10 avril 2026, 12:51

Laura Cox (+ LOWLAND BROTHERS)

@ Paris (Le Trianon)

Bison Fûté avait prévu un afflux de métalleux et de tee-shirts noirs ce vendredi soir sur le boulevard de Rochechouart, à Paris. Car à l’Elysée-Montmartre se produisent les LORDS OF THE LOST et, à peine quelques mètres plus loin, au Trianon, Laura Cox. A priori, peu d’erreurs d’aiguillage et, pour ce qui concerne la guitariste et chanteuse française, un public remplissant quasiment toute la salle, balcon inclus, ce qui constitue une bonne nouvelle, le concert étant de plus filmé. 


Des spectateurs déjà bien nombreux pour la première partie, les LOWLAND BROTHERS, le nouveau projet du français Nico Duportal, éternel hérault dans nos contrées du blues et du blues rock américain. Durant 40 minutes, lui et ses musiciens, dont un deuxième guitariste également percussionniste, balancent donc… du blues rock décontracté  qui peut parler aussi bien aux amateurs de Robert Cray que des plus modernes BLACK KEYS. Avec trois moments forts lors de leur prestation : l’excellent premier titre boogie, un joli reggae au milieu du concert, puis en toute fin une démonstration heavy funk/soul, avec vocaux multiples altérés par la réverbération et poing levé. Une première partie très bien accueillie.
 

 

Laura Cox a surpris avec son quatrième album, « Trouble Coming », sorti en fin d’année dernière. La jeune femme y affirmait plus que jamais son intention de ne pas se laisser s’enfermer dans le carcan du classic rock/blues/hard/boogie, s’essayant à quelques exercices plus pop ou décalés. Le tout, en plus sans ses musiciens traditionnels, mais avec l’aide, tant à la composition qu’à l’enregistrement, des NO MONEY KIDS, un duo pop-rock. Restait à voir ce qu’allait donner la transposition sur scène…
Laura Cox choisit donc de démarrer en douceur à 21 heures avec le mid-tempo« Rise Together », un titre certes nouveau, mais bien dans la lignée de son patrimoine antérieur. L’occasion aussi peut-être de prendre ses marques – rappelons que le concert est filmé - , avec son groupe de scène de retour, du moins en partie, Adrien Kah à la basse, et Antonin Guérin à la batterie. Plus de deuxième guitariste pour épauler Laura, mais un claviériste à la place, Léo Cotten, qui a travaillé aussi bien avec Gaspard Royant qu’Elliott Murphy, idéal pour enrichir le son, d’autant qu’il  se montre particulièrement volubile. 
« If You Wanna Get Loud (Come To The Show »), un des plus vieux titres de la soirée, rassure également les fans, avant une plaisante nouveauté, « A Way Home », un titre qui illustre parfaitement cette volonté de secouer le blues-rock avec des sonorités plus modernes. 


Le groupe, qui joue devant un simple backdrop au nom de l’artiste, enchaîne directement sur « Set Me Free », premier pic de la soirée. Non que la chanson se révèle à la base particulièrement exceptionnelle. Mais là, sur scène, elle prend une carrément toute autre ampleur puisque, alors qu’on la croit terminée, Laura repart dans un long et superbe solo de guitare, prolongé d’un solo d’orgue lui aussi pas piqué des hannetons. Un titre qui aurait sans doute valu à la formation un tonnerre d’applaudissements, si elle n’avait pas choisi de continuer à dérouler, sans transition, via le vieux « Bad Luck Blues ». 
 


« On n’a pas l’habitude de faire des ballades en live mais, celle-là, on y tient ! », lance la patronne avant la jolie « Out Of The Blue », dotée d’un solo à la slide. Place ensuite à un autre titre en provenance de « Trouble Coming », un de ceux les plus éloignés de son répertoire traditionnel, « Dancing Around The Truth ». Sur disque, une chanson qui aurait pu figurer sans problème sur un disque de Blondie, mais sur les planches, une pièce transfigurée et bien plus électrique. Pari réussi ! Nous sommes par contre moins convaincus par le « Not Your Story » qui suit, morceau inédit récemment paru et issu des sessions de « Trouble Coming », plus sombre et plus lourd… 
 

 

Retour au blues mid-tempo plus traditionnel avec « So Long », avant un autre temps fort de la soirée : la reprise inattendue du « Bigmouth Strikes Again » des SMITHS ! Mais l’hymne pop rock avec guitare acoustique se transforme ici à mi-parcours en véhicule pour une inversion des rôles, Laura prenant la place du batteur, tandis que ce dernier va s’occuper du deuxième clavier de Léo Cotten.
Retour à une situation normale pour la fin du concert : l’énervé « The Broken », ici en version plus hard qu’en studio, le rapide « One Big Mess », l’efficace « No Need To try Harder » et sa slide cisaillante, et enfin le bluesy « Trouble Coming ».
Le rappel débute avec « Do I Have Your Attention » et se finit avec le patrimonial « Hard Blues Shot », féroce boogie datant de l’époque LAURA COX BAND. Laura se laisse tomber dans le public, guitare en bandoulière, portée à bout de bras par les spectateurs pour un solo pour le moins perturbé. Fin des opérations à 22h30 pour la guitariste/chanteuse et ses amis.
C’est qu’il faut vite repartir vers la prochaine destination, Meisenthal (Moselle), la tournée se poursuivant ensuite en mai au Royaume-Uni… 

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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