Avis aux oreilles amatrices de musiques lourdes porteuses de rêveries légères : le premier EP du groupe franco-britannique FANCHON est arrivé le 10 juillet. Composé de cinq titres et trois interludes, sa musique entre shoegaze et post-grunge est faite pour guider les insomnies et les vagabondages nocturnes.
Malgré son nom, FANCHON ne prospère pas (encore) en France. Composé de Fanchon Dehillotte (chant, guitare), Frazer Holloway (guitare lead), James Burns (guitare, synthés), Jake Lane (basse) et Dan Crossley (batterie), le groupe est un quintet depuis moins de deux ans. D’abord centré sur la frontwoman et ses textes poétiques, le groupe évolue désormais dans les salles de concert britanniques où la combinaison d’une musique lourde et d’un univers onirique, mélodique et éthéré a conquis les oreilles. Le mélange n’est pas nouveau mais il est rare qu’il soit fait avec autant de puissance et d’équilibre.
Alors qu’on pourrait s’attendre à une certaine forme d’apaisement, les guitares hurlent jusqu’à nous engloutir dès "Idle". Le ton est donné : FANCHON n’est pas là pour nous bercer. Pourtant, grande est la tentation de se laisser porter par la voix dont la douceur est proche de celle de Lana Del Rey à la période "Video Games". Parfois délicate, toujours harmonieuse, la voix de la frontwoman nous guide dans le mur de son composé par les instruments, tel un feu follet dans une forêt peuplée de fantômes ("Ghost") qui avance jusqu’à la lumière ("Heaven, Unfamiliar").
Entre les cinq titres se trouvent trois interludes plus expérimentaux dans lesquels le groupe teste d’autres sonorités plus électroniques et presque proches d’un indus calme ("Exhale / Resuscitate"). De quoi laisser présager des développements intéressants pour les prochaines compositions du groupe. À la fois vulnérable et massive, la musique de FANCHON laisse une empreinte en forme de fleur en dentelle : douce mais plus solide qu’il n’y paraît.