Après s’être fendus d’un album enregistré live pendant la période de COVID (« Silent Dwellers - Live MMXX ») qui reprenait certains titres de sa discographie, le quartet madrilène est de retour sur nos platines. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouveau méfait est à la hauteur de la réputation du groupe dont la patte est ici immédiatement identifiable. Ce style dissonant à souhait, moderne juste ce qu’il faut et profondément claustrophobique qui avait déjà régalé petits et grands sur l’énorme « Behold The Silent Dwellers », paru chez Debemur Morti en 2020.
Si le groupe a toujours développé un penchant pour les atmosphères glaciales à souhait comme les pratiquent ses frères d’armes de MISÞYRMING et d’une bonne partie de la scène islandaise, cet album passe un cap en termes d’atmosphères. En effet, le guitariste et producteur Simón da Silva a injecté une dose massive de nuances dans chacune de ses compositions. Et dès les premières secondes de "Long Stretch The Shadows", l’on retrouve tous les éléments propres au clan espagnol : des riffs rampants, des guitares assassines qui vrillent le cerveau, le tout porté par une section rythmique d'une précision chirurgicale. La production (réalisée donc au Empty Hall Studio par Simón lui-même) est monumentale : dense et étouffante, mais où chaque instrument reste audible dans le chaos. C'est du black metal dissonant, certes, mais à la fois mélodique, impérial etsans concession aucune.
Véritable monstre aux multiples tempos ciselés, « To Become The Endless Static » consume tout sur son passage dans une ambiance de fin du monde. Bourré d'accélérations abruptes et envoûtantes, la violence de son propos n'a d'égal que la mélancolie puissante qu'il injecte dans chacun de ses riffs, habité par ce sens de la mélodie pointu. AVERSIO HUMANITATIS signe ici l'un des albums de black metal dissonant les plus marquants de l'année. C'est un disque court, trente-sept minutes, mais d'une intensité telle qu'on en ressort épuisé et les esgourdes sifflantes. Et impressionné de constater que le groupe reste un standard en la matière. Un standard qu’il va être compliqué de surpasser en 2026 par la concurrence. Vamos !