16 juin 2026, 17:42

AVERSIO HUMANITATIS

"To Become The Endless Static"

Blogger : Clément
par Clément
Album : To Become The Endless Static

Après s’être fendus d’un album enregistré live pendant la période de COVID (« Silent Dwellers - Live MMXX ») qui reprenait certains titres de sa discographie, le quartet madrilène est de retour sur nos platines. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouveau méfait est à la hauteur de la réputation du groupe dont la patte est ici immédiatement identifiable. Ce style dissonant à souhait, moderne juste ce qu’il faut et profondément claustrophobique qui avait déjà régalé petits et grands sur l’énorme « Behold The Silent Dwellers », paru chez Debemur Morti en 2020.

Si le groupe a toujours développé  un penchant pour les atmosphères glaciales à souhait comme les pratiquent ses frères d’armes de MISÞYRMING et d’une bonne partie de la scène islandaise, cet album passe un cap en termes d’atmosphères. En effet, le guitariste et producteur Simón da Silva a injecté une dose massive de nuances dans chacune de ses compositions. Et dès les premières secondes de "Long Stretch The Shadows", l’on retrouve tous les éléments propres au clan espagnol : des riffs rampants, des guitares assassines qui vrillent le cerveau, le tout porté par une section rythmique d'une précision chirurgicale. La production (réalisée donc au Empty Hall Studio par Simón lui-même) est monumentale : dense et étouffante, mais où chaque instrument reste audible dans le chaos. C'est du black metal dissonant, certes, mais à la fois mélodique, impérial etsans concession aucune.

Véritable monstre aux multiples tempos ciselés, « To Become The Endless Static » consume tout sur son passage dans une ambiance de fin du monde. Bourré d'accélérations abruptes et envoûtantes, la violence de son propos n'a d'égal que la mélancolie puissante qu'il injecte dans chacun de ses riffs, habité par ce sens de la mélodie pointu. AVERSIO HUMANITATIS signe ici l'un des albums de black metal dissonant les plus marquants de l'année. C'est un disque court, trente-sept minutes, mais d'une intensité telle qu'on en ressort épuisé et les esgourdes sifflantes. Et impressionné de constater que le groupe reste un standard en la matière. Un standard qu’il va être compliqué de surpasser en 2026 par la concurrence. Vamos !

Blogger : Clément
Au sujet de l'auteur
Clément
Clément a connu sa révélation métallique lors d'un voyage de classe en Allemagne, quelque part en 1992, avec un magazine HARD FORCE dans une main et son walkman hurlant "Fear of the Dark" dans l'autre. Depuis, pas une journée ne se passe sans qu'une guitare plus ou moins saturée ne vienne réjouir ses esgourdes ! Etant par ailleurs peu doué pour la maîtrise d'un instrument, c'est vers l'écriture qu'il s'est tourné un peu plus tard en créant avec deux compères un premier fanzine, "Depths of Decadence" et ensuite en collaborant pendant une dizaine d'années à Decibels Storm, puis VS-Webzine. Depuis 2016, c'est sur HARD FORCE qu'il "sévit" où il brise les oreilles de la rédaction avec la rubrique "Labels et les Bêtes"... entre autres !
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK