16 juin 2026, 23:41

STEEL PANTHER (+ Lucie Sue)

@ Paris (Bataclan)


STEEL PANTHER aime le Bataclan, et le Bataclan le lui rend bien. Sur ses 9 passages parisiens depuis 2012, le groupe américain s’est produit 6 fois dans la salle du XIe arrondissement, où l’attend à chaque fois un public adepte de hair metal, de blagues en-dessous de la ceinture, mais aussi d’un zeste d’érotisme, il faut bien le dire.
C’est encore le cas cette fois, même si la salle n’affiche pas complet, et qu’il n’y a pas grand monde au balcon (sauf dans les tee-shirts de quelques amatrices). Qu’importe, les spectateurs sont déjà bien présents lorsque la première partie, Lucie Sue, fait son apparition. 
L’artiste originaire du Pays basque continue de vivre un rêve éveillé. Après une carrière professionnelle en tant que graphiste, Lucie a décidé de revenir à ses premières amours, la musique. Ont suivi deux albums, dont le dernier, « Battlestation », sorti l’an dernier, a reçu des critiques élogieuses grâce à son metal moderne, à la fois grunge, punk et pop. 
Entretemps, Lucie Sue a aussi fait la connaissance des membres de STEEL PANTHER, auditionnant pour remplacer le bassiste Lexxi Foxx, parti en 2021, et se produisant avec les Américains sur la scène du Hellfest 2024. Sans doute le déclencheur pour la participation de Satchel, le guitariste du combo US, à « Battlestation ». Puis une invitation à ouvrir pour la tournée européenne des Panthères, qui débute ce lundi dans la capitale française. 
Même si Lucie Sue et ses trois acolytes ne disposent que de 35 minutes – « va falloir tout envoyer », prévient la chanteuse et guitariste, le message passe parfaitement, à grands coups de « Battlestation », puis « Bachat Bouloud » pour mettre le peuple en joie. Lucie réclame rapidement un circle pit, et l’obtient. 
L’album « Battlestation » fournit le gros du répertoire de la soirée (dont l’excellent western metal « Knud »), même si un inédit est apparemment proposé, « City Of Ghosts » ou « City Of Gold », nous ne sommes pas sûrs, nos oreilles commencent à faiblir… « Elle est pas mal, celle-là, non ? », lance Lucie à la fin, nous confirmons. 
Nous apprécions également « Ride The Wired Wild Tiger », titre « qui ne veut absolument rien dire », avoue la chanteuse. Pas grave, le public se trémousse toujours autant, tout comme sur le « Reckless » final. « Si on m’avait dit il y a trois ans que je serais là… », avoue l’artiste avant de quitter la scène sur le « Don’t Stop Believin’ » de JOURNEY. Puis de rejoindre son stand de merchandising, où l’on trouve aussi du… saucisson fabriqué dans la ferme familiale du Pays basque (et dont Lucie a parlé lors de son concert)…  Lucie Sue, le metal franco de porc ! 

STEEL PANTHER n’a rien proposé de neuf depuis son « On The Prowl » de 2023, ce qui ne l’empêche pas d’être engagé dans un périple mondial baptisé « Twenty Twenty SEX Tour ». L’occasion donc surtout de jouer ses vieux classiques, de livrer nombre de blagues et commentaires salaces, et de faire les pitres sur scène, dans la joie et la bonne humeur. Les spectateurs, dont le niveau de compréhension de l’anglais (à part « nichons », les musiciens ne connaissent aucun mot de français) s’améliore d’année en année, se régalent donc durant une heure et demie. Dont facilement une vingtaine de minutes consacrées aux parlotes des quatre olibrius, mais essentiellement de Satchel et du chanteur Michael Starr. 
Les Américains déboulent donc sur une musique sirupeuse vers 20 h 30, attaquent d’emblée avec « Eyes Of A Panther » et… se font voler immédiatement la vedette par deux pole danseuses qui arrivent en même temps qu’eux. C’est peu de dire que les deux jeunes femmes se révèlent impressionnantes. Ce sont littéralement deux athlètes de haut niveau, escaladant et descendant comme qui rigole, et malgré des talons de 20 cm, les deux barres de bien 3 m de haut qui garnissent chaque côté de la scène ! Quelle souplesse ! Mais ne nous égarons pas…

STEEL PANTHER enchaîne avec le bien entraînant « Tomorrow Night », et l’ambiance est telle que Satchel ne peut que constater que « nous sommes lundi, mais on se croirait un vendredi soir » ! Un Satchel qui garde le micro durant pas loin de 10 minutes, le temps de lancer des piques à ses copains, surtout Starr, de parler de cul, de cocaïne et surtout, de… « nichons ». « Je peux vous garantir que vous en verrez ce soir, sinon le bassiste vous rembourse » ! 
Le groupe revient enfin à la musique avec « Asian Hooker », puis « Just Like Tiger Woods », avant que Satchel ne regrette qu’aucune jeune femme asiatique ne soit montée sur scène durant le morceau précédent. Qu’à cela ne tienne, une volontaire se dévoue dans la salle, le groupe célébrant l’événement en jouant une version ultra-speed et raccourcie de « Asian Hooker ».
Les danseuses, qui effectuent des allers-retours sur scène, reviennent pour « Friends For Benefit », suivi d’un solo de guitare de Satchel, et du vieux « Death To All But Metal ». Une séquence bien animée, qui bénéficie en outre de la présence d’un inédit à retrouver sur le prochain album, « The Mother’s Day Song », dédié à la mère de Spyder, présente dans la salle. 
Après une courte version de la ballade « 1987 », les Américains proposent un moment intéressant, regroupé sous le générique « Impromptu Song For A Girl ». Une jeune femme court vêtue – short avec bas et soutien-gorge transparent – est invitée à monter sur scène, et chaque musicien improvise (ou fait semblant d’improviser) un petit morceau autour de son prénom, Chloé, sans oublier moult remarques sur son anatomie et suggestions licencieuses. Le tout plutôt bien fait, nous changeant des blagues sempiternellement resservies depuis une décennie, et se concluant bien entendu par un dégrafage du soutien-gorge de la belle. 
Celle-ci se voit ensuite rejointe sur scène par d’autres beautés venues du public, et Lucie Sue elle-même, à l’occasion du traditionnel « 17 Girls In A Row », puis de « Party Like Tomorrow Is The End Of The World ». Chaude ambiance sur les planches ! 
Pour le rappel, les STEEL PANTHER débarquent au son du « Seven Nation Army » des WHITE STRIPES, dont le riff est joué à la basse par Spyder et chanté par le public. Qui apprécie comme il se doit les ultimes « Community Property » et « Gloryhole » durant lequel Starr, affublé d’un chapeau rouge, et en avoir lancé plusieurs à ses copains, en expédie aussi dans la foule, qui les lui renvoie illico. 
Au final, certainement pas le concert de l’année, mais un bon moment de déconnade, parsemé de vrais bon morceaux hair metal. Et dire que ça fait déjà presque vingt ans que ça dure avec la même formule…

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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