PRO-PAIN est pour moi tel BIOHAZARD, une musique doudou aux couleurs du NYHC. Plus de 30 ans d’aventures de votre serviteur ont été rythmés par ce son rugueux et cette voix authentique. Des amours, des peines, des naissances, des luttes et des victoires. Alors oui, j’avais hâte de parler avec vous du nouvel album. Faut dire que 11 ans séparent « Stone Cold Anger » de son prédécesseur.
Voici en guise de premier pavé dans la tronche "Oceans Of Blood", qui voit le retour du guitariste Eric Klinger, également à la production. La guitare fine telle une comète alors que l’on se prend dans la tête un joli tabassage rythmique. Gary Meskill nous harangue comme au premier jour sur le trépidant "Stone Cold Anger". "March Of The Giants" ? C’est la force brute, un coup de poing coup de cœur. Le groove PRO-PAIN, des barils de rage enflammés, un retour de guitare qui va t’obséder jusqu’au bout de la nuit new-yorkaise. Un tube nineties bâti pour les corps chauds dans le pit !
Un groupe hardcore n’étant jamais là pour écrire des chansons d’amour mièvres, c’est avec un plaisir sauvage et coupable que l’on saute à pieds joints dans ce "Uncle Sam Wants You!", contestataire jusqu’au bout de ses riffs aiguisés et de ses « ho ho hooo » à l’arrière-goût de punk Oï. "Demonic Intervention" offre quant à lui un thrash-punk bien gras, où les guitaristes lorgnent assez du côté de chez Kerry King. Bien percutant ce groove où la rythmique ramène la saveur bénie de l’époque « Foul Taste Of Freedom ». Comme un écho attendu "Rinse & Repeat" lui répond, avec un Gary qui mâche des charbons ardents entre ses dents pour passer sa rage. En ces temps où les énergies fossiles sont prises en otage le PRO-PAIN n’économise pas son feu et bondit à pieds joints dans la bourse de l’économie... musicale.
Comme si ce qui a précédé était trop mou (en rêve ouais), voici "Hell Or High Water", un brûlot impressionnant avec sa démonstration de force rugissante. PRO-PAIN sait nous rappeler par cet extrait à quel point on se régale avec ses déferlantes rythmiques, ces dernières toujours appuyées par des riffs qui dépoussièreraient un vieux manoir écossais oublié du temps. Baffe supplémentaire avec "Scorched Earth", où l’on frappe le metal tant qu’il est brûlant. Après toutes ces années d’attente les New-Yorkais avaient visiblement un sacré besoin de relâcher la pression, et ce sont nos oreilles qui en sont les dommages co-amicaux face à ce "Jonestown Punch" rugueux et furieux. De la colère pure mise en musique.
Arrive "Sky’s The Limit". C’est déjà la fin de la messe hardcore. Un hit définitif, qui respire l’urban discipline, où quand les guitares sont offensive et quand le chant lèche le bitume. Cette basse qui feule, ces riffs fédérateurs. PRO-PAIN vient de nous rappeler qu’ils sont toujours des prophètes absolus du genre. Pitié, n’attendez plus une décennie avant la prochaine leçon de maestria !