Avec plus de vingt années d’expérience et déjà sept albums dans sa besace, le clan bordelais est l’un des piliers incontournables de la scène death metal hexagonale. Et comme se plaisait à l’expliquer le bassiste Benoît Claus dans l’interview accordée à HARD FORCE il y a deux semaines : « Certes, la musique est ici plus progressive, mais elle est le fruit d'une discussion sans prise de tête. C'est le résultat d'une évolution naturelle qui reste fondamentalement du GOROD, c'est l'essentiel. »
Et sur ce point, on ne peut pas lui donner tort. On retrouve en effet ici tous les éléments qui font le charme de la formation depuis de nombreuses années. Si le death metal technique et racé, véritable marque de fabrique du groupe, est toujours bien présent, « The Ember Gone » témoigne d'une réelle évolution, s'éloignant quelque peu de ses racines traditionnelles pour explorer un style plus progressif. A ce titre, l'album regorge de prouesses techniques, d'une grande profondeur mélodique et d'un univers expressif qui réussit le tour de force de préserver l'essence de leurs premiers travaux. Il ne s'agit en aucun cas d'une relecture appliquée de « The Orb » et ces nouveaux morceaux débordent d'une ambition exploratoire et d'enchaînements d'une haute complexité instrumentale.
Déployant une atmosphère remarquable et une dose d'émotion bien supérieure à ce que le death metal technique parvient généralement à offrir, « The Ember Gone » capte l'attention de l'auditeur par sa pure qualité. La musique y est mélodique et précise, riche en éléments axés sur l'ambiance ("Forgiveness", "Regret" ou encore le finisher "Remains" en sont de parfaites illustrations). C'est une œuvre d'une grande richesse texturale, empreinte d'un sentiment profond et remarquablement aboutie, qui parvient à équilibrer complexité et accessibilité.
Il est clair que GOROD a opté pour une orientation ici nettement plus virtuose. Une grande partie de la durée du disque étant consacrée à une écriture évocatrice et à des démonstrations techniques. L'album manquera peut-être, pour certains, un peu de ce mordant brut et affûté qui rendait « The Orb » si accrocheur. Cependant, les amateurs de technicité et de diversité salueront ici sans hésiter cette prise de risque. J’en suis.