
Treizième édition, année porte-bonheur pour le Xtreme Fest ? Une année placée sous le signe de l'adaptation, quelques mois après la fermeture du lac de Cap Découverte. Un manque pour les festivaliers auquel les organisateurs ont décidé de répondre par un nouvel aménagement du site (on appréciera notamment la fin des fouilles entre les stands et la Family stage), mais surtout en programmant désormais le coup d'envoi des concerts dès 14h30. Tout juste le temps de planter la tente donc, qu'il est déjà l'heure d'aller écouter les derniers instants des locales de BIMORPH sur une Estafette qui retrouve sa place initiale après un an complètement à l'opposé du site. Juste à temps pour apprécier les derniers instants de cette douce entrée en matière au son du violoncelle, sous les yeux du crocodile géant qui veille sur le site.

Dans un festival qui ne propose qu'un seul concert à la fois (bien pratique pour s'éviter des choix cornéliens), vient ensuite le moment du premier mouvement collectif vers la Family stage, pour les premiers pogos du week-end devant LAFAYETTE. L'occasion de remarquer les nombreux t-shirts de SICK OF IT ALL, quelques jours après la disparition tragique de Lou Koller. Entre deux passages tendant davantage vers l’électro et un temps plus calme sur ''Forever Yours'', les Lyonnais offrent une belle empoignade grâce à leur dynamisme sur scène. Le tour de l'Hexagone se poursuit ensuite avec EIGA. Direction Montpellier pour toujours plus de sonorités metalcore et une autre formation émergente de la scène française. Pour le plus grand bonheur des grands... et des petits, tant le Xtreme accueille une nouvelle fois de nombreux enfants. Une illustration supplémentaire de la bienveillance qui règne dans un festival qui cultive sa différence. D'ailleurs, en parlant de groupe français à la notoriété grandissante, impossible de ne pas citer REVNOIR. Le quatuor est bien présent pour continuer à surfer sur la vague et continuer de gagner les cœurs.



Des cœurs que GRANDMA'S ASHES ont déjà conquis depuis plusieurs années grâce à leur rock émotif et travaillé, porté par leur univers semblable à aucun autre. Présentes au festival pour la première fois, ravies d'enfin avoir la chance de venir, les trois jeunes femmes offrent un spectacle tout en contrastes entre phases d’accélération et screams bien sentis. Sans transition, place ensuite à l'OVNI DEEZ NUTS, premier groupe venu de l'étranger. « Vous préférez de nouveaux morceaux ou des vieux ? » La question est bien sûr piège puisque JJ Peters et ses acolytes sont bien décidés à jouer des deux pour faire vibrer Cap Découverte. Le frontman s'offre même une petite descente à la barrière, n'hésitant pas à laisser le micro parcourir la foule, histoire de vérifier qui maîtrise les lyrics. De quoi faire grimper encore un peu plus l'ambiance, alors que se profile déjà le premier set dans la Cage. Une tradition du Xtreme à laquelle SOUTH SIDE FURY entend bien faire honneur. Habituée à ce genre de joute, la structure en fer en prend une nouvelle fois pour son grade sous les coups de boutoir du hardcore des Perpignanais. Tout y passe, en particulier le grand classique du circle pit autour de la cage circulaire pendant ''Dog Fight''. À tel point que la caisse claire finit par lâcher prise, obligeant tout ce beau monde à cesser temporairement les hostilités. Dommage, mais heureusement un remplacement express de matériel nous offre une dernière chevauchée enragée pour la route.



Comment définir le projet BRAT ? Un groupe de grindcore venu de la Nouvelle-Orléans et porté par l'impressionnante Liz Selfish. Des intros de chansons sur ''Everytime We Touch'' de CASCADA ou autre hits du genre, avant de basculer vers bien plus de violence. Un mélange pour le moins étrange mais qui fonctionne tout à fait bien. Un spectacle d'autant plus décontenançant quand la fronwoman s'éclipse quelques instants pour revenir déguisée en manslayer, costume et grosses lunettes noires. Un déguisement en guise de promotion du prochain album, prévu pour septembre, et qui donne une ultime touche d'originalité à l'ensemble. Probablement pas aussi déroutant mais non moins efficace, GUILT TRIP vient ensuite démontrer toute sa montée en puissance. L'un des tubes de l'été à titre personnel, après avoir remplacé les frères Cavalera au pied levé du côté du Hellfest. Les Anglais viennent délivrer leur hardcore dans le sud de la France. L'illustration également du chemin parcouru par la bande, qui avait déjà fait le trajet en 2024 pour secouer la Cage. Cette fois, Jay Valentine peut ouvertement appeler le public à submerger la sécurité de slameurs et sauter aux quatre coins d'une scène à la hauteur de l'ampleur prise par sa bande.


BPM élevés toujours, c'est à COLD STRESS que revient la tâche de conclure cette première journée sur l'Estafette. Les Bayonnais s'en donnent à cœur joie pour faire bouger tout le monde à grands coups de riffs balancés en pleine figure. Avec au passage un petit mot pour le lac disparu, en connaisseurs du festival. Pas le temps de sécher sa petite larme qu'il est déjà l'heure de se masser devant la Family stage pour apercevoir RISE OF THE NORTHSTAR. Vithia and co sont particulièrement attendus, à en juger par la queue devant leur stand de merch tout l'après-midi et la foule déjà massée devant les barrières. L'ambiance est à son paroxysme pour s'émerveiller devant les mimiques du leader de la troupe – et surtout le voir interpréter ''Falcon'', ''Neo Paris'' ou encore ''Payback'', autant de titres issus de « Chapter 04 : Red Falcon Super Battle ! Neo Paris War ! », le dernier album sorti en 2025. L'ascension de l'étoile se passe bien. Une conclusion dans l’effervescence, même s'il n'est pas tout à fait l'heure de retrouver son matelas (gonflable). Comme toujours au Xtreme, la soirée s'achève par un DJ set en plein cœur du bowl du skatepark, histoire de poursuivre la fête. Et pour ce premier soir, c'est HUGUITO qui s’attelle à faire danser les festivaliers jusqu'au bout de la nuit.
