La soirée du 17 février 2026 est une date que l’on attendait depuis longtemps ! Après un Olympia archi complet l’année dernière puis plusieurs passages entre le Hellfest, une première partie de SLIPKNOT à Lyon et deux concerts à Lille et Nancy, MOTIONLESS IN WHITE est de retour dans la capitale, presque un an plus tard. Et pas avec n’importe quel line-up : le groupe était accompagné de DAYSEEKER et MAKE THEM SUFFER, cette fois-ci au Zénith de Paris. Si le concert n’est pas complet, notamment en raison d’autres dates sur la tournée à Lyon et Toulouse, on s’attend malgré tout à du lourd… voire du très lourd
C’est le groupe australien MAKE THEM SUFFER qui ouvre la soirée. Un an après un passage remarqué à La Maroquinerie, c’est l’occasion de se produire dans une salle d’un tout autre calibre.
Clairement, cette formation est impressionnante aussi bien sur son dernier album éponyme sorti en 2024, que sur scène. Elle fait indéniablement partie de ces groupes qui méritent davantage de reconnaissance. Avec une production sobre (certainement imposée, comme c’est souvent le cas pour les premières parties), le groupe parvient à convaincre grâce à une performance d’une grande justesse. Le public est réceptif et les premiers mouvements apparaissent dans la fosse malgré une salle encore partiellement vide. Le set est court mais particulièrement efficace et donne clairement envie de revoir MAKE THEM SUFFER très bientôt en Europe.
Changement d’ambiance avec un groupe très attendu ce soir : DAYSEEKER. Porté par le succès de l’album « Creature In The Black Night », il suscitait beaucoup d’espoir !
Pour ma part, après avoir été marqué par ses deux derniers albums, c’est la première fois que je le vois en live. Mais dès l’entrée en scène avec "Pale Moonlight", un élément saute aux yeux : une direction artistique très sombre. Les jeux de lumières sont principalement orientés vers le public, laissant les musiciens dans une semi-obscurité constante. Si ce choix est probablement volontaire (à l’image de ce que propose BAD OMENS), il complique néanmoins la visibilité depuis le fond de la fosse. Et cela reste le cas tout au long du set. Malgré cela, la performance est impeccable. Le groupe semble sincèrement heureux d’être présent et Rory Rodriguez prend le temps de rappeler que ses débuts en Europe se sont faits devant une audience très réduite. Aujourd’hui, une salle comme le Zénith de Paris représente donc, aux yeux du trio, une vraie progression. Depuis, le groupe a annoncé une tournée européenne avec un passage à l’Élysée Montmartre le 8 décembre prochain. L’occasion parfaite de le revoir dans un cadre plus intimiste et avec une production différente. Même avec un public plus calme que lors du set de MAKE THEM SUFFER, on retient une belle prestation de DAYSEEKER.
C’est l’heure d’accueillir MOTIONLESS IN WHITE ! Un an après l’Olympia archi complet, on remarque que la production n’a pas énormément évolué. Toujours ces trois écrans en fond de scène pour une configuration qui, finalement, ne semble pas beaucoup plus grande. Si vous traînez sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, vous êtes forcément tombés sur l’intro du groupe reprenant le mème « OIIA OIIA (Spinning Cat) » devenue virale ces dernières semaines. Une idée inattendue mais qui fonctionne parfaitement pour capter l’attention du public avant de plonger dans l’univers post-apocalyptique de l’ère « Scoring The End Of The World ». Même ouverture que lors de l’Olympia avec l’excellent "Meltdown" et un Chris Motionless qui arbore un look rappelant l’époque « Infamous ». Le groupe enchaîne avec le très efficace "Sign Of Life" avant une première vraie surprise : "A-M-E-R-I-C-A" qui fait clairement plaisir aux fans de la première heure. Retour sur des classiques avec "Thoughts & Prayers" et "Voices" avant d’enchaîner avec le tout nouveau single "Afraid Of The Dark". Mais juste avant de lancer le titre, Chris prend le temps de remercier tous les fans, qu’ils soient là depuis le début ou qu’ils viennent seulement de découvrir le groupe, et leur dédie le morceau. Le public est déchaîné ! Au point que même moi qui raconte habituellement mes concerts de manière assez neutre, je peux témoigner de ces mouvements de foule par un coup pris dans le dos qui m’a fait terminer le concert en fond de fosse. C’est aussi ce qui fait le charme des concerts de metal (ou les risques du métier)... Bref, "Afraid Of The Dark" est aussi excellent en live qu’en version studio et donne vraiment envie de voir ce que le groupe nous concocte dans le tout nouvel album qui doit sortir cette année. Le temps de reculer pour reprendre mes esprits, le groupe enchaîne avec "Werewolf" suivi d’une autre surprise : "Hollow Points", issu de la version deluxe de « Scoring The End Of The World ». Même "Necessary Evil" est un beau cadeau pour les fans présents ce soir. Cette rotation de setlist est d’ailleurs essentielle, surtout quand on sait que l’album date de 2022 et que le groupe est venu plusieurs fois en France depuis. Concrètement, le vrai « point faible » ce soir n’est pas la setlist mais plutôt la mise en scène qui reste très proche de celle de l’Olympia, malgré quelques ajouts (flammes, lights, etc.). Mais ça ne gâche en rien le plaisir du public. D’un autre côté, il est vrai que l’on ne se lasse pas non plus d’entendre des titres cultes comme "Slaughterhouse", "Rats" ou encore "Disguise" (ce dernier n’ayant pas été interprété lors du concert à l’Olympia). On peut le dire à ce niveau du concert : l’ambiance a été excellente du début à la fin avec un public toujours aussi réceptif, notamment sur des titres comme l’incontournable collaboration avec ILLENIUM "Nothing Ever After". Après "Scoring The End Of The World", nous avons droit à une autre très belle surprise avec "City Lights" issu de l’album culte « Creatures ». Si la salle a gardé une intensité remarquable tout au long du concert, que dire de l’enchaînement final des trois derniers titres "Cyberhex", "Another Life" et "Eternally Yours" qui ont littéralement transcendé le public.
Cette date de MOTIONLESS IN WHITE reste, à ce jour, la plus grande du groupe en headline en France, d’autant plus qu’il était également de passage à Lyon et Toulouse sur cette tournée. On garde donc un excellent souvenir de ce show qui marque sans aucun doute la fin de l’ère « Scoring The End Of The World ». On a déjà hâte de voir ce que le groupe nous réserve pour la suite !
