
Les Américains VARIALS sont de retour et avec « Where The Light Leaves » ils ne font pas dans la discrétion ! Le groupe fondé à Philadelphie en 2013 continue d’assumer ses racines hardcore tout en insufflant à son metalcore efficace des influences plurielles en poussant une rage inédite. Shane Lyons, guitariste co-fondateur du groupe, de retour après un hiatus de 2017 à 2020, nous en dit plus, en compagnie de Skyler Conder (CELL), intronisé nouveau chanteur de la formation en 2025.
Au moment où nous nous parlons, l’album est sorti, est-ce que les retours sont à la hauteur de ce que vous espériez ?
Skyler Conder : Oui, nous sommes ravis ! Les gens semblaient attendre beaucoup de cet album, les singles avaient été très bien accueillis et de pouvoir maintenant faire prendre vie aux morceaux sur scène, c’est génial !
Est-ce qu’il y a des titres pour lesquels vous vous dites justement « pourquoi je me suis tiré une balle dans le pied en créant ça ? »
Shane Lyons : Tous ! (rires) Je crois que nous cherchons sans cesse à innover et à ne rien nous interdire quand nous écrivons notre musique, alors c’est sûr que certains riffs doivent être particulièrement maîtrisés ensuite par exemple…
Skyler : Je dirais que vocalement "Your Soul Feeds" est très exigeante avec ses différents passages, même si globalement tous les morceaux que ce soit de cet album ou des précédents me sollicitent beaucoup en live. Je bois beaucoup d’eau entre les chansons (rires). Mais c’est génial, vraiment !
Skyler, en 2025 tu rejoins officiellement le groupe et ‘Where the Light Leaves’ est le premier album où tu officies derrière le micro pour VARIALS. Comment s’est passée ton intégration ?
Skyler : Super bien ! On se connaissait tous depuis des années, on gravitait dans les mêmes cercles d’amis. Tu sais ce que c’est, la scène hardcore c’est un peu toujours les mêmes personnes qui se retrouvent au gré des groupes, des affiches et des projets. L’opportunité s’est faite de travailler ensemble, ça a été comme une évidence parce qu’on s’adore. Je pense que le fait de se retrouver ensemble en studio, puis de réfléchir à la vision artistique ou au graphisme pour le merch… tous ces moments ont scellé notre complicité existante et c’est top !

Côté production, on est résolument sur un son ultra moderne, qui a travaillé sur cet aspect ? Je pense en particulier au rendu côté guitare et batterie.
Shane : C’est Josh Schroeder et moi-même. Nous avons l’habitude de travailler ensemble, Josh nous produit depuis notre premier album, il connaît nos souhaits. Pour l’album, nous voulions faire une sorte de déclaration d’intention: nous gardons nos racines hardcore mais nous allons résolument vers des choses très modernes et violentes. Au final, nous exposons et assumons LE son VARIALS.
Skyler, tu as aussi apporté beaucoup de variations au niveau de la voix à cet effet ?
Skyler : Oui, là aussi grâce à l’appui de Josh j’ai pu énormément explorer, que ce soit en jouant entre différents registres ou en nuançant les fréquences sur la voix saturée par exemple. J’en reviens à "Your Soul Feeds" par exemple, où j’ai pu faire cette sorte de voix un peu parlée dans le chant, quand sur d’autres titres j’ai joué sur des voix saturées aigues opposées à des voix très graves. C’était génial de pouvoir explorer et ça m’a forcé à beaucoup travailler sur ma voix claire. Je nous revois travailler sur "The Hurt Chamber", j’étais assis avec des idées et Josh m’a fait beaucoup retravailler la voix, nous avons fait des allers retours sur ce morceau, ça a pris du temps pour le mettre en place et être satisfaits du résultat, mais en fin de compte, nous ne l’avons plus retouché ensuite, c’est un super morceau ! De manière générale, le travail d’enregistrement de la voix a été une expérience intense, ça peut même s’entendre sur certains passages où mes cris sont presque teintés d’épuisement, je m’y suis jeté à corps perdu et je trouve cette "parfaite imperfection" très humaine.
L’ordre des pistes, les variations d’intensité ou les interludes me laissent à penser que cet album doit s’écouter d’une traite, comme la bande son d’une histoire en plusieurs chapitres, est-ce ainsi que vous l’avez conçu ?
Shane : Dis toi qu’une grande partie des morceaux a été revue lorsque nous avons été enfermés dans le studio avec Skyler. Nous les avions composés sans une idée précise de la voix qui allait venir s’y poser, mais ensuite certaines idées ne faisaient plus sens, d’autres sont arrivées sur le moment… au final c’est probablement l’album qui sonne le plus comme ce que VARIALS aurait toujours dû produire !
Skyler : Concernant la vision d’ensemble, je dirais que ce n’est pas forcément quelque chose qui a été décidé dès le départ, nous avons écrit les morceaux les uns après les autres, puis ensuite nous avons réfléchi à une cohérence globale quand nous avons défini la tracklist. Nous avons fait une session d’écoute de l’intégralité, tous ensemble et nous avons été ravis du résultat, assis en groupe dans la même pièce. Quant au titre, il s’est imposé comme une évidence tout à coup, nous étions tous surexcités ! D’ailleurs "Where The Light Leaves" est le dernier titre que nous avons écrit pour l’album, un peu en mode “one shot” tellement il s’est imposé à nous.

Côté thématiques, on touche à des notions de deuil, de toxicité ou de résilience… Vous souhaitez passer des messages en particulier ?
Shane : Je trouve cool que chacun se fasse sa propre interprétation des choses, même s’il est clair que cet album regorge d’énergie très forte, notamment du côté de la colère ou de la violence.
Skyler : J’ai mis dans cet album beaucoup de mon expérience personnelle. Peu avant d’enregistrer, j’ai malheureusement perdu mon grand frère dans un accident, alors tu peux entendre mes émotions ressortir dans mon chant.
Désolée pour ce moment difficile, ça a dû être dur de chanter dans ces circonstances…
Skyler : Disons que sur "Concious Collapse" ou "Your Soul Feeds", tu peux entendre toute ma colère s’exprimer.
Ce n’est pas trop dur d’interpréter ces morceaux en live ensuite ? Est-ce que c’est aussi quelque chose qui a été réfléchi pendant le processus créatif, je pense notamment à "Silent Demise" ?
Skyler : Oh tu sais, maintenant que l’enregistrement a été fait, j’ai pris du recul par rapport aux morceaux, je n’ai aucun problème à les faire vivre sur scène. Au contraire, je peux maintenant partager mes émotions avec le public qui vient ressentir les siennes.
Effectivement, nous pensons nos morceaux pour la dimension qu’ils vont aussi prendre en live.
VARIALS est réputé comme un groupe à l’énergie débordante sur scène, comment faites-vous pour entretenir ça ?
Skyler : Et bien je peux te dire que c’est énormément de travail en amont pour se préparer. Plus nous maîtrisons nos morceaux, plus nous pouvons nous attacher à bouger sur scène, happer le public et l’entraîner dans la bagarre avec nous. Nous voulons faire honneur à nos racines hardcore en mettant le feu au pit !
Vous avez travaillé avec le collectif MIDVESSEL pour les clips de "Where The Light Leaves" ou "The Hurt Chamber", comment ça s’est passé ?
Shane : Nous travaillons beaucoup à la confiance, donc même si nous donnons les grandes lignes directrices en termes d’idées, ce sont eux les pros !
Skyler : Pour "Where The Light Leaves", comme je te disais, l'écriture a été un peu d’une traite et le clip reflète ça aussi, comme si on jouait le morceau tous ensemble une fois et que la vidéo montrait ça, façon "en direct". Pour "The Hurt Chamber", là tu as un scénario, c’est plus construit comme un récit, avec une entité, une ambiance. Même si MIDVESSEL se sont inspirés de la musique et du texte, nous leur avons laissé les coudées franches artistiquement et nous sommes ravis du résultat !
Maintenant, il ne nous reste plus qu’à vous voir jouer tous ces morceaux sur scène, quand cela sera-t-il possible ?
Skyler: Eh bien sur avril nous tournons en Australie avec SPITE et DIESECT, mais à l’automne, nous aurons des dates en Europe, venez nous voir !!
VARIALS sera en concert à Paris, l'Elysée Montmartre le 6 octobre 2026 avec THE AMITY AFFLICTION, SILENT PLANET et ORTHODOX

