Ce soir on met son jeans le plus usé, ses grolles les plus râpées par du vieux diesel, ainsi que sa casquette années 30 posée de traviole, car nous allons écouter le dernier album de SOCIAL DISTORTION, « Born to Kill ». Cela faisait quinze piges que l’on attendait le rejeton...
Les amplis crachent leur délicieux larsen, ça cogne sec et la basse vrombit, "Born To Kill" nous lance sur la route 66 sous un soleil aux rayons de plomb. Le rythme est comme il y a 40 ans et la voix de Mike Ness n’a pas été corrompue par le temps (Ness l’incorruptible, forcément), bien au contraire sa texture âpre brille de ce côté vintage rock qui définit tant les Californiens. "No Way Out" roule tout schuss, une nouvelle fois avec une vigueur plus prononcée que sur l’album précédent. Vous voulez mon premier ressenti ? Les riffs fleurent bon le blouson en cuir porté avec ténacité, les manches des guitares sont huileuses à souhait et des soli se dégage une réelle âme punk'n'roll. D’âme il est justement question sur "The Way Things Were", un tube qui roule telle une pierre folle avec son chant gorgé de nostalgie. Vraiment classe avec ces trémolos semi acoustiques.
"Tonight", qui n’est pas sans rappeler "Story Of My Life", nous révèle que la voix de Mike s’est trouvée une seconde jeunesse après sa victoire contre la maladie, et c’est un plaisir de le savoir revenu dans la course du grand cirque rock'n'roll. Notre homme se lâche bien dans les cordes (vocales et électriques) sur "Partners In Crime". Beaucoup d’introspection dans les textes, "Crazy Dreamer", avec Lucinda Williams en featuring, nous cueille avec un mood de saloon poussiéreux, perdu au fin fond du middle west, loin de la fuite du temps. Comme un jam où monterait sur scène avec SOCIAL DISTORTION Bruce Springsteen et Joe Strummer.
Séquence émotion. "Wicked Game" de Chris Izaak, est la reprise surprise. Une version hot rod, gardant la sincérité originelle tout en lui apportant une voix suppliante de vieux rockeur au coeur tendre, de la guimauve pleine de trémolos. Larmes de circonstances. Mike Ness est un dieu du rock. "Walk Away (Don’t Look Back)" a tout du tube punk-rock bien balancé, une rythmique entraînante, un duo de guitares, une omniprésente, l’autre échevelée et enlevée, le tout pour appuyer là voix de la rockstar.
Roulements de batterie et ronronnement de basse, SOCIAL DISTORTION en a encore sous le capot, pour preuve ce "Never Goin' Back Again" hyper mélodieux, une attitude "on the road (again)" nimbée de miel. "Don't Keep Me Hanging On" le prolonge fraternellement, avec un retour à l’atmosphère électrique nostalgique et rétro qui sied à merveille à la bande de Mike. Influence Springsteen quand tu nous tiens dans tes bras. Dernier vrombissement du moteur avec "Over You", on déchaîne le carburateur, les riffs emballés avec piano à l’appui sont des roues king size, on file droit vers le soleil couchant avec force et fracas.
Soyons aussi simples que cet album de punk-rock est authentique, disons un grand merci SOCIAL DISTORTION !