8 mai 2026, 23:59

HAERESIS METAL FEST (Cool Down)

@ Sains-en-Gohelle (Eglise Sainte-Marguerite)

Pour sa quatrième édition, le Haeresis Metal Fest s’offrait un programme sur deux jours, pour la première fois de son histoire. Trois groupes – deux formations locales et une belge – étaient à l’affiche le vendredi pour une soirée baptisée "Cool Down". C’était, avant le début des concerts, l’occasion idéale de découvrir l’église désacralisée Saint-Marguerite de Sains-en-Gohelle, cadre idéal pour les musiques extrêmes. Édifiée en 1912 puis détruite durant la première guerre mondiale, elle a été reconstruite entre 1924 et 1926. Elle est devenue une salle des fêtes en 1990. Son intérieur en briques laisse apparaître la charpente en bois. Cette structure, couplée aux baies en vitraux Art-déco du chœur, dans des teintes bleutées, et au chemin de croix en mosaïques, crée une ambiance étrange, propice aux rêveries musicales...


© Christophe Grès


AS I SLITHER, de Denain, a pour mission de lancer le festival. Les quatre comparses, pour certains bien connus de la scène metal des Hauts-de-France, propose un metal ancré dans les 90’s. Il nous offre d’ailleurs un retour en 1996 quand « est sorti un des meilleurs morceaux de groove metal » avant de lancer "Roots, Bloody, Roots" (SEPULTURA, au cas où quelques novices liraient ces lignes). Le groupe propose peu après une reprise de "Five Minutes Alone" (PANTERA, au cas où...). Malgré une basse bien présente, des soli judicieux et des vocaux puissants, les propres compositions des Nordistes manquent d’un petit quelque chose pour séduire totalement. Les fans du groupe, présents en nombre, répondent toutefois avec une réelle énergie, notamment sur un "As I Slither" de bonne facture. Le set s’achève sur un "Chef un p’tit verre on a soif " craché par la sono... qui nous précipite vers le bar.


Avec MÜRRMÜRR, le sublime s’invite dans l’église quand les vitraux, traversés par le soleil couchant, s’illuminent comme un écho à un post-black qui oscille entre agression et mélodie, colère et tristesse. Encagoulés, les musiciens escortent un chanteur possédé qui vibre comme si chaque note jouée brûlait dans son corps, brillait dans son cœur. Les lumières passent d’un bleu stroboscopé à un orange inquiétant, celui de la flamme qui vient allumer le bûcher de l’impie. Une dimension théâtrale se glisse dans ces morceaux aboutis ("Yehohanan") qui prennent mille visages, d’un passage en spoken-word à un solo mélancolique, de chœurs incantatoires à des riffs aériens. Lourdeur abyssale et légèreté angélique se croisent dans un tumulte magnifique, souvent douloureux ("Bartimé"). Le splendide "Katharos", titre éponyme du second EP de la formation, illustre ces détours, cette envie de sinuer, de se perdre dans chaque recoin de l’âme humaine, d’en explorer les tréfonds, comme pour en extraire les racines du mal. MÛRRMÜRR a offert 45 minutes aussi belles qu’intenses, aussi éprouvantes que majestueuses.


FADING BLISS, composé de sept musiciens d’âge varié, est quelque peu à l’étroit sur la scène... mais peu importe, le groupe assène son doom metal aux relents death ("Mountain") et gothique avec talent. D’entrée "Ocean", pièce automnale à écouter dans les brumes d’un cimetière abandonné, illustre à merveille le romantisme noir des Belges. De longues plages instrumentales, bien évidemment lentes et pesantes quoique éclaircies par les interventions judicieuses d’un clavier atmosphérique, s’étendent entre les interventions des deux vocalistes, un chanteur guttural, une chanteuse éthérée. Servie, comme ses prédécesseurs, par un son de qualité, la formation tisse ses ambiances crépusculaires de main de maître, sans jamais oublier de prendre son temps : six morceaux sont exécutés en une heure. Les guitares évoquent les débuts de PARADISE LOST et le leader, à l’instar de Nick Holmes, se fait taquin : « On sait que vous êtes là pour PESTILENCE demain, on va donc vous faire un petit titre de death, pas trop rapide mais du death quand même »... et de lancer "The Fourth Dimension" (HYPOCRISY).

Ce "Cool Down" a été une mise en bouche savoureuse avant le repas gastronomique du lendeùain, riche de six plats : UNTIL DEAD, FRAKASM, SANGDRAGON, CARCARIASS, HOULE et PESTILENCE.

Jour 2
 

Blogger : Christophe Grès
Au sujet de l'auteur
Christophe Grès
Christophe a plongé dans l’univers du hard rock et du metal à la fin de l’adolescence, au tout début des années 90, avec Guns N’ Roses, Iron Maiden – des heures passées à écouter "Live after Death", les yeux plongés dans la mythique illustration du disque ! – et Motörhead. Très vite, cette musique devient une passion de plus en plus envahissante… Une multitude de nouveaux groupes a envahi sa vie, d’Obituary à Dark Throne en passant par Loudblast, Immortal, Paradise Lost... Les Grands Anciens – Black Sabbath, Led Zep, Deep Purple… – sont devenus ses références, comme de sages grands-pères, quand de jeunes furieux sont devenus les rejetons turbulents de la famille. Adorant écrire, il a créé et mené le fanzine A Rebours durant quelques années. Collectionneur dans l’âme, il accumule les set-lists, les vinyles, les CDs, les flyers… au grand désarroi de sa compagne, rétive à l’art métallique.
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