17 mai 2026, 23:59

SAXON (+ SORTILEGE + OVERDRIVERS)

@ Paris (Zénith)


Début septembre 2025, mauvaise nouvelle : la tournée française de SAXON, qui devait commencer quelques jours plus tard, est annulée.
Le chanteur Biff Byford se remet encore d’une opération subie durant l’été : adieu la fête prévue dans plusieurs villes françaises, avec SORTILEGE en première partie.
Dommage, d’autant que le groupe surfe sur un buzz très favorable depuis son concert dantesque au Hellfest 2024, un événement immortalisé sur le live « Eagles Over Hellfest »
.
Huit mois plus tard, SAXON est de retour, bien décidé à se faire pardonner. Et tous les feux sont au vert. Biff, rencontré quelques jours avant le show à Paris pour une interview, pète la forme, son acolyte Brian Tatler itou : ça promet !
Le Zénith de Paris affiche donc quasiment complet pour la grande soirée de ce dimanche 17 mai. Grande aussi par la longueur, car les organisateurs ont ajouté quelques poètes pour la circonstance : des OVERDRIVERS qui montent sur scène dès 19 heures pour chauffer la salle. Cinq morceaux en 25 minutes, quasiment sans temps mort, de "Bad Breath Girl" à "Rockin’ Hell", en passant par "Overdrivers", "We Are One" et le délicat "Show Your Boobies".
Faute de place, la batterie est disposée tout à droite de la scène, mais la formation a quand même droit à un backdrop à son effigie, et balance sa purée avec ardeur et conviction. Une bonne entrée en matière. 


SORTILEGE en 2026… ou le miracle permanent. Le groupe français a réussi son come-back au-delà de toute espérance, alignant non seulement des albums qui tiennent le choc par rapport à leurs prédécesseurs des années 80, mais aussi des concerts de haute intensité. Comme ce soir à Paris, où les musiciens débarquent sur les planches sur fond d’intro menaçante et force fumigènes. 
"D’Ailleurs" et "Progéniture" pour lancer la machine, et SORTILEGE fonce sur ses rails, aplatissant le public sous ses coups de boutoir, la voix de Zouille dominant les débats comme à la grande époque. Le groupe alterne entre classiques et nouveautés, "Medusa" et "Le Poids De L’Ame", s’insérant sans problèmes dans la set-list, qui comprend également des extraits de « Apocalypso » (2023). Bref, voilà un combo qui ne mise pas tout sur son passé, et ça fait plaisir à entendre. 
"Amazone" est dédié à son guitariste Bruno Ramos (ex-MANIGANCE), hélas décédé l’an dernier, et SORTILEGE finit bien entendu avec la chanson qui porte son nom, scandé par le public, après trois quarts d’heure fort énergiques. 


SAXON au Zénith de Paris. C’est loin de constituer une première, puisque c’est quand même la 5e fois que les Britanniques pilonnent dans la salle. Mais ils n’y ont pas joué en vedette depuis... 1986, la tournée « Rock The Nations » et LOUDNESS en première partie. De bons souvenirs, certes, mais datant d’une paille ! 
Il faut donc marquer l’événement comme il se doit. L’aigle lumineux suspendu au-dessus de la scène ressort des cartons, deux statues de lions veillent sur les côtés, Biff a endossé sa plus belle redingote et les Britanniques, à la chevelure toujours aussi foisonnante malgré l’âge (à l’exception du batteur Nigel Glockler, prudemment équipé d’un bandana), débarquent à 21h dans un tonnerre sonore et visuel (des flammes sur écran) pour le bien évocateur "Hell, Fire And Damnation".  
A 75 ans, Biff conserve sa prestance. Il n’a sans doute jamais été un immense chanteur mais, à l’inverse de collègues plus talentueux de sa génération, mais il n’a pas non plus beaucoup perdu de ses capacités vocales, ni son talent de frontman. Ses deux guitaristes, Doug Scarratt et le "petit nouveau" Brian Tatler (DIAMOND HEAD), se partagent équitablement la tâche, chacun alternant parties rythmiques et solos. Glockler frappe comme une mule, et le plus déchaîné est sans doute le bassiste, Nibbs Carter, qui se met torse nu à mi-concert (alors que Biff s’obstine avec sa redingote).


© Benjamin Delacoux | HARD FORCE


Le premier tiers du concert s’apparente quasiment à un best of car, hormis la nouveauté "Madame Guillotine", déboule des enceintes une incroyable liste de classiques. "Power And The Glory", "And The Bands Played On" (les albums studio de SAXON défilent sur l’écran, du premier ou dernier, ou presque, pour étrangement s’arrêter à « Thunderbolt », et inclure un seul live, « The Eagle Has Landed 40 », comprenne qui pourra), "Dallas 1 PM", "Heavy Metal Thunder" et "The Eagle Has Landed" ! 
Les fans, déjà en extase, pensent défaillir lors de la séquence qui suit : rien de moins que l’intégralité du culte « Wheels Of Steel », dans son intégralité et dans l’ordre !
Un moment historique annoncé avec humour par Biff : « Juin 1980. Les portables, non. Facebook, non. Tik Tok, non. Les CD, non. Les vinyles, les cassettes, les magazines, les radios, oui ! »
Et en avant pour une quarantaine de minutes de pur bonheur, l’occasion bien sûr de réentendre tous ces tubes moult fois joués mais toujours aussi percutants ("Motorcycle Man", "747 (Strangers In The Night)", "Wheels Of Steel") et un paquet de chansons pas appréciées depuis des lustres, voire sans doute jamais, comme "Freeway Mad",  les mélodiques "See The Light Shining" et "Suzie Hold On", ou le quasi punk "Machine Gun", qui s’achève avec une vision de champignon atomique à l’écran.


Durant ce voyage dans le temps, des fans ont balancé leurs vestes lourdement patchées sur scène.
Biff commence à les entasser, puis en endosse une, imité par ses compères. Vision insolite de ces bons sexa et même septuagénaires, sur scène ainsi accoutrés, pour un rappel qui débute par un bon "Denim And Leather" de circonstance.
Les derniers classiques toquent à la porte : "Strong Arm Of The Law", "Crusader" durant lequel Biff profite du passage instrumental pour signer les vestes à patchs expédiées depuis la foule (un roadie est chargé de les rendre à leurs propriétaires après la fête), et "Princess Of The Night" pour terminer, rien que ça, au bout d’une heure quarante-cinq.
Et une bonne nouvelle en sus, le chanteur nous annonçant qu’un nouvel album est déjà prêt : sortie en janvier prochain !

Photos © Benjamin Delacoux - Portfolio (en cours)

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