20 mai 2026, 19:40

ST. NEGUS

"Mumathil"

Album : Mumathil

Comment s’assurer de marquer les esprits dès le premier EP ? En adoptant une démarche artistique où identité et influences musicales ne font plus qu’un. St. Negus a été profondément marqué par le rock, mais aussi par un vécu aussi singulier qu’universel. « Mumathil » sort le 22 mai pour le plus grand bonheur des oreilles amatrices d’un rock aussi abrasif qu’enflammé.

St. Negus sort son premier EP mais n’en est pas, pour autant, à ses débuts : après avoir joué dans le groupe de rock nantais DUST LOVERS, dans l’orchestre symphonique de Moscou et dans des clubs de New York où il a donné des concerts en solo, Nagui Mehany choisit un pseudonyme désignant à la fois les empereurs éthiopiens et les saints chrétiens. De quoi créer un personnage fascinant, un avatar de scène quasi mystique dont l’aspect intemporel est renforcé par les photos qui accompagnent les débuts du projet : les yeux blancs semblent tournés vers l’âme du chanteur afin d’y puiser l’inspiration.

Tout, dans ces six titres, a de quoi attiser l’intérêt : les inspirations soul audibles dès les premières mesures de "Shanghai", les distorsions d’un stoner-rock perceptibles sur "Gems" ou encore l’oud et les quarts de ton de "شهاب - Shihab". Ainsi énuméré sur papier, l’ensemble peut sembler décousu mais St. Negus mêle les influences et les sonorités avec élégance et brio. Chantées en anglais et en arabe égyptien, les paroles évoquent tour à tour les faux-semblants qui mènent inévitablement à la destruction sur "ممثل - Mumathil", le racisme dont le chanteur égyptien-soudanais a été victime dans le très beau "Gold Veins". Après les cinq premiers titres, l’EP livre une démo de "Harib Daye" aux sonorités moins produites et à la démarche plus embryonnaire mais déjà juste.

Justes aussi sont les paroles : celles qui décrivent le poids du racisme systémique tout comme celles qui décrivent une relation amoureuse dont la force devient destructrice. L’ensemble est porté par une voix solide, des mélodies envoûtantes et une production soignée. De quoi placer la carrière de St. Negus sous les meilleurs auspices.

Blogger : Ivane Payen
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