1 octobre 2026, 23:58

THE DEVIL AND THE ALMIGHTY BLUES (+ SKYJOGGERS)

@ Paris (Backstage By The Mill)


Un Trabendo blindé jusqu’à la gueule lundi soir, un Backstage By The Mill peinant à atteindre la centaine de spectateurs trois jours plus tard… Cette semaine, les amateurs de stoner et de fuzz ont clairement fait leur choix, préférant 1000MODS à THE DEVIL AND THE ALMIGHTY BLUES. 
Il faut dire que le dernier, combo norvégien, reste un des secrets les mieux gardés du pays des amateurs de steak de renne. A peine trois albums en une décennie, et le prochain attendu pour l’année prochaine même si un single d’une dizaine de minutes, « Lie To Me », est déjà disponible. Côté concerts, même disette, avec seulement deux shows déjà effectués en France. 
Mais la quantité n’est pas au rendez-vous, c’est tout le contraire côté qualité. Chacun des trois opus de THE DEVIL AND THE ALMIGHTY BLUES – leur nom est facile à retenir, le premier porte un titre éponyme, le deuxième s’appelle « II » et le troisième « Tre » - relève du haut du panier, avec leur étonnant mