Treizième album pour les Suédois AMON AMARTH qui reviennent avec leurs épées bien affutées et en ordre de bataille. Si les quelques récents albums ont pu quelque peu décevoir les fans de la première heure malgré de réelles qualités musicales et esthétiques, « The Allfather Awakens » pourrait permettre au groupe de death metal mélodique de séduire de nouveau les inconditionnels de la période fin des années 90, début des années 2000. On a ici à disposition dix titres qui nous font passer par le Ragnarök, font l’éloge d’Odin et son fidèle Sleipnir, nous emmènent en conquête des mers ou plus mystiquement, nous racontent les légendes des géants et des Dieux. Si le rythme y est intense, les morceaux sont aussi savamment travaillés pour en faire des hymnes de stades mais pas seulement. Cette fois, AMON AMARTH fouille plus profond une musique virile mais pleine de feeling.
Quand le son de "Gjallarhorn" résonne, on sait que le monde ne sera plus jamais le même. L’heure du crépuscule a sonné et avec elle, un tourbillon de blasts, des guitares ciselées et un refrain a entonné par une foule en délire dans des festivals remplis de casques à cornes. Efficacité AMON AMARTH pour commencer. Le mélodique "Eight Legs Of Thunder" met en valeur les growls caverneux de Johan Hegg. Heavy, cadencé, le single extrait est implacable.
La puissance augmente d’un cran avec le très death "Kvasir’s Blood" sensé donner une âme de poète à celui ou celle qui le boirait. On est loin de la poésie même si le côté mélodique reste de mise. C’est une chanson plutôt brutale dans l’ensemble et une vraie valeur ajoutée à l’album. "We Rule The Waves" et son refrain entêtant « We are vikings and we will never be slaves » devrait être le morceau phare de la prochaine tournée. Complètement addictif, presque stéréotypé mais tellement bien composé qu’on ne peut qu’adhérer... sans jamais s’en dépêtrer.
L’excellentissime acoustique "Upphaf" donne une dimension nouvelle et appréciable à AMON AMARTH, une sensibilité emprunte de nostalgie totalement en adéquation avec le monde qu’ils décrivent. Le son des guitares, les chœurs, les rythmes tambourinés sont une plongée dans un temps reculé mais rassurant. Quand folk rime authenticité, ce n’est que du bonheur.
Puis de nouveau, c’est un gros death metal qui prend le relai avec "Die With A War Cry" saisissant, percutant, inquiétant même avant le retour d’Odin sur "Raven God" et son son typique des premiers albums d’AMON AMARTH, en un peu plus atmosphérique peut-être.
Si l’ultra moderne "The Allfather Awakes" devrait partir à la conquête d’un public nombreux, il se trouve étonnamment fade et classique par rapport à d’autres morceaux plus riches de l’album. C’est la seule déception pour un titre éponyme. L’intrépide "Odin’s Hunt" redonne heureusement de l’énergie épique à cette fin d’album avec des riffs rapides et des rythmes blastés sur mélodies épiques. Enfin "Ascending Like An Eagle" clôture « The Allfather Awakens » grâce à un réel appel aux armes de plus de six minutes grâce à une belle force mais surtout une bouffée d’air frais qui vient nous saisir sur le champ de bataille. Un final appréciable.
AMON AMARTH a dominé le style pendant trente ans, avec des hauts et des bas. Il est remarquable de voir à quel point avec « The Allfather Awakes », le groupe revient plus fort et plus armé que jamais pour la conquête de son public, nouveau comme ancien. Les vikings sont à la conquête du monde, de tout le monde.