Et voilà, c’est officiel : la fin de la trilogie « A Dark Poem » est bien là. C’est avec un brin de nostalgie que cette chronique est rédigée car si « The Messiah Complex » la clôture avec toute la grandeur méritée, il met fin à une grosse année de découverte de nouvelles chansons d’un GREEN CARNATION au sommet de sa forme, toutes aussi majestueuses les unes que les autres et on commençait à s’y habituer ! Il va falloir maintenant attendre quelques temps avec un prochain album. Mais restons positif car vient maintenant le moment des lives et surtout la présentation des quatre nouveaux titres.
« The Shores Of Melancholia » et « Sanguis » sont deux albums d’une richesse rare, telle qu’évoquée plus tôt. Avec « The Messiah Complex », ils prennent une autre dimension encore. Non loin d’être uniquement le dernier volet, il est aussi la clé à notre écoute, tant au niveau musical que des paroles. « The Messiah Complex », c’est la fin de l’histoire mais également son dénouement, une étincelle de génie. Pour celles et ceux d’entre vous qui ont la ref, on est ici autour du mythe d’Ophélie dans le poème d’Arthur Rimbaud. Pour les néophytes, comprenez la complexité de l’album, autour de l’Amour, le romantisme, la folie, la mort tragique. On est au cœur de la mélancolie, on est au paroxysme de la beauté. Dès les premières notes de clavier de "Unconditional Artificial Chemistry", l’atmosphère est ancrée : onirique et émouvante. Le titre est le lien parfait avec "Sanguis", sombre, avec des vocaux expressifs, progressif et au refrain accrocheur. Ses six minutes sont majestueuses de mélodie.
"The Messiah Complex" nous propose la voix suave du crooner Kjetil Nordhus, d’une technicité sans pareille mais surtout d’un feeling qui donne la chair de poule. Tout en douceur, tout en nuances mais non dénué d’une belle énergie, c’est un morceau à vivre, à comprendre, subtil et envoûtant.
"Broken Souls, Common Enemies" est plus heavy, plus brute, plus orchestrale aussi mais elle fait preuve également d’une réelle profondeur, reflétant la synergie dans la dualité. Les deux côtés d’une même médaille, le yin et le yang qui sont la Vie résumés dans la phrase « Who are we without the broken parts ? ». Et l’arrivée de la flûte d’Ingrid Ose, le solo de guitare qui viennent littéralement emporter notre âme, nous élever : comment ne pas être ému, aux larmes presque ? Sans aucun doute, c’est LE morceau de la trilogie.
Mais comme si cela ne suffisait pas, GREEN CARNATION n’en reste pas là. C’est avec une suite orchestrale de seize minutes que le groupe nous montre à quel point ce sont des Artistes. C’est donc avec l’orchestre symphonique de Kristiansand et son chœur que se termine « The Messiah Complex ». Reprenant le thème d’Ophélie et la mélodie GREEN CARNATION, l’ensemble de cette composition monumentale nous présente une fin tragique, sombre mais magnifique. Un tel final ne se décrit pas, en tous cas, j’en serai incapable, il s’écoute, il se vit, il se ressent.
Vous l’aurez compris, « The Messiah Complex » est plus qu’un album de GREEN CARNATION. Il est plus que le troisième volet d’une trilogie. Il en est le lien qui en tisse le sens complexe, lui aussi. Mais il est surtout, avec ses deux prédécesseurs une œuvre majeure dans la discographie du groupe. Il est une œuvre majeure de la scène metal. Il est une œuvre majeure. Point.