17 septembre 2026, 23:59

JUDAS PRIEST + NEVERMORE

@ Paris (Zénith)


Sitôt arrivé à la station de métro Porte de Pantin, on sent que l’atmosphère a un peu changé. Dans la rame, de nombreux t-shirts se dirigent vers la même sortie. « Point Of Entry », « Nostradamus », « Painkiller », « British Steel », « Invicible Shield », etc. Quelques t-shirts NEVERMORE sont également visibles. Tout ce beau monde va vers le Zénith de Paris, le jeudi 17 septembre, pour assister au concert des patrons du british heavy metal JUDAS PRIEST pour lesquels les Américains NEVERMORE ouvrent pendant la tournée européenne. Retour sur une soirée riche en émotions, en acier et en puissance.

Deux catégories se distinguent dans le public au moment où NEVERMORE monte sur scène : les fans de longue date qui ne tardent pas à chanter les paroles de chaque chanson et les autres, soit les personnes qui n’ont pas encore eu l’occasion de voir à quel point le quintet est redoutable en live. Reformé en 2024 et neuf ans après la mort du chanteur Warrel Dane, NEVERMORE compte encore Jeff Loomis (guitare) et Van Williams (batterie) comme membres originels. Désormais entourés de Berzan Önen (chant), Jack Cattoi (guitare) et Semir Özerkan (basse), ils offrent, ce soir, une prestation riche en heavy metal, en thrash et en power très convaincante. La set-list ne comporte que huit titres dont la plupart sont tirés de l’album « Dead Heart In a Dead World » mais impossible de ne pas hocher la tête en rythme dès les premiers riffs de "Narcosynthesis" ou de ne pas applaudir face à la prestation de guitare sur "My Acid Words".


Le système son de la salle est réglé pour faire trembler le public et même les gradins du Zénith ne résistent pas aux riffs et blast-beats de batterie. Nul ne peut résister non plus à l’admiration devant les longues chevelures des quatre hommes se déplaçant sur scène, devant l’estrade sur laquelle est niché le batteur. Mais cette admiration n’aurait pas lieu d’être si la prestation du groupe n’était pas aussi remarquable. La voix de Berzan Önen s’épanouit en longues notes puissantes et graves et Jeff Loomis n’a rien perdu de sa dextérité, en témoigne le solo du titre "The River Dragon Has Come". L’émotion culmine quand le groupe demande au public d’allumer les lumières des téléphones portables, briquets et autres lampes torches pour rendre hommage à Warrel Dane avec "The Heart Collector". Après les trois derniers titres, NEVERMORE quitte un Zénith toujours pas rempli, la plupart des spectateurs et spectatrices se réservant pour la tête d’affiche de la soirée, mais dont le public a pu chanter et vibrer au son de sa musique qui n’avait plus été entendue sur scène depuis 2011.


Pendant l’entracte, l’installation de la bannière dissimulant la scène accapare l’attention du public demeuré dans la salle. Absolument immense, elle comporte le logo des Britanniques entouré de nombreuses vignettes faisant référence à douze des dix-neuf albums du groupe. De quoi mettre l’eau à la bouche avant un concert qui s’annonce exceptionnel. Avant que la bannière ne tombe pour révéler les cinq membres du groupe, "War Pigs" résonne dans le Zénith afin de rendre hommage à une autre figure tutélaire du metal britannique. L’émotion est palpable, le suspense est à son comble et, enfin, la bannière tombe.

Les cinq fantastiques de JUDAS PRIEST commencent un concert riche en lumières multicolores, chansons connue de toutes les oreilles, multiples vestes extraordinaires et animations vidéos des pochettes d’album. C’est le désormais classique "You’ve Got Another Thing Comin'" qui ouvre le bal sur fond d’extraits vidéos montrant des ouvrières se rendant au travail. Pour cette chanson, Rob Halford arbore un blouson en cuir orné d’un patch sur lequel figure une chaîne sur fond noir, blanc et rouge. Déjà sur ce titre, la voix du frontman tient les aigus comme on n’osait plus l’espérer pour un homme de 75 ans. C’est sur "Breaking The Law" que le public montre de quoi il est capable : pendant le refrain, les cris résonnent en réponse aux riffs des guitares de Richie Faulkner et Andy Sneap.


