On vous a parlé de GREEN CARNATION et de « A Dark Poem » il n’y a pas si longtemps ? Rien de plus normal puisque comme il s’agit d’une trilogie, il faut vous attendre à quelques chroniques bien rythmées à propos du groupe de metal progressif norvégien. En l’occurrence, c’est le deuxième volet « Sanguis » qui va être au centre de nos propos aujourd’hui. Après un accueil chaleureux et bien mérité réservé à « The Shores Of Melancolia », cette suite devrait être tout autant plébiscitée, même si l’ensemble se veut différent, plus intimiste, plus brut dans la tonalité, peut-être plus terre à terre mais tout aussi plein d’émotions.
D’ailleurs, ce n’est pas le titre éponyme "Sanguis" qui va démentir cette affirmation. Si le premier morceau de l’album se veut énergique et punchy, il n’en reste pas moins mélancolique avec l’évocation de liens douloureux entre un père et un fils en pleine incompréhension. Tout en progressivité, il commence par des riffs puissants, des growls mélangés à une voix claire et se poursuit avec plus de mélodies, l’orgue se faisant très présent pour se terminer sur des rythmes lourds et lents et des vocaux haletants, invocatoires : « Can you help me ? ». Magnifique.
Au contraire, l’acoustique et nostalgique "Loneliness Untold, Loneliness Unfold" mise tout sur l’atmosphère, avec la voix suave et posée de Kjetil Nordhus, toujours juste dans sa posture. Une guitare arpégée, des paroles profondes et ce sont quatre minutes de temps suspendu qui passent comme un murmure, un soupir, léger mais saisissant.
"Sweet To The Point Of Bitter" reprend les codes de « The Shores Of Melancolia » et en cela, nous montre qu’on est bien dans une continuité, une trilogie et non trois albums indépendants. C’est une chanson riche et mélodique, à la basse omniprésente et aux riffs fédérateurs. Cependant, plusieurs écoutes permettent d’en comprendre tous les rouages et à chacune, une dimension supplémentaire se dévoile.
L’ultra aérien "I Am In Time" et son solo qui entame les hostilités suivies par la légèreté de guitares arpégées de nouveau et de synthés éthérés, est un morceau complètement envoûtant dont on s’imprègne immédiatement. A l’instar de "Fire In Ice" et sa voix parlée, sa basse marquée, ses riffs enivrants qui montrent tous les aspects d’un GREEN CARNATION au meilleur de sa forme, heavy, progressif et surtout captivant.
Enfin, c’est la ballade "Lunar Tale" qui termine un album déjà merveilleux avec du piano, du violoncelle et une voix sensible. « The end justifies the means », c’est ce que nous retiendrons avec un final au son de flûte impalpable, juste une ouverture vers un horizon serein qui appelle un troisième volet qui s’annonce des plus majestueux.
Avec une deuxième partie de « A Dark Poem » si justement réalisée, il est clair que GREEN CARNATION continuera de fédérer un public toujours plus enjoué par son metal progressif riche, travaillé et qui nous emporte dès les premières notes. « Sanguis » ne déroge pas à la règle : c’est un album à la fois puissant et étourdissant, une vraie réussite. Vivement la suite mais en attendant, profitons du moment présent.