19 février 2026, 23:26

Michael Monroe

"Outerstellar"

Album : Outerstellar

Dans un monde idéal, Michael Monroe serait une immense star. De 1979 à 1985, au sein de HANOI ROCKS, groupe finlandais dont il était le chanteur (et à l’occasion saxophoniste), il a produit un rock'n'roll hard et glam aussi foutraque qu’inspiré au moment où le mouvement, largement britannique, allait être inscrit au registre des espèces disparues, avant de ressusciter de l’autre côté de l’Atlantique. 
Mieux, lui et ses copains Gyp Casino ou Nasty Suicide, aux noms aussi improbables que le sien (Matti Fagerholm à l’état-civil), ont probablement inventé le look hair metal à l’époque où les Américains n’avaient pas encore eu l’idée de piquer la trousse de maquillage et la bombe de laque de leurs copines.

Le destin s’en est aussi mêlé, et pour le pire : alors que leur dernier album en date, le chaudement recommandé « Two Steps From The Move » (1984), produit par rien moins que Bob Ezrin, semblait enfin laisser espérer un succès mondial, le batteur de l’époque des HANOI ROCKS, Razzle, était tué dans un accident de voiture, celle-ci étant conduite par Vince Neil, chanteur de MÖTLEY CRÜE. Une tragédie qui conduisit rapidement à la dissolution de la formation nordique.

Depuis, malgré quelques reformations et projets, dont les prometteurs JERUSALEM SLIM et DEMOLITION 23., avec Steve Stevens à la guitare, Michael Monroe s’est essentiellement consacré à sa carrière solo. Elle atteint aujourd’hui le cap des 11 albums studio, avec ce très sympathique « Outerstellar », l’un des meilleurs du Finlandais, et sans doute le plus varié. 
Avec l’âge (il a 63 ans), l’homme n’a en effet plus peur de prendre des risques et d’expérimenter. Si son disque, produit par Nobody (sic), regorge de titres rapides et bien rock, tels le "Rockin’ Horse" d’ouverture, ou les furieux "Shinola", aux guitares très SEX PISTOLS, et "Newtro Bombs", enjolivé d’un break reggae inattendu, il prend aussi parfois la tangente, et toujours pour le meilleur. 

Preuves, ce "When The Apocalypse Comes" qu’on aurait bien vu chanté par Tom Petty ou Bruce Springsteen, ou "Glitter & Dust", superbe titre au feeling particulièrement seventies. 
Et puis, on ne peut pas passer sous silence le morceau le plus ambitieux du disque, un "One More Sunrise" de presque 8 minutes, qui débute doucement et développe plusieurs atmosphères sans jamais ennuyer. Une chanson dont Monroe se montre particulièrement fier (vous le constaterez dans l’interview qu’il nous a donnée), et il a bien raison.

Clairement, le groupe qui entoure Monroe, au sein duquel on retrouve le bassiste Sami Yaffa (ex-HANOI ROCKS) et le guitariste Steve Conte (ex-COMPANY OF WOLVES et ex-NEW YORK DOLLS), et qui joue avec lui depuis plus d’une dizaine d’années, ne constitue pas qu’une association de talents venue courir le cacheton. Le disque (et les concerts que nous avons pu voir par le passé) témoignent d’une réelle cohésion collective et ça se sent !
Nous avons désormais hâte d’apprécier tous ces nouveaux titres sur scène... c’est le moins qu’on puisse dire.

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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