Les lumières et animations étaient déjà remarquables sur les premiers titres mais dès "The Sentinel", elles deviennent éblouissantes : les lasers, très utilisés pendant tout le concert, prennent des teintes arc-en-ciel et, grâce à la magie des machines à fumée, sont visibles jusqu’au fond de la salle. Il y aurait presque de quoi confondre les cinq hommes avec des Leprechauns tellement la soirée ressemble à un trésor qu’on cherchait depuis longtemps.

Sur scène, les musiciens se déplacent : Rob Halford s’approche des deux guitaristes, se place parfois entre eux pour bouger au rythme de la musique comme pendant "Breaking The Law", ou bien ce sont les guitaristes qui se rapprochent de l’estrade sur laquelle se trouve Scott Travis pour souligner son jeu de batterie impressionnant de dynamisme. En revanche, l’un des membres reste immobile tout au long du concert : Ian Hill, stoïque, assure parfaitement sa part sans chercher à interagir avec le public ou avec ses camarades de scène.


Tout au long du concert, quelque chose change régulièrement : la veste de Rob Halford. À peine le temps de se rendre compte qu’il porte un manteau de cuir noir qui descend jusqu’à mi-cuisse sur "Lightning Strike" qu’on s’aperçoit qu’il l’a troqué pour une veste plus courte, ornée du logo du groupe cousu de sequins argentés pour "Turbo Lover". On est vite dépassé.e en tentant d’imaginer la taille de la loge qui abrite tous les vêtements de scène du frontman. Plus fashionista, tu meurs, mais c’est aussi pour ça que les concerts de JUDAS PRIEST ne ressemblent pas aux autres.

Pour ménager une courte pause aux musiciens avant d’attaquer la dernière ligne droite du concert, Rob Halford s’improvise professeur de chant avec le public du Zénith. Après quelques vocalises, on se dit que si tous les enseignants avaient un look aussi splendide que le sien, le pays serait peuplé d’élèves qui rêveraient de chanter dans un groupe de heavy metal. Juste après, "Panic Attack" relance les hostilités et voit des nuages rouges peupler les écrans tandis que les projecteurs se braquent sur Scott Travis.


Vient ensuite le temps du fan service : attendu de tout le public, "Painkiller" arrive enfin. Les écrans affichent alors les paroles pour que tout le monde puisse chanter pendant que Rob Halford arbore, cette fois, un long manteau noir aux manches ornées de longues franges. Les aigus sont tenus, le chant est bon mais il en faut toujours plus : le dernier refrain est orné d’un growl du frontman aussi impressionnant qu’inattendu. Pour le rappel, le groupe reprend trois titres. Après "Electric Eye", le public commence à penser à l’indispensable de JUDAS PRIEST qui n’a pas encore fait son apparition ce soir : la moto que chevauche habituellement Rob Halford. Aussitôt demandé, aussitôt fait : le frontman roule sur scène, une cravache entre les dents et une casquette en cuir sur la tête pour "Hell Bent For Leather". La bucket-list est finalement cochée lorsqu’il arbore une veste en Jeans ornée de nombreux patches pour le dernier titre de la soirée : "Living After Midnight". Sur l’écran central, le logo du groupe surmonte la scène. Après quelques remerciements prononcés en français, le groupe salue le public qui le remercie chaleureusement pour le magnifique concert qui vient d’avoir lieu.


Photos © Benjamin Delacoux - Portfolio

Blogger : Ivane Payen
Au sujet de l'auteur
Ivane Payen
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK