13 juin 2026, 18:00

GUILT TRIP

Interview Jay Valentine


Devenus en l’espace de dix ans l’une des plus grandes forces du hardcore anglais, GUILT TRIP semble ne jamais s’arrêter de tourner, retournant tout sur son passage ! Après une sortie très remarquée en 2023, « Severance », un passage en première partie de LANDMVRKS sur sa tournée 2024 et un concert d’anthologie sur la Warzone au Hellfest 2025, le groupe, rejoint par Lily Kilcoyne fin 2023, nous offre enfin un nouveau disque, « Armour Of Angels », sorti le 5 juin dernier sur le label légendaire Roadrunner Records. Nous avons pu échanger longuement avec Jay Valentine, chanteur et parolier du groupe, qui nous a parlé du disque, mais aussi de sa vision de la foi, du monde actuel, et de la tournée qui approche pour la fin d’année...
 

« Armour Of Angels » est sorti il y a quelques jours, et j’ai l’impression que « Severance » n’est sorti qu’il y a quelques semaines. Les deux albums ont des similitudes, mais celui-ci pousse tout à fond ! Quel était le brief initial pour ce nouvel album ?
Jay Valentine : Je pense qu’on a simplement commencé à l’écrire. On a juste suivi après « Severance », presque directement, pour être honnête. J’imagine que les chansons ont commencé à sonner plus heavy dès le début de manière subconsciente. Puis, quand on l’a réalisé, on a continué dans cette direction, et on a essayé de rendre chaque chanson un peu plus impactante.

Vous avez signé avec Roadrunner Records pour cet album, après des années à être fan de SLIPKNOT, et en sachant comment ils ont poussé TURNSTILE ces dernières années. Qu’as-tu ressenti quand tu as reçu cette offre de travailler avec eux ?
Oh, c’était génial ! Honnêtement, on est tous de très grands fans des groupes que Roadrunner a eu au fil des ans. On a aussi grandi en écoutant ces groupes, en particulier MACHINE HEAD ! Donc c’était un peu surréaliste d’être même contactés par le label. C’était un peu comme si on bouclait la boucle. Et le fait qu’ils avancent sur cette idée, et qu’ils décident de nous signer, c’était comme un rêve devenu réalité, vraiment ! On est vraiment très contents d’être à bord avec eux, et de travailler avec eux, et ils ont été super jusqu’à maintenant. Ils nous ont donné la liberté d’être nous-mêmes, et de rester en contrôle de ce que l’on fait. C’est très sympa pour le moment !

J’avais effectivement remarqué l’influence de MACHINE HEAD, notamment dans vos riffs !
Oui, on adore ça (rire) ! MACHINE HEAD est probablement notre plus grande influence, je dirais. Surtout pour nos guitaristes ! Beaucoup de riffs sont dans la veine de MACHINE HEAD.

Depuis vos débuts, vous utilisez l’imagerie religieuse pour vos couvertures d’albums, mais aussi dans les chansons. Quelle est votre relation à la foi, et à la religion ?
J’ai toujours été élevé dans une famille religieuse. Pas tant mon père, mais ma mère est très religieuse, et on allait souvent à l’église quand j’étais petit. Donc la religion a toujours fait partie de ma vie, et ça m’a aidé à me former, je pense, et ça m’a sorti de situations difficiles. Donc j’écris ce que j’essaie de dire sans pour autant me reposer sur le côté religieux des choses. Je ne suis pas un fanatique religieux, je crois juste en Dieu, et je pense qu’il y a une place sur cette planète pour chacun. Je pense que si tu peux te trouver toi-même grâce à la religion, c’est génial. Sinon, eh bien, ce n’est pas pour tout le monde. Et je pense que c’est là pour aider les gens à traverser les moments difficiles. Ça m’a aidé personnellement, et c’est vraiment comme ça que je la vois. Je pense que c’est quelque chose qui est fait pour accepter tout le monde, peu importe qui tu es, ou ce que tu fais, je pense que ça peut changer une vie. Et je pense, en tout cas dans cette partie du monde, que ce n’est pas si strict. Si tu vas quelque part comme les Etats-Unis, tu as toutes ces méga-églises, ces systèmes pyramidaux, etc. Je ne crois pas que ça devrait être comme ça. C’est en tout cas mon état d’esprit concernant la religion.

C’est une façon de voir les choses que je respecte, car j’ai l’impression que c’était le but initial, d’inspirer l’acceptance, et d’encourager à aider son prochain...
C’est aussi ce que je pense. Je pense que ça devrait n’être que là pour aider les gens qui se sentent perdus, et qui galèrent. Ça devrait être un endroit où on peut aller pour se trouver soi-même et se faire aider pour traverser ce qu’on vit. Mais certains n’aiment pas ça, et je respecte ça également. Je ne pense pas que ce soit une nécessité, et je pense que c’est bon pour certaines personnes, et pas pour d’autres.

Oui, puis vous utilisez l’imagerie de la même manière que par exemple AMON AMARTH utilise l’imagerie nordique, c’est en quelque sorte une mythologie que vous utilisez pour faire passer vos messages...
Oui, je pense que cette imagerie tend naturellement vers le metal, et surtout vers ce qu’on fait. On trouve tous ça très cool ! A vrai dire, je suis le seul du groupe à être religieux, et on n’est vraiment pas un groupe religieux, mais les autres membres aiment tous l’imagerie, et parfois le message. Donc ça se lie assez bien à la musique, quelque part, et je trouve que c’est très très cool visuellement aussi ! On est super fiers des visuels d’albums ! On est très reconnaissants envers Guil Zekri, qui l’a fait pour nous, et j’ai hâte de l’avoir en vinyle !

L’album semble être un superbe mélange entre hardcore et riffs à la MACHINE HEAD, avec des influences nu-metal pour ton chant. Comment avez-vous réussi à mélanger tout ça de manière aussi naturelle ? Car si le nu-metal et le hip-hop sont assez liés au hardcore, ce genre de riffs n’est pas commun dans le style !
Oui, je pense qu’on essaie juste de ne pas trop réfléchir. On fait notre truc, et je pense que quand tu as de bons riffs heavy, complexes et riches, ils tendent à aller avec n’importe quel style. On a aussi la chance d’avoir de très bons musiciens dans le groupe qui peuvent faire ce mélange de manière très naturelle, et par chance ma voix sonne plutôt cool à côté (rire) ! Je pense aussi qu’on a de la chance dans le fait d’être tous très différents, ce qui fait de nous un groupe très unique. Individuellement, on écrit des riffs qui sont uniques dans ce genre, comme tu le disais, et notre batteur, Tommy (Tom Aimson, ndlr) a un jeu très original. On a beaucoup de chance que tout se mélange bien et ait un bon rendu, parce que ça pourrait ne pas être le cas ! Et je suis super content qu’on ait pu le pousser encore plus loin. On a évidemment toujours été comme ça, mais je pense qu’on a vraiment raffiné le son, et qu’on l’a rendu plus direct et clair sur cet album, ce dont je suis très fier !


Vous avez eu dix ans pour construire ce son. Est-ce qu’il y a eu un moment au début où vous ne saviez pas trop comment mélanger les sons, ou est-ce que c’était naturel immédiatement ?
J’imagine que quand on a débuté, je faisais du chant très heavy, presque deathcore, et Jak (Maden, ndlr) faisait des riffs un peu plus thrash. Il n’y avait que moi et Jak, à l’époque. Puis on a discuté du fait qu’on devrait peut-être mélanger plus de styles vocaux, et voir si on arrivait à quelque chose qui irait mieux avec les riffs thrash qu’on avait. C’est là que j’ai commencé à faire ce que je fais maintenant, et ça m’a pris dix ans pour devenir un peu bon à ça, j’imagine. Mais pendant ce laps de temps, Jak a un peu raffiné son son, et s’est mieux adapté à notre son un peu plus heavy, puis on a recruté Tom, ça semble presque faire dix ans ! Il a vraiment aidé lors du processus d’écriture, et à tout mélanger un peu mieux. « River Of Lies »  est le premier album en 2019 sur lequel on était tous les trois, et je pense qu’on voit sur cet album, puis « Severance » et maintenant le nouvel album, qu’on a vraiment avancé, et qu’on est devenus meilleurs pour mélanger ces éléments différents. Quand on regarde « River Of Lies », on aime quelques chansons de cet album, mais on sait qu’on aurait pu vraiment mieux faire sur certaines chansons ! C’est vraiment sympa de pouvoir regarder ce qu’on fait maintenant, et de réaliser qu’on a vu les erreurs faites, qu’on a appris à partir de ça, et qu’on en a fait cette musique.

Est-ce que vous avez déjà réfléchi à réinterpréter de vieilles chansons avec votre nouveau style ?
Oui, je pense que « Unrelenting Force » en 2017 en est un bon exemple. C’est un album de hardcore très thrash, et je pense que si je faisais mon ancien style de chant dessus, ça ne sonnerait pas bien. « Unrelenting Force » est un peu la base qu’on s’est fixée pour mélanger ces différents sons, et comme je te le disais, les riffs de Jak ont changé et on est devenus un groupe plus heavy. Je pense que c’est encore mieux maintenant, et que ça se mélange encore mieux !

« Armour Of Angels » est le premier album que vous faites avec Lily Kilcoyne à la basse. Selon toi, qu’a-t-elle apporté au son de GUILT TRIP sur cet album ?
Elle est une bassiste brillante. On a toujours eu de bons musiciens dans le groupe, mais Lily est différente. Je pense que beaucoup de bassistes sont un peu détendus, tu sais. Je ne veux pas dire qu’ils sont négligents, mais ils ne sont souvent pas aussi calés que Lily. Elle est vraiment concentrée sur ce qu’elle fait, et je pense qu’elle nous a améliorés en tant que groupe. Au moins en live, c’est certain. Elle mène par l’exemple avec ses performances, et je ne l’ai jamais entendue rater une note sur sa basse ! Je pense vraiment qu’elle nous a améliorés. Et pour nous, quand on écrit de la musique, c’est toujours pour la jouer en live, et je trouve qu’elle a vraiment eu un rôle dans l’amélioration de nos concerts. On s’est tous améliorés individuellement et en tant que groupe, et elle fait carrément partie des raisons.


On vous a vus avec LANDMVRKS en 2024 et au Hellfest 2025, et même si les deux concerts étaient très rapprochés, on a vraiment senti la progression !
Merci ! C’est quelque chose sur lequel on travaille. Tu sais, à chaque fois qu’on tourne, on regarde les concerts, et on en enregistre certains pour voir ce qu’on peut améliorer, et ce qu’on peut faire de mieux. Ça peut-être entre deux chansons, ou bien dans certaines d'entre-elles, mais on essaie toujours de nous améliorer. Donc le fait que tu l’aies remarqué, ça veut dire que ça fonctionne !

Oui, et pourtant on a vu quelques nez cassés à la Cigale à Paris, donc c’était déjà plutôt explosif (rire) !
Merci (rire) !

J’ai beaucoup aimé "Cut From God", qui est une des chansons les plus lourds de l’album, parce que je trouve qu’elle résume vraiment bien le son du disque. Comment était la production, et qu’avez-vous changé pour le rendre plus agressif et impactant musicalement, à l’image de cette chanson ?
Eh bien, comme on en parlait au début de cette interview, on a commencé à écrire des chansons heavy subconsciemment après « Severance », pour je ne sais quelle raison. Puis quand on a réalisé qu’elles sortaient un peu plus heavy, il fallait qu’on continue dans cette direction, parce que ça sonnait super bien ! Et on savait qu’on voulait que la production soit différente. Pour « Severance », on était partis sur une production plus simple et brute, et je trouve que ça sonne bien, mais je ne pense pas que cet album sonnerait mieux avec cette production. Le gars avec qui on travaille souvent, Robin Adams, est resté avec nous parce qu’il est très fort pour trouver le son que l'on souhaite. Puis on a travaillé avec Nolly Getgood, qui est juste incroyablement talentueux en tant qu’ingénieur du son et en tant que bassiste (il s’agit de l’ancien bassiste de PERIPHERY, ndlr). C’était bon pour Lily de travailler avec lui aussi, parce que c’est un bassiste réaliste, et ça l’a aidée à s’améliorer. On a évidemment écrit toutes les chansons, et il n’a pas vraiment changé beaucoup de trucs dessus. Mais le fait de pouvoir enregistrer avec quelqu’un comme lui, et de rendre ça limpide en ayant le son qu’on voulait, et en le faisant sonner le tout heavy et raffiné, c’était super important pour nous. On voulait améliorer tout ça, et faire sonner l’album de manière plus grandiose, avec un son un peu moins "DIY", parce qu’on pense avoir progressé jusqu’à un point où on pense que le son "DIY" ne se prêterait pas à cet album. C’était génial, vraiment on a fait exactement ce qu’on voulait ! Et je pense que je n’ai jamais été aussi content du son d’un album qu’on a produit !

C’est vrai qu’il frappe autant que le dernier MALEVOLENCE ou le dernier LIONHEART, et j’ai l’impression que c’est comme ça que les fans aiment le hardcore aujourd’hui...
Oui, je pense que le hardcore devient un truc plus gros. Les gens aiment les productions de dingues, et, évidemment, je suis un grand fan du hardcore "DIY", et le son très heavy, brut et simple de certains de mes groupes préférés, mais je pense aussi qu’en arrivant à un certain point, c’est bien d’avoir quelque chose qui sonne un peu différemment de ça. Je ne veux pas dire que notre son est surproduit, car je pense qu’il est parfaitement réalisé, mais je ne pense plus qu’on soit un groupe qui peut arriver à fonctionner avec le son "DIY". Et on n’en a pas besoin ! On sort un album qui sonne vraiment propre et clair, et de nouvelles personnes vont s’habituer à ce son, et comprendront ce que c’est, et de quoi ça parle.

C’est vrai que même si on adore des groupes comme MADBALL ou SUICIDAL TENDENCIES, le son "DIY" qu’ils ont peut limiter les possibilités en dehors du hardcore pur et dur.
Oui, je pense que ces groupes sont un exemple parfait du vrai hardcore, et ils ont établi un style de production qui marche parfaitement avec ces groupes. Leur son indépendant est incroyable ! Mais pour nous, qui ne sommes pas vraiment du hardcore à l’ancienne, c’est difficile d’arriver à faire quelque chose avec ce type de production.


© Amy Haghebaert | Warner Music


​Il y a un entracte à l’album, "Intermission", qui donne encore plus d’impact à "Burn". Comme tout était déjà écrit au moment d’aller travailler avec Nolly, est-ce que vous aviez aussi la structure de l’album, l’ordre des morceaux et cet interlude de prêts ?
Oui, on a préparé ça juste avant d’aller en studio. On aime être assez précis sur la manière dont on veut les choses avant d’aller en studio, pour faire le meilleur usage de notre temps possible. On avait donc déjà ça en tête, ainsi que l’ordre des morceaux de l’album. On a fait des entractes sur tout ce qu’on a fait, et on voulait continuer à le faire, parce que Jak est très versatile en tant que guitariste, et il peut ne pas faire que des riffs heavy, mais aussi apporter des éléments plus doux. Il est très bon pour ça, donc on voulait inclure quelque chose comme ça. Puis au fil du processus d’enregistrement, on est arrivés à savoir quelle chanson viendrait après celle-ci, et quelle serait la dernière, etc... Quand on a fini d’enregistrer, on savait à peu près comment les 12 pistes s’enchaîneraient. C’était assez facile, mais ça coule un peu de source. Quand on écrivait les chansons, on avait en tête subconsciemment où elles seraient sur l’album. On savait que "One By One" serait la première, et que "Blood Atonement" viendrait ensuite. Et on a même écrit "Blood Atonement" de manière qu’elle s’enchaîne avec "Cut From God". Les trois premières chansons étaient donc déjà établies. Puis on a écrit "The Banner Of Heaven" comme dernière piste. Donc beaucoup de ces chansons étaient écrites pour leur place dans l’album.

"Resurrected" est un autre pilier de cet album, et ta voix s’y mesure à celle de Sonny Sandoval de P.O.D. ! C’est la seule collaboration de cet album, ce qui est devenu un peu rare, d’ailleurs. Qu’est-ce qui a fait que cette chanson a pu se faire ainsi, et quelle importance avait cette collaboration pour toi ?
Oui, par le passé on a eu beaucoup de collaborations sur nos albums. Je crois que sur le dernier, on avait quatre collaborations. Peut-être même cinq ! On a vraiment réduit ça sur ce nouvel album. Et je pense que c’est parce que Sam (Baker, ndlr), notre guitariste, est un super chanteur aussi. On a donc incorporé sa voix dans l’album, ce qui, je pense, nous dispense d’avoir autant d’invités. Parce que je crois qu’on ne peut écouter ma voix qu’un certain temps (rire) ! C’est sympa d’avoir un peu de répit à cela, et d’amener quelque chose de nouveau, et Sam fait ça sur presque toutes les chansons. On s’est donc dit qu’on n’aurait pas à se concentrer sur les featurings. En plus, le problème, c’est que quand on a autant d’invités, on ne peut pas jouer les morceaux en live vu que ces gens ne font pas partie du groupe, et si on tourne avec eux, parfois ils peuvent les faire mais parfois non. C’est quelque chose qu’on voulait éviter. Cependant, par pure chance, on a eu l’opportunité de travailler avec Sonny de P.O.D. et c'est un groupe qui nous a beaucoup inspirés quand on grandissait. Surtout moi, avec mon lien avec la foi, ils ont vraiment eu une grande part de mon introduction à la musique heavy ! C’était dingue de travailler avec eux, et il a vraiment géré ! C’est une de mes chansons préférées de l’album, et je suis content que les gens puissent l’écouter. C’est vraiment bon de pouvoir amener quelqu’un qu’on admirait à l’époque sur notre album !

Peut-être que vous aurez Robb Flynn sur le prochain ?
Oui, on avait réfléchi à le faire sur cet album ! On se demandait s’il le ferait si on lui demandait. Mais finalement, on n’a pas voulu le déranger. Je pense cependant que la prochaine fois, on va peut-être essayer, car j’ai vu qu’il a participé à quelques chansons récemment, notamment sur une de FROZEN SOUL. Donc on va carrément lui demander la prochaine fois !

On en parlait un peu plus tôt, mais vous avez joué au Hellfest l’année dernière, offrant à la Warzone un show d’anthologie. Peux-tu nous raconter comment était ce concert pour toi ?
C’était génial ! C’était le sommet du groupe, c’est certain ! Nous n’avons jamais fait quelque chose comme ça. C’était dingue, parce qu’on a joué au Hellfest en 2022, en ouvrant la même scène, et il n’y avait pas grand monde, même si on était très contents qu’il y ait des gens, et qu’on passe un bon concert. Mais comme cette scène fait la taille d’une arène, ça faisait un peu vide. Donc ça a fait comme une rédemption pour nous, de revenir et de voir cette arène remplie ! Je ne pense pas qu’on aurait pu rajouter beaucoup de monde ! Et depuis la scène, c’était phénoménal à voir. La foule a participé au concert tout du long, et ils nous ont fait nous sentir comme chez nous. Ouais, c’était… C’était parfait ! C’était un concert parfait pour nous ! Un super festival, il faisait beau et il y avait une atmosphère spéciale avec tous ces gens qui nous regardaient et nous soutenaient. C’était un grand moment pour nous ! Je pense pouvoir parler au nom de tous en disant que c’était notre concert préféré de tous les temps !

J’ai l’impression que depuis 2022 le hardcore est devenu de plus en plus gros, avec des publics de plus en plus fous à chaque concert ! Selon toi quelle pourrait être la raison de ce changement ?
Je pense que c’est simplement l’exposition donnée à ce style, finalement. L’une des raisons pour lesquelles je me suis mis au hardcore, c’était que c’était vraiment underground, et que les concerts étaient vraiment incroyables. L’énergie était vraiment quelque chose que je n’avais jamais vu avant. Ce côté du hardcore a toujours été quelque chose qui m’y a attiré, et en même temps, le hardcore est tellement cool que ce n’était qu’une question de temps pour que ça grandisse de plus en plus, et que de plus en plus de gens s’y impliquent. On ne peut pas avoir quelque chose qui dure depuis 40 ou 50 ans en étant si bon, avec ce niveau de musiciens, et ce niveau d’écriture, sans que ça perce en dehors de l’underground à un moment. Mais je comprends aussi les gens qui n’aiment pas que ce soit le cas. En même temps, je pense que c’est génial pour les gens impliqués, parce qu’ils peuvent jouer de meilleurs concerts, devant plus de monde, ils peuvent parler plus, et être payés plus et on peut les voir revenir plus souvent. Il y a évidemment des bons et des mauvais côtés à cette croissance, mais de manière générale, je pense que c’est vraiment une bonne période en ce moment. C’est sain, et beaucoup de groupes se portent vraiment bien. On lance des groupes pour faire ça, et on ne veut pas juste jouer dans notre ville d’origine de temps en temps, on veut tourner, voir le monde et jouer dans toutes ces villes différentes. Et c’est plus facile à faire quand on joue devant plus de monde ! C’est comme ça. Et je pense que l’arrivée de Spotify et TikTok aide vraiment à faire grandir les groupes, qui sont vraiment poussés vers le haut sur ces plateformes. On peut dire ce qu’on veut des gens qui découvrent les groupes par le biais de TikTok, ce n’est pas comme ça que j’ai découvert la musique, et ce n’est pas comme ça que beaucoup de gens l’ont fait, mais c’est la réalité aujourd’hui. Les gens trouvent ces groupes sur les réseaux sociaux, puis vont aux concerts, ce qui est une bonne chose pour les groupes !

Oui, puis tu peux mettre une chanson de TERROR complète dans une vidéo TikTok (rire) !
Oui, ça aide (rire) !

Vous avez tourné avec LANDMVRKS juste avant qu’ils n’explosent. Comment était la tournée avec eux, et avez-vous un plan pour suivre leurs pas ?
La tournée avec eux était super, ils étaient très sympas et on est devenus de bons amis pour la vie avec eux sur cette tournée. A chaque fois qu’on se croise maintenant, on passe du temps ensemble et on s’éclate ! On va d’ailleurs jouer dans leur festival en Allemagne, j’ai hâte de rattraper le temps perdu avec eux ! Et pour ce qui est du plan, si c’est possible pour nous de suivre leurs pas, on aimerait vraiment jouer devant autant de gens tous les soirs, mais on fait notre truc, en jouant devant ceux qui veulent nous voir. Si ça nous arrive un jour, tant mieux, mais si ça n’arrive pas, on s’éclate quand même ! Tant qu’on joue de la musique, peu importe si on la joue devant 200 ou 2000 personnes, on s’amuse à jouer les chansons et à être nous-mêmes.

Vous allez jouer à l’Alhambra à Paris et au Black Lab de Lille en octobre et en novembre, avec JUDICIARY, JUSTICE FOR THE DAMNED et LONG GOODBYE. Que peut-on attendre de cette tournée, et gardez-vous des surprises pour ces dates ?
Oui, on va jouer énormément des nouvelles chansons, en espérant que l’album fasse son chemin auprès des gens d’ici cette tournée. On est heureux d’emmener nos amis avec nous ! Notre deuxième tournée européenne était avec JUDICIARY, donc ça fait plaisir de revenir avec eux. JUSTICE FOR THE DAMNED font partie de nos meilleurs amis au monde, donc ce sera super de tourner avec eux aussi, et LONG GOODBYE est un nouveau groupe anglais de metalcore, et ils ont besoin d’un peu plus d’exposition, donc j’espère que les gens viendront tôt pour les voir, et leur offrir un bon accueil, parce que c’est un bon groupe qui le mérite ! Et pour ce qui est des surprises, on est en train de travailler sur des éléments de productions pour essayer de rendre ces concerts vraiment spéciaux pour ceux qui viendront nous voir !

Quel est votre objectif, après la sortie de cet album ?
Je dirais que c’est de continuer. Continuer à jouer des concerts, tant que les gens veulent encore nous voir venir dans leurs villes pour jouer notre musique, on sera là. Tu sais, on adore tourner, et visiter tous ces endroits différents, ces pays différents et ces continents différents pour jouer notre musique. Donc si les gens veulent encore de nous, on reviendra encore et encore ! On espère que cet album se laissera écouter et réécouter, et que les gens voudront le voir joué encore et encore, parce qu’on n’en aura probablement pas de nouveau dans les trois prochaines années, peut-être plus. Donc j’espère que les gens ne s’en lasseront pas rapidement !
 

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