
1000MODS a joué à Paris, à la Maroquinerie, il y a à peine un an et demi. Le groupe grec de stoner fait néanmoins le plein ce lundi soir au Trabendo, donc dans une salle presque deux fois plus grande. Une récompense méritée pour la formation, qui n’a jamais négligé la France - elle propose aussi plusieurs dates en province cette année -, et aligné les albums de qualité depuis sa naissance, dont le très bon dernier en date, « Cheat Death » (2024).
Deux premières parties au programme : GRIM RHYTHM, formation française de metal instrumental dont nous ne voyons hélas pas la prestation, et FRENZEE, du punk australien. Ou australo-grec, faudrait-il préciser, car ce trio emmené par une jeune femme accompagnée de ses deux frères, batteur et guitariste, trouve ses origines en Crète.
En tout cas, leur punk/hardcore, déjà entendu l’an dernier en ouverture de… 1000MODS, a tout pour s’exporter internationalement, surtout grâce à la chanteuse, Apollonia Xylouris. Un vrai phénomène sur scène qui, non content de brailler avec une puissance dévastatrice, ne tient pas en place, hèle la foule, court partout, saute, et va même slammer tout en continuant à pousser sa gueulante au micro ! FRENZEE, on aime ou pas, mais on s’en souvient, c’est sûr !
La furie hellène se poursuit sur les planches avec l’arrivée de 1000MODS, un peu après 21 heures, et l’obligatoire « War Pigs » de BLACK SABBATH diffusé dans les enceintes. Le combo prend d’assaut la foule, dans une ambiance déjà torride, avec son hymne à la glisse, le furieux « Electric Carve », prolongé sans transition par le non moins véloce « Claws ».
Le chanteur et bassiste, Dani G., débarqué en short, porte sa basse très bas, à la Joey Ramone, une manière de jouer toujours étonnante. A ses côtés, ça défouraille sévère, et serait-ce bien Giannis S., membre fondateur qu’on croyait occupé ailleurs, qui serait de retour pour la tournée, guitare en main ?
Le quartette poursuit son entreprise de destruction sonique via un son bien adipeux comme l’aurait aimé feue Maïté « le gras, c’est la vie ». Et comme de « gras » à « pesant », il n’y a qu’un pas, les Grecs le franchissent avec le bien heavy « Road To Burn », entamé comme il se doit par quelques notes de basse.
Trois morceaux à peine, Dani dégouline déjà de sueur, et part s’éponger. Il s’enquiert aussi, après « Loose », de notre état de santé, « vous êtes vivants ? », alors qu’il voit bien que les slammers se déchainent comme jamais, tandis que, et ça c’est moins drôle, des gobelets de plastique voltigent régulièrement des deux côtés du public.
Au bout d’un moment, 1000MODS se dit qu’il va bien falloir commencer à défendre son dernier disque. Ca commence par l’excellent « Overthrown », que BLACK SABBATH aurait pu composer, et se poursuit, après le mastodonte « Above 179 », par un « Götzen Hammer » durant lequel le chanteuse de FRENZEE vient de nouveau faire souffrir son micro.
Dani annonce enfin un morceau pour la première fois, privilège réservé à « Cheat Death », suivi d’un « Speedhead » très… MOTÖRHEAD (même attaque à la basse saturée, même speed rythmique) précédé du psychédélique « Low ». Psy, l’autre mot clé de l’abécédaire du groupe, et une atmosphère qu’on retrouve dans le dernier morceau avant le rappel, « Into The Spell », conclu par Labros G. seul sur sa batterie, alors que ses acolytes ont quitté la scène un par un.
Deux classiques illuminent le rappel, tous deux issus du séminal « Super Van Vacation » (2011) : l’alerte « El Rollito », et surtout « Vidage » (ni de cave, ni de grenier, ni de la salle, bien au contraire), et son irrésistible gimmick à la guitare, l’un des hymnes absolus du desert rock, qui mobilise une dernière fois slammeurs et public tenant à son intégrité physique.
Il est déjà 22 h 30 et temps de replier les gaules. Dommage, quelques concerts lors de cette tournée ont ajouté un ou deux titres à la setlist, dont « Warped », extrait du seul album non représenté ce soir, l’étonnant écart grunge « Youth Of Dissent » (2020). Peut-être la prochaine fois ?