29 mai 2026, 15:30

FROZEN SOUL

Interview Chad Green


Depuis 2018, une mélopée s'élève des terres glaciales du Texas, aux Etats-Unis : FROZEN SOUL, une entité qui ramène le death metal à ses racines, celles fondées par DEATH, avec un son aussi glacial qu'addictif, rappelant les débuts du style. Huit ans après sa création, le quintet nous propose un troisième album plus old school que jamais, composé d'une dizaine d'hymnes à vous glacer le sang. Nous avons pu discuter de « No Place Of Warmth » avec le chanteur Chad Green, qui nous livre tous les secrets de ce disque qui fait froid dans le dos !
 

Vous sortez « No Place For Warmth » le 8 mai, et cet album pousse tout ce que vous avez toujours fait au maximum. Comment vous êtes-vous préparés pour ce troisième âge de glace ?
Chad Green : Eh bien, on ne s'y est pas vraiment préparés, pour être honnête. On a tellement tourné qu'on n'a pas vraiment eu le temps d'écrire quoi que ce soit, donc on est allés enregistrer cet album en n'ayant presque rien de prêt ! On a en gros créé l'album entier en studio. On était occupés à faire ça et à trop réfléchir à toutes les choses, donc on n'a pas vraiment eu la chance de nous préparer à ce qui vient après. Mais ça a été une plutôt bonne surprise de le voir marcher plutôt bien, et de voir les gens apprécier les chansons qu'on a sorties ! Donc pas vraiment de préparation pour cet âge de glace, mais on est très contents de comment cet album a tourné. On est sortis assez fiers de ce qu'on a fait quand on était en studio !

Qu'avez-vous pensé de cette nouvelle manière de faire, à écrire en studio ?
Eh bien, honnêtement, c'était sacrément cool ! C'était génial. Quand on a fini « Crypt Of Ice » et « Glacial Domination », on était contents de ce qu'on avait fait, mais il y avait beaucoup d'inconnues. Tu sais, ce genre de choses que tu ne sais pas si personne ne te le montre, ou si tu ne le vois pas par toi-même... On avait notre ami Daniel (Schmuck, ndlr) qui produisait l'album, et c'était tout ce qu'on savait. Avec cet album, comme rien n'était écrit... Enfin, on avait 5 ou 6 choses qu'on aimait vraiment, mais c'était peut-être 30 secondes ou 2 minutes d'une chanson environ. Ce n'était pas comme quand on avait 9 chansons prêtes pour faire « Glacial Domination ». Et le fait d'aller en studio sans avoir eu autant de temps pour nous préparer nous a poussés plus que l’on aurait pu l’imaginer ! Ça a comme allumé un feu en dessous de nous. On s'est dit « OK, on est à 2000 kilomètres de chez nous, il faut qu'on le fasse et qu'on reparte avec un album. On n'a pas le choix, car on n'a pas le temps de revenir le faire. ». Il fallait qu'on ouvre une porte dont on ignorait l'existence, quelque part. Et pour l'avenir, je me sens vraiment confiant pour notre quatrième album ! Quand on a sorti « Crypt Of Ice », je ne pensais pas faire un autre album. Je me disais « Dieu merci on l'a fini ! », puis on est arrivés à faire « Glacial Domination », et on s'est dit aussi « Dieu merci on l'a fini ! ». On ne savait pas comment on allait le faire une troisième fois, mais on y est allés, et on avait Josh (Schroeder, ndlr) qui nous guidait avec son expérience. Il a travaillé avec beaucoup de groupes connus, qui écrivent de manière professionnelle depuis des années... On l'avait derrière nous à nous pousser, et nous calmer quand il fallait, et il nous a guidés sur des trucs, ça nous a beaucoup aidés ! Ça a donné cet album, qu'on estime être notre meilleur à ce jour, donc on en est très contents ! Je suis vraiment content de comment on l'a fait, et je pense qu'on est plus prêts que jamais pour aller en studio faire un quatrième album, qui sera probablement encore meilleur que celui-ci !

C'est l'incapacité à procrastiner, et la nécessité de tester de nouvelles méthodes, qui vous a aidés ?
Oh oui, on a toujours eu du mal avec ça. Mais notre mode de vie de tournées professionnelles est aussi difficile. Parfois, on est partis pour 7 semaines, puis on rentre seulement pour 3 semaines, comme pour notre dernière tournée européenne. Là on s'apprête à repartir dans une semaine, et aucun d'entre nous n'est prêt, mais l'idée de revenir chez nous 3 semaines et d'écrire de la musique quand on veut passer du temps avec nos familles... C'est impossible ! C'était donc vraiment bien d'avoir cette expérience avec Josh.

Quand vous aviez sorti « Crypt Of Ice » en 2020, vous ne saviez pas à quoi vous attendre, mais maintenant vous savez que les fans de death metal aiment votre style et votre musique. Est-ce que ça vous met la pression quand vous créez un nouvel album ?
Oui, carrément ! Je dirais que la pression était un peu plus lourde plus tôt dans notre carrière. Le premier album était un moment crucial pour nous à un moment, on se demandait « Mince, est-ce que les gens en auront quelque chose à faire ? ». C'est un moment assez définitif de sortir un album, et on n'a qu'un seul premier album dans une carrière ! Mais les gens l'ont aimé, et on a gardé cette mentalité d'être fidèles à qui nous sommes, et à pourquoi on l'a fait en premier lieu. Je pense que tant qu'on fait ça, les gens aimeront la musique si on l'aime nous-mêmes. On a fait ça sur « Glacial Domination », et on a pris des risques, essayé des choses, et ça s'est bien passé. Et pour « No Place Of Warmth », on s'est juste dit « On continue comme ça, mais on essaie de rendre ça encore plus heavy ». Et pour le moment, ça marche !

Les thèmes de cet album sont froids et sombres, encore une fois. Dès le début vous invoquez la guerre dans cet endroit sans chaleur, mais on s'éclate en écoutant l'album ! Selon toi, qu'est-ce qui donne cette énergie positive ?
Eh bien, c'est tout le but de cet album. On n'est jamais vraiment allés dans le domaine de la dépression en tant qu'atmosphère. FROZEN SOUL a toujours été un groupe dont le but a été d'aider à arriver au lendemain. Quand j'écoute de la musique, je le fais pour traverser la journée, ou pour tenir face à ce que je traverse. Je fais ça depuis que je suis gamin. Donc on écrit la musique de FROZEN SOUL pour nous amuser, passer un bon moment, et ne pas trop réfléchir. C'est prévu pour être une musique de fond qui te motive à te lever, bouger, mosher et passer un moment aux concerts ! C'est donc super que tu aies ce sentiment, car c'est exactement ce qu'on voulait. Tu sais, c'est un des trucs sur lesquels on a le plus été critiqués sur les deux derniers album, et ça me fait plaisir d'entendre ce genre de choses, parce que ça aide vraiment. On essaie toujours de nous améliorer et de donner un meilleur concert aux gens, donc je prends en compte toutes ces critiques. Parfois, quelqu'un se plaint de quelque chose sur l'album, et généralement quelqu'un vient répondre à ce commentaire dire « Vous devriez voir ce groupe en live ! Ça changera votre perception des chansons.» Avec cet album, j'ai gardé ça en tête tout le temps. Si une chanson n'était pas comme une p*tain de masse qui te frappe en pleine tête, ou comme une bombe qui explose, il fallait changer quelque chose. Avec cet album, on voulait vous faire bouger, et on voulait que chaque chanson ait ce groove et ce sentiment qui te fait crier « Hell yeah ! », que tu bouges la tête en jouant aux jeux vidéo en l'écoutant, que tu ailles à la salle de sport, ou que tu changes l'huile de ta voiture ou je ne sais pas, que tu sois en colère après le boulot, c'est fait pour de défouler ! C'est tout l'intérêt, et c'est cool que tu en retires ça !

Vous avez joué quelques chansons sur votre tournée avec HEAVEN SHALL BURN, qui est passée par Paris. Lesquelles ont le mieux marché selon toi ?
Eh bien, pour être tout à fait honnête avec toi, j'ai l'impression que ces nouvelles chansons ont mieux marché avec le public que nos anciennes. On joue ces chansons depuis si longtemps, et il y a tellement de choses qu'on a corrigé en les jouant en live, au niveau des tempos et de ce genre de choses, qu'elles sont plus lisses. On a ralenti des parties qui en avaient besoin, etc. Mais quand on joue les nouvelles chansons, l'énergie change totalement ! C'est vraiment génial à voir, en tout cas de notre perspective, en les ayant écrites pour être des chansons à jouer en live, alors qu'avant on ne les écrivait pas forcément pour le live. Donc c'était génial ! Elles ont toutes eu un effet énorme. Je crois que c'est ''I Invoke War'' qui a lancé les circle pits à Paris, sur la fin. Paris a toujours été dingue. On a joué plusieurs fois à Paris, et c'était vraiment le plus léger des concerts qu'on y ait joués, au niveau du package, et parce que c'était en semaine. Quand on a joué à Paris en tête d'affiche, c'était dingue ! Là on était juste en ouverture, avec beaucoup de fans de HEAVEN SHALL BURN qui ne nous connaissaient pas. Il y avait cependant quelques personnes qui étaient là à nos autres concerts, et c'était vraiment cool que tout le monde qui voulait s'amuser ait passé un bon moment ! Tu sais, on joue toujours comme s'il y avait 5000 personnes devant nous même s'il n'y en a que 10. Donc le fait qu'il y ait eu quelques centaines de personnes quand on a joué, et que tout le monde ait semblé passer un bon moment, c'était sacrément cool ! C'était un super concert, finalement.

Je pense que chacun aura ses chansons préférées sur cet album. Pour moi c'est par exemple ''Frost Forged''. Est-ce que vous avez déjà réfléchi un peu à quelles sont les chansons phares du disque ?
C'est marrant que tu en parles, car on a vraiment galéré avec celle-ci. Je suis content qu'elle te plaise autant ! J'ai fait pas mal d'interviews ces derniers temps, et très peu me monde parle de ''Frost Forged'', tu es peut-être le deuxième. C'est, personnellement, une de mes chansons préférées de l'album. Elle était, d'ailleurs, complètement différente au début ! Mais c'est une de ces chansons qu'on voulait vraiment rendre chantable par le public, et vivifiante. C'est clairement une des chansons phares de l'album, et elle a failli avoir un clip. On a vraiment galéré à savoir ce qu'on allait faire comme clips. Bien sûr il fallait faire ''I Invoke War'' et ''No Place Of Warmth'', qui sont deux de nos préférées sur l'album, mais après on essayait de trouver quelles chansons faire pour les deux autres clips. On a évidemment fait ''Absolute Zero'', car elle dure 56 secondes, et on l'a sortie de nulle part, et on a fini par faire ''Deathweaver'', parce que le concept pour le clip et l'imagerie de la chanson étaient trop bien pour ne pas exister en clip. Alors que pour ''Frost Forged'', il aurait fallu trouver une idée de vidéo qui irait avec, et on ne pensait pas que ce serait aussi cool que ''Deathweaver'', qui parle de jouer sur les veines de quelqu'un comme sur un instrument. Le clip a fini par être super cool et il y a ce parallèle entre une dame vieille de plusieurs siècles qui fabrique une harpe à partir d'os, de peau et de cheveux, et cette belle fille qui tisse calmement. C'est un peu la même chose qu'on avait fait avec le clip de ''Morbid Effigy''. On trouvait que pour la vidéo, il fallait vraiment un concept cool, et ''Chaos Will Reign'' est une de nos chansons préférées de l'album. Elle est heavy, rapide et directe ! Enfin, elle n'est pas rapide, elle est plutôt mid tempo, mais elle dure moins de 3 minutes, ou quelque chose comme ça, donc c'est rapide dans ce sens. On voulait une chanson plutôt courte, et ''Frost Forged'' dure plus de 4 minutes, et on avait déjà fait 3 chansons qui étaient plutôt longues. On a donc choisi ce qui servait le mieux les singles, mais c'était difficile de choisir ! ''Killing Time (Until It's Time To Kill)'' est aussi probablement la plus prenante de tout l'album, et on trouvait vraiment qu'elle aurait dû être un single, maintenant qu'on y repense... Mais je pense qu'on fera quand même un clip pour celle-ci à un moment. Mais j'aimerais en faire un pour chaque chanson parce que chacune est vraiment sacrément géniale ! J'en suis très fier.


A vrai dire, ''Killing Time (Until It's Time To Kill)'' est aussi une de mes préférées de l'album. Pas seulement grâce à la blague dans le titre (« tuer le temps (en attendant qu'il soit temps de tuer) », ndlr), mais aussi pour son énergie ! Peux-tu nous parler de cette chanson qui termine l'album en apothéose ?
Bien sûr ! Eh bien, c'était la chanson que j'aimais le moins quand on l'écrivait ! Non pas à cause des riffs, ou quoi que ce soit, mais je trouvais qu'elle était trop chantée, et trop dansante pour ce qu'on essayait de faire avec cet album, notamment le riff du refrain. On essayait de voir quoi faire avec la chanson, et je galérais avec les paroles et l'ambiance générale de l'album, parce qu'à un moment j'ai commencé à le prendre un peu trop au sérieux. J'essayais d'écrire des paroles vraiment brutales pour cette chanson, et un jour, pendant que je fouillais mes affaires, j'ai vu ces paroles que j'avais écrites pour une fausse chanson country. Elle avait l'imagerie du death metal, et sa terminologie, mais dans une chanson de country. J'avais prévu de faire une blague où j'aurais eu des bretelles, et où j'aurais chanté ça avec un chapeau de cowboy, avec une couverture à la Clint Black ou George Strait, juste pour rigoler. C'était un de ces trucs qui ne verraient sûrement jamais le jour, mais que je trouvais drôle. Et j'avais écrit cette phrase, « Killing time (until it's time to kill) », et j'ai commencé à bouger la tête sur le refrain en la disant, et elle allait parfaitement avec le riff ! Je suis donc revenu vers le groupe, pour en discuter, et j'ai demandé « Et si on réfléchissait trop ? ». On a attendu la toute fin de l'enregistrement pour faire cette chanson, et jusqu'à ce que je fasse ça, on n'allait pas la mettre sur l'album, parce qu'on manquait d'idées. On s'est donc dit « Pourquoi ne pas aller à fond dans l'absurde ? », et le fait qu'elle soit chantante et dansante a fait qu'on l'a écrite comme une chanson de rock ou de country, pour aller intentionnellement vers une chanson centrée sur le refrain, qui ne serait pas juste pour le mosh. C'était juste pour le fun pur ! J'ai donc écrit le pré-refrain, et d'autres trucs pour cette chanson, et quand je les ai chantés, ils ont dit qu'il n'y avait même pas besoin de mettre la musique, et que ça sonnait comme les paroles définitives d'une chanson. On est allés en studio, je me suis posé avec Josh pour travailler les paroles avec Josh, avant même d'enregistrer, et on s'est assurés que les motifs de chant étaient aussi bons que je le pensais. Parce que parfois, quand tu fais quelque chose dans lequel tu es investi, tu es tellement dedans que tu as besoin d'un autre avis. J'avais trouvé beaucoup de motifs, mais j'avais besoin de réassurance et de guidage sur certains trucs à propos des paroles. Josh et moi avons travaillé toutes les chansons, et quand on est arrivés à celle-ci, il a dit « Mec, c'est dingue ! » J'ai posé le chant, et c'est devenu une des meilleures chansons de l'album ! Pareil pour ''Dreadnought'', d'ailleurs. ''Dreadnought était une de celles que j'aimais le moins de tout l'album, parce qu'elle ne me semblait pas très enthousiasmante. Puis une fois que j'ai posé le chant, je me suis dit « Putain, cette chanson est vraiment heavy et tellement prenante ! », c'était cool ! Mais l'humour vient du côté country aussi, en tout cas les chansons à l'ancienne étaient souvent drôles, avec un sens caché, ou quelque chose derrière, et le climax est souvent la blague de la chanson. Pour cette chanson, c'est littéralement à propos de quelqu'un qui est posé et est très ennuyé de devoir tuer, mais le côté death metal arrive, et c'est un tueur qui doit le faire parce qu'il doit obéir à son instinct. Et c'est comme s'il parlait à la personne qu'il va tuer, en passant un bon moment... Puis il dit « Ah mince, c'est l'heure, je dois te tuer ! » (rire) ! Mais comme le death metal à l'ancienne, c'est très léger et très bête. Je le vois comme un film d'horreur de série B, très potache, drôle et stupide, plutôt que sérieux. Et c'est intéressant de voir comment les gens prennent cette chanson ! Parce que certains trouvent que c'est juste une chanson de death metal classique, d'autres une chanson de rock n' roll... C'est vraiment cool, parce que c'est celle qui mérite le plus le nom de chanson sur l'album, je trouve. On a écrit une chanson qui pourrait être à la radio et qui est juste marrante !

C'est une bonne conclusion à l'album, en plus...
Oui, on a galéré à savoir où la mettre, et je trouvais qu'il fallait la mettre à la fin, et Michael (Munday, guitariste, ndlr) le pensait aussi. On écoute tout l'album, et on y arrive en se demandant « C'est quoi ce bordel ? », parce qu'elle est vraiment différente ! On a essayé d'espacer les choses sur l'album. La première moitié va très vite et est très explosive, puis les choses bizarres arrivent, et les chansons changent.


En parlant de la première moitié, quand j'ai entendu ''No Place Of Warmth'', en plus de réaliser à quel point elle était cool, je me suis dit « Wow, comment est-ce qu'ils ont convaincu Gerard Way de MY CHEMICAL ROMANCE de crier comme ça ? » !
Eh bien, je lui ai simplement envoyé un SMS, où je lui demandais « Salut, tu veux chanter sur une chanson de FROZEN SOUL ? », et il a répondu par « Ouais. ». C'est un mec vraiment cool. On lui parle depuis un moment, il nous a invités à venir les voir à Dallas, et il est venu voir notre concert à Los Angeles. On a parlé de synthwave et de plein de choses, et c'est vraiment juste un bon gars. Certes, il est très occupé, mais il est très talentueux et vraiment gentil, ainsi que très attentionné. Et il fait ce qu'il aime ! Il n'avait jamais chanté sur une chanson de death metal, mais il était très intéressé pour le faire, j'imagine. Avec la quantité de choses qu'il a faites dans sa carrière, en tant que musicien, mais aussi en tant qu'artiste avec les comics et les séries... C'est un mec très créatif ! Et comme nous, il veut faire des trucs fun, donc il est monté à bord et a été super cool. On n'a même pas dû le payer, ou quoi que ce soit, il nous a dit de tout garder, et on n'a pas eu à le demander. Il nous a dit directement « Vous n'aurez pas besoin de me payer ou quoi que ce soit. ». C'est vraiment un bon gars ! On l'avait d'ailleurs déjà entendu faire du scream black metal, parce qu'il était sur une chanson de Matt Heafy sur l'album d'IBARAKI, qui s'appelle ''Ronin''. Mais je crois que c'est un peu passé sous le radar, peut-être parce que c'était du black metal, et un side project de Matt. Mais ça montre que Gerard veut faire des trucs cool ! D'ailleurs, pour notre chanson, je n'ai pas eu à lui dire « Il faut que tu fasses ça. », je l'ai laissé faire ce qu'il voulait, et c'est ce qu'il a fait. Il a posé cette partie de chant, et y a ajouté des chœurs, etc. Il a vraiment bien fait les choses, et il a d'ailleurs un peu endommagé sa gorge en le faisant, parce qu'il s'est vraiment donné ! J'étais un peu embêté, parce que c'était peu avant qu'il parte en tournée, mais heureusement, il a guéri avant. Il n'a pas l'habitude de chanter comme ça, mais il voulait faire de son mieux pour la chanson. C'était vraiment une super expérience !

Je pense qu'au niveau de la production, vous tenez l'album de death metal qui ressemble le plus à un album de l'âge d'or du style, avec par exemple une caisse claire très sèche, comme si elle était jouée dans un frigo, et un chant avec une reverb qui semble venir d'une cave. Est-ce que le fait de vouloir avoir ce son death metal à l'ancienne vous a forcés à trouver des idées créatives en termes de production ?
Eh bien je pense que c'est surtout parce qu'on sait ce qu'on aime entendre. On aime ce son à l'ancienne, mais on aime aussi la production moderne. J'aime vraiment écouter un album et me sentir frappé par la musique. C'est ce que j'aime chez beaucoup de mes groupes préférés. C'est très clair chez MACHINE HEAD, par exemple. Si tu retournes écouter « Burn My Eyes » en le comparant à d'autres albums de cette époque, « Burn My Eyes » ressort grâce à la production, à mes yeux. La batterie est claire, mais ils ont toujours un son old school. On voulait un peu prendre cette direction avec cet album, pour que ça sonne un peu plus « cru », plutôt que ce qu'on avait fait sur « Glacial Domination », qui était plus propre, avec des basses plus classiques, pour que ça fasse plus moderne. Pour cet album, on voulait un retour aux sources, et on voulait que ce soit une bombe qui explose, pour que tu aies à baisser le son plutôt qu'à le monter ! C'est comme ça que j'aime les choses, et c'est comme ça qu'on a réfléchi cet album. Je voulais avoir cet effet de reverb profond dans le son, pour sonner beaucoup plus grands. Et honnêtement, en tournant avec des groupes comme HEAVEN SHALL BURN, et KILLSWITCH ENGAGE nous a aidés à voir ça. On a tourné aussi avec KUBLAI KHAN, et ils sont très sympa, mais je n'écoute pas ce style de musique très souvent. Mais il y a quelque chose dans la production qui fait comme une explosion, et qu'on retrouve en live aussi, on peut littéralement le voir. Donc quand on a réfléchi à la production, et aux idées de producteurs, étant donné le peu de temps qu'on avait pour écrire, on a écouté pas mal de monde, et on a choisi Josh Schroeder, parce que quand tu écoutes ce qu'il a fait, ça sonne toujours menaçant. Si tu écoutes LORNA SHORE, ça ne sonne pas comme beaucoup de groupes de deathcore, c'est plus proche du metal que du deathcore. Leur son fait deathcore à cause de leur équipement, mais le son viscéral et la force derrière la musique, c'est agressif et extrême. On voulait donc toujours avoir ce son death metal, parce qu'on ne sonne évidemment pas du tout comme LORNA SHORE, et qu'on a un peu plus d'influences à l'ancienne. On a donc choisi un producteur qui puisse faire ça. Et on avait confiance en Josh après lui en avoir parlé. Il était à fond, et savait exactement ce qu'on voulait ! Je pense qu'on a vraiment tapé dans le mille avec ça, en traversant cette limite entre l'ambiance à l'ancienne et la production moderne. Il fallait vraiment qu'on le fasse pour que ça corresponde à l'ambiance de nos concerts, car on y revient toujours.

Blogger : Jed Mosley
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