set qualitatif, même s'il n'a pas remporté l'adhésion de l'intégralité du public présent. Il serait cependant intéressant de les revoir sur un set plus long !


De manière surprenante, les géants du hardcore californien STICK TO YOUR GUNS ne passent qu'en deuxième pour cette soirée au Zénith ! En une demi-heure seulement, Jesse Barnett et sa bande vont donc devoir défendre « Keep Planting Flowers », leur dernier album, mais aussi interpréter les classiques de leur discographie. Le défi est de taille, mais ils lancent les hostilités avec trois classiques : ''Diamond'', ''What Choice Did You Give Us ?'' et ''Such Pain'', ouvrant immédiatement le mosh pit qui ne se calme pas une seconde jusqu'à la fin de leur set. Tous les membres du groupe bougent à fond sur scène, profitant certainement de la durée très courte du set pour tout donner, et on se rend à nouveau compte à quel point le nouvel album du groupe est une pépite quand il interprète ''Invisible Rain'' puis ''Spineless'' (seuls extraits de « Keep Planting Flowers interprétés ce soir) ! Le set bat son plein quand STICK TO YOUR GUNS joue ''Nobody'', puis quitte la scène, laissant un sentiment de trop peu aux fans venus aussi un peu pour les voir. Qu'à cela ne tienne, on les retrouvera sûrement très vite !


On parlait d'ascension fulgurante un peu plus tôt en parlant de LANDMVRKS, mais celle de PALEFACE SWISS, qui se déroule en ce moment devant nos yeux est aussi très impressionnante ! Rappelez-vous : il y a deux ans, les Suisses ouvraient une soirée au Cabaret Sauvage avec KUBLAI KHAN, SUICIDE SILENCE et LIONHEART et les voilà aujourd'hui devant un Zénith de Paris plein à craquer ! Avec un style proche de celui du SLIPKNOT des débuts, le groupe prend d'assaut le public parisien, et interprète la totalité de son EP « The Wilted », qui vient de sortir, ainsi que cinq titres de son dernier album « Cursed ». L'heure est donc au « nouveau » PALEFACE SWISS, et les fans semblent apprécier si on en croit la taille du mosh, désormais déchaîné et régulièrement interrompu par des walls of death. Le groupe accueillera d'ailleurs Jesse Barnett de STICK TO YOUR GUNS le temps d'un ''Instrument Of War'' dantesque qui fera exploser le public ! 40 minutes plus tard, le groupe suisse quitte la scène devant un public conquis, et bien échauffé pour accueillir la tête d'affiche de cette soirée d'anthologie !


Derrière un rideau blanc, les marseillais de LANDMVRKS s'apprêtent à lancer le set headline le plus impressionnant qu'ils aient jamais joué en France, et la silhouette de Florent Salfati, guitare autour du cou, se dessine, lançant solennellement ''The Darkest Place I've Ever Been'', intro de l'album du même nom. Soudain, le morceau démarre vraiment, le rideau tombe, et on découvre une scène à la hauteur de la notoriété du groupe. Un écran gigantesque, des statues gonflables sur les bords, des bâches à l'image de la couverture de l'album sur les risers, et de l'espace pour bouger (très important avec LANDMVRKS) ... On est sur une vraie scène de tête d'affiche, et on en profite à fond dès les premières notes, de même que la fosse qui se transforme en véritable fourmilière ! Soudain, ''Creature'' commence, et on se surprend à connaître toutes les paroles, alors que les lance-flammes se déclenchent pour la première fois de la soirée. On remarque d'ailleurs au même moment que l'intégralité des gradins se sont levés, et que TOUT le public connaît les paroles sur le bout des doigts, preuve s'il en fallait de l'efficacité des hits des Marseillais. On connaît même presque par cœur le discours précédent ''Death'', nous invitant à chanter en même temps que le groupe les backing vocals de la chanson.

Soudain, une première surprise arrive au moment où LANDMVRKS jouent ''A Line In The Dust'' : Mat Welsh de WHILE SHE SLEEPS a fait le déplacement et interprète son couplet et finit le morceau avec Flo, devant une foule en délire ! Ce n'est d'ailleurs pas le seul invité de ce concert : Bertrand Poncet de CHUNK ! NO, CAPTAIN CHUNK ! rejoint le groupe sur ''Suffocate'', pendant que Marc Zelli de PALEFACE SWISS assure le breakdown de ''Say No Word'' et que Florestan Durand de NOVELISTS joue un solo flamboyant sur ''Scars'' ! Également au rayon des surprises, Kevin D'Agostino nous offre un solo de batterie ultra dansant, revisitant les classiques de la French Touch à sa sauce.


Vous l'aurez compris, tout dans ce show est millimétré mais authentique, et le show visuel l'est tout autant, offrant des tableaux variés et très réussis, comme le monstre de ''Creature'' ou les cigales revenant régulièrement. Une grande partie des visuels a été revisitée depuis leur Olympia, et on pousse des « oh » et des « ah » quand on voit certains graphismes. C'est le cas notamment de ''La Valse Du Temps'', qui passe de manière poétique d'une valse entre deux personnages à un orage violent et aussi explosif que la musique. Du grand art, sans aucune IA !
Le set approche de sa conclusion, et Florent se pose au piano pour jouer ''Paralyzed'', d'abord seul, puis accompagné de Kaspar Jalily, et enfin du groupe, mettant tout le monde d'accord que LANDMVRKS peuvent envoyer du bois mais aussi émouvoir, avant un grand final sur le désormais classique ''Self-Made Black Hole'', qui termine le set de manière absolument dantesque et mémorable. LANDMVRKS font partie des Grands désormais, et on compte sur eux pour aller encore plus loin dans les années à venir. On sera là !

Photos © Amandine Moonblaast - Portfolio

Blogger : Jed Mosley
Au sujet de l'auteur
Jed Mosley
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK