26 février 2026, 22:26

BLACK SWAN

"Paralyzed"

Album : Paralyzed

L’histoire du rock a prouvé que le concept de supergroup se révèle très souvent une mauvaise idée. L’addition de talents ne suffit pas toujours à compenser l’absence de créativité, et surtout d’alchimie au sein des musiciens.
Résultat, généralement, des albums qui brillent par leur casting mais pas par leur intérêt, l’addition des égos conduisant également à une espérance de vie plutôt courte. 
Bien entendu, des contre-exemples existent s’il l’on parle de qualité artistique, de BLIND FAITH à ASIA, en passant par BAD COMPANY ou BLACK COUNTRY COMMUNION (et encore, toutes ces entités ont elles aussi connu leur lot d’avanies). 

BLACK SWAN peut également relever de cette catégorie. On y retrouve Robin McAuley au chant (passé par GRAND PRIX, MCAULEY SCHENKER GROUP, MICHAEL SCHENKER FEST, SURVIVOR), Reb Beach à la guitare (WINGER, WHITESNAKE), Jeff Pilson à la basse (DOKKEN, DIO, FOREIGNER, REVOLUTION SAINTS, pour ne citer que ses groupes les plus connus), et enfin Matt Starr à la batterie (Ace Frehley, BURNING RAIN, MR.BIG). Une sacrée équipe certes, mais un projet plutôt marketing au début, puisque né de la demande faite par le patron du label Frontiers à Jeff Pilson de monter un nouveau collectif œuvrant dans le metal mélodique. 
Pour une fois, c’est donc la bonne pioche, d’autant que les participants à BLACK SWAN composent eux-mêmes, et ne font pas appel à des mercenaires pour écrire, voire jouer les parties à leur place. 

Le premier album du groupe, « Shake The World », sorti en 2020, était bon, mais pouvait relever du coup de chance. Sa suite, « Generation Mind » (2022), a heureusement confirmé les espoirs qu’on pouvait avoir dans le projet. Et le troisième opus, « Paralyzed » confirme que nous tenons là un sérieux cador dans le genre. Car, contrairement au titre du disque, personne ici ne connait de problèmes de mobilité ou d’acuité intellectuelle, bien au contraire. Parfaitement produite, l’œuvre livre 11 chansons calibrées pour entrer du premier coup dans le cerveau et ne plus quitter la  mémoire auditive. 

A ce titre, « When The Cold Wind Blows » constitue le titre d’ouverture idéal, rapide, carré, doté d’un superbe refrain et d’un solo de guitare étincelant, le tout ne pouvant que provoquer l’enthousiasme des fans du MSG, période McAuley. C’est d’ailleurs l’Irlandais, pourtant 73 ans au compteur, qui se montre ici impérial de bout en bout, surclassant ses compères, pourtant pas des perdreaux de l’année. L’homme nous avait épaté par sa prestance lors de son concert solo au dernier Frontiers Festival, ce n’était pas par hasard.

Reb Beach brille également de mille feux. On sent qu’il prend plaisir à s’occuper de toutes les guitares, lui qui a souvent dû laisser de l’espace à ses collègues dans WHITESNAKE ou WINGER. 
Mais surtout, au-delà des talents individuels, BLACK SWAN se distingue de ses pairs (et des autres supergroups Frontiers) par une qualité d’écriture de haut niveau. Un morceau comme « Carry On », rapide et costaud, pourrait facilement verser dans le bourrin, et c’est tout le contraire ici, pêchu et mélodique. Tout comme « Battled And Bruised », moins véloce mais non moins remarquable, ou le boogie « Different Kind Of Woman ».

En fait, ce sont quasiment toutes les chansons qu’il faudrait citer ici, aucun temps mort n’étant à déplorer. Nous terminerons quand même cette appréciation par une note un peu plus chagrine : à quand des concerts ? Car, malgré trois albums et six ans d’existence, BLACK SWAN n’est jamais monté sur scène.
Une lacune qu’il va falloir rapidement corriger, messieurs ! 

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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