
À défaut de mission baignade au lac, il faut donc s'occuper au camping en attendant la reprise des hostilités. Petit déjeuner, transat' à l'ombre et lecture : le temps passe vite quand on s'amuse. Surtout lorsque l'on se projette sur le très alléchant programme qui nous attend dès le début d'après-midi. Rejoindre le site du festival tôt permet également de participer aux différents quiz organisés sur les stands ou encore de tenter sa chance chez les Frères Jelouch (sorte de tir à la carabine de fête foraine version jet de chaussures en pleine face d'un pauvre personnage). Pour ce qui est des concerts, ce sont les locaux de MISSING NO. qui ont pour mission de lancer les hostilités, dans leurs accoutrements militaires. Habitués du festival en bons voisins, les Castrais proposent un metalcore bien décidé à filer droit au but. Et n'hésitent pas à prendre clairement position, comme sur le sujet des violences sexistes et sexuelles, avec des paroles très directes. L'occasion également pour la jeune bande de faire découvrir son dernier single en date, ''Take Me'', devant un public ragaillardi par cette entrée en matière.

Moins violent, place ensuite à FALLEN LILLIES, qui font leur apparition sur la Family stage au son de ''Milord'', d'Edith Piaf. Comme chez elles à Cap Découverte (Hélène Schmitt et sa bande avaient déjà fait vibrer la Cage en 2023), les quatre musiciennes délivrent une ode au rock and roll et à la fête. À la votre ! « Enfile ton p'tit costume de baston ! » La consigne nous est donnée par SEVERANCE, tout heureux de voir le Xtreme danser sous la pluie (dans le respect d'autrui, bien sûr). Le hardcore envoyé par les Basques secoue son monde au cœur de l'après-midi, histoire de s'assurer que personne ne se rendorme. Sud-ouest toujours, SIDILARSEN vient dans la foulée nous délivrer ses messages de paix et d'espoir (et de politique, appelant à ne pas voter pour le RN avec le slogan « Rage against fascism ». Merci pour ça.). Aimons-nous les uns les autres, faisons-nous des câlins (et deux-trois coups d'épaule, on a le droit ?) Surtout que de toute façon, ''ON VA TOUS CREVER''. Alors en attendant, autant vivre d'amour et d'eau fraîche.



On poursuit les détours musicaux en ce deuxième jour de festival avec GRAVEKVLT, qui comme son nom l'indique laisse moins d'espace à l'innocence et la candeur dans ses compositions. Place à quatre jeunes tatoués venus balancer leur black tirant parfois vers le death cheveux au vent sans vraiment faire de concessions. Redescente sur Terre immédiate avec un brin d'originalité bienvenue au cœur de ces trois jours majoritairement consacrés à d'autres genres des musiques extrêmes. Un peu d'extravagance mais pas trop quand même, la programmation retrouvant vite de bonnes vieilles habitudes avec SLOPE, déjà venu dans ce petit coin de l'Hexagone en 2023. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les Allemands maîtrisent les variations de tempo, avec une ambiance qui grimpe très haut, avant de passer par des passages plus planants au cœur de leur set. Avant de donner rendez-vous en octobre au Petit Bain à Paris, Simon Blümel nous gratifie d'un joli geste technique, à base de jet de micro en l'air le temps d'un joli move de two-step.


Pourquoi choisir la voie diplomatique quand on peut tout casser ? Voici à peu près comment l'on pourrait résumer la philosophie de SPLIT, qui prend le relais depuis la Cage. Marvin Borges-Soares en veut à la Terre entière, et compte bien le lui faire savoir. Et nous revoilà partis dans une bagarre générale, où les slams ne vont nulle part faute de crash barrière et où les coups de coude se font plus intenses. Moment choisi par le groupe pour nous faire part de ses galères, privé de tourneur. « Mais on n'en a rien à foutre ». Nous voilà rassurés. Difficile de passer après une telle décharge cathartique, mais FALSE REALITY est bien décidé à démontrer qu'avant de profiter de cette soirée dédiée aux légendes du genre, une belle relève répond déjà présent pour porter la scène hardcore. Entre deux envolées, Rachel Rigby rend d'ailleurs hommage à BIOHAZARD, qu'elle et ses acolytes auront enfin l'occasion de voir en pleine tournée (depuis le côté de la scène). De son côté, le public se fait un malin plaisir à démontrer qu'en France aussi, on sait mosher.


Au cas où certains auraient manqué l'info au cours des 40 dernières années, AGNOSTIC FRONT s'appliquent à rappeler leurs origines new yorkaises dès leur montée sur scène au son de ''New York, New York'' de Frank Sinatra. Le coup d'envoi d'une heure d'euphorie collective pour un festival tout heureux d'apercevoir ces figures iconiques. Particulièrement en forme, Stigma grimpe sur la foule pour se faire encercler par un énième circle pit dépassant les limites de la halle abritant la Familiy stage, avant de prendre le micro pour chanter ''Power'' lui-même. Une jolie plongée dans l'histoire du hardcore. Il nous faut alors patienter avant la deuxième lame avec un nom bien connu aux quatre coins de l'Hexagone : LOFOFORA. La recette est éculée, les positions – plus que louables – on les connaît (bien que parfois exprimées de manière pour le moins étrange) et la seule petite surprise du set restera ce pogo 100% féminin réclamé par le groupe.

Les Franciliens font ensuite place nette pour la venue des très attendus BIOHAZARD, histoire de poursuivre sur cette thématique des pionniers. Les larrons débarquent sur scène bière à la main, prêts à en découdre. Et à présenter leur dernier album, « Divided We Fall », avec pas moins de quatre nouveaux titres interprétés pour notre plus grand plaisir. Billy Graziadei terminera même à jouer debout sur la foule, parce que pourquoi pas, après tout. Comme plusieurs groupes avant eux, les gars de Brooklyn dédieront également leur show à Lou Koller, décidément présent dans toutes les têtes tout au long du week-end. Un ultime exutoire pour conclure une deuxième journée forte en émotions. Enfin conclure... Pas tout à fait, puisque comme chaque soir sur les terres du Xtreme Fest, rien n'est jamais vraiment terminé avant le DJ set final, cette fois proposé par MILOZEKITCH. Après, seulement, on a le droit d'aller se coucher.
