1 juillet 2026, 05:16

GUNS N' ROSES (+ MAMMOTH)

@ Paris (Accor Arena)


[NB : aucun photographe média n'était autorisé sur les deux dates de GUNS N' ROSES à Paris]

Qu’on aime ou pas, GUNS N’ ROSES reste un phénomène musical hors du commun. Rares sont les groupes qui peuvent se permettre de monter une tournée mondiale sans nouvel album (rien depuis « Chinese Democracy » en 2008), avec juste comme nouveauté une poignée de singles loin de fracasser les charts. 
Mais l’intérêt se trouve désormais ailleurs. Dans la présence d'authentiques stars aimées du public (Axl Rose, Slash, Duff), dans l’assurance d’entendre de vrais hits historiques, dans la promesse d’assister à un spectacle comme peu de formations de rock en proposent aujourd’hui, avec trois heures de concert, une trentaine de chansons…
Résultat, deux Accor Arena au compteur cette année pour les GUNS à Paris, soit l’équivalent en termes d’affluence de l’unique show à la Paris La Défense Arena de juillet 2023. A ce stade-là, il est clair que les Américains ne se contentent pas des fans absolus et des amateurs de classic rock ou de hard rock à l’ancienne. Ils attirent aussi M. et Mme Toutlemonde, le grand public qui va voir AC/DC ou les ROLLING STONES même s’il ne connait que les tubes, parce qu’au-dessus de la scène clignote « Légendes », et que le compte-rendu du spectacle pourra être partagé dimanche prochain lors du repas familial devant toute la belle-famille. Et c’est tant mieux !
Et tant pis pour ceux qui pensent que GUNS N’ ROSES en juillet 1993, dans ce qui s’appelait à l’époque le Palais Omnisports de Paris-Bercy, et avec le BRIAN MAY BAND en première partie, c’était quand même autre chose ! 
Ce premier concert à l’Accor Arena offre à MAMMOTH, habitué des premières parties françaises (METALLICA, Slash, ALTER BRIDGE), de jouer devant une foule confortable. Quarante minutes pour convaincre, alors que la salle se remplit, et que les lumières restent allumées ! Lucide, Wolfgang Van Halen avertit, après le morceau d’introduction « The End », « pour les gens qui ne nous connaissent pas, on s’appelle MAMMOTH ».
Le son n’est pas formidable, mais le metal moderne et mélodique des Ricains passe bien la rampe, notamment les extraits du dernier album, « The End », comme « The Spell » ou le boogie « Same Old Song ».
« Stone », tirée du premier opus du groupe, bénéficie de nouveaux arrangements, dixit Wolfgang, en fait surtout une intro au piano. 
MAMMOTH ose sur scène la chanson qui ne passera jamais en radio, « I Really Wanna » (ceux qui la connaissent comprendront), et termine avec la profession de foi « Don’t Back Down ». Du bon boulot, de bon aloi avant le premier concert français en tête d’affiche, le 26 novembre prochain au Bataclan de Paris. 
Parlons tout de suite de ce qui fâche, concert après concert, aux prestations de GUNS N’ ROSES.
Le son d’abord, légèrement meilleur qu’à Nanterre il y a trois ans, mais toujours pas au niveau de ce qu’on peut attendre d’un groupe de cette stature.
Et puis la voix d’Axl Rose, qui se dégrade de tournée en tournée. L’homme a certes 64 ans, et il donne régulièrement des spectacles tournant autour des 3 heures.
Mais pourquoi vouloir autant pousser son organe vocal en permanence alors que, sur des passages ou chansons plus calmes, resurgit soudain l’Axl Rose que nous aimons, ses intonations canailles et son phrasé si particulier ?
Le groupe débarque, à peu près à l’heure, à 20h25, sur fond d’images de gyroscope s’emballant de plus en plus. Slash et Duff montent au premier rang, Dizzy Reed délaisse ses claviers pour frapper sur des bongos, et Axl commence à courir partout, sur un « Welcome To The Jungle » où le mix ne met pas du tout son chant en valeur. Le début du show se consacre aux classiques, « Bad Obsession » puis « Mr. Brownstone », avant un inattendu « Chinese Democracy ». 
Axl rejoint ensuite une tente rectangulaire qui mange une partie de la scène à droite, et dont l’entrée est gardée par un cerbère. Notons à côté deux sièges sur lesquels restent assis un homme et une femme dont la présence reste un mystère.
Famille, amis, fans, assistants, coachs de vie quotidienne ?
La tente, elle, semble abriter une véritable garde-robe, puisqu’Axl en ressort à chaque fois avec un nouveau haut. 

La traditionnelle reprise de VELVET REVOLVER, « Slither », balance bien, tandis que « It’s So Easy », on s’en doute, reçoit un accueil du tonnerre. La reprise des WINGS « Live And Let Die » fait rugir la salle, les portables filment par milliers. Ils s’éteignent après en grande majorité pour « Hard Skool », l’un de ces singles que la formation balance depuis quelques années dans une globale indifférence…
La ballade « Yesterdays » calme le jeu, avant une « Estranged » réussie. Et un changement de tonalité total, puisque suit le punky « Think About You », puis le rapide « Double Talkin’ Jive » lors duquel Slash décoche un long solo.
Un Slash plus qu’efficacement secondé par un Richard Fortus discret mais compétent, souvent planqué dans son coin mais s’énervant parfois tout seul, penché sur son instrument. 
L’un des meilleurs moments de la soirée se produit lors de la succession de deux reprises. D’abord, le très heavy « Sabbath Bloody Sabbath », de BLACK SABBATH, joué l’an dernier lors du « Back to the Beginning » évènementiel en hommage à la carrière d’Ozzy Osbourne (et de son groupe originel), dont le portrait apparait d’ailleurs sur l’écran géant. Il n’empêche, une bonne partie du public n’a pas l’air de connaitre le morceau. Ce qui n’est pas le cas du « Knockin’ On Heaven’s Door » piqué à Bob Dylan, qui fait un tabac et que chacun chante à pleins poumons. 
De toutes les nouveautés présentées ce soir, « Nothin’ », avec son gimmick entêtant au piano, s’avère une des plus réussies. Mais à l’applaudimètre, c’est « You Could Be Mine » qui cartonne bien, même si Axl s’amuse à imiter de manière assez gênante une sirène d’alarme au moment des accélérations du morceau. Début acoustique comme il se doit lors de « Dead Horse », illustré sur grand écran avec des images très surréalistes de cheval écorché. 
Le groupe affiche toujours autant de patate – mention spéciale au batteur Isaac Carpenter, qui n’arrête jamais -, mais cela n’empêche pas un certain trou d’air qui dure. « Atlas », nouveauté en ligne depuis 6 mois (en fait, encore une chute studio retravaillée de « Chinese Democracy » qui aurait pu rester dans les placards), passe inaperçue. La version de « Rocket Queen » est méconnaissable, mais se voit sauvée in extremis par un solo au talk box de Slash. La bien speed « Shadow Of Your Love », peu jouée sur cette tournée, sonne très mal. « Perhaps » ne remue pas les foules. « Attitude », reprise des MISFITS chantée par Duff, fait un peu remonter l’intérêt, mais c’est pour ensuite subir « Wichita Lineman », reprise de Jimmy Webb, dont le seul aspect positif réside dans la maîtrise de Slash à la lap steel. 
La fin du concert relève heureusement le niveau, et de fort belle manière. Quelle claque lors de « Civil War » ! Puis de « Sweet Child O’Mine », précédé d’un solo pour une fois pas trop long de Slash. Bon, le groupe casse un peu l’ambiance en plaçant ici une dernière nouveauté, « The General » et ses passages presque trip hop, dans le lot. 
Qu’importe ! Le final remet les pendules à l’heure de fort belle manière. Qu’en en juge. D’abord « November Rain », qu’Axl joue au piano assis sur le siège d’un moto dont on a enlevé le guidon ( !). Puis « Catcher In The Rye », bien interprété ma foi, suivi d’un « Nightrain » précédé d’un bon vieux coup de klaxon ferroviaire. Et c’est Slash, qui d’autre, qui lance l’ultime « Paradise City » dans une ambiance de folie. 
« On ira tous au paradis », chantait Polnareff il y a bien longtemps. En cette fin de concert des GUNS N’ ROSES, c’est bien le cas. Pour autant, reviendrons-nous lors de la deuxième prestation parisienne des Américains, ce vendredi ? Pas sûr…

Blogger : Michel Valentin
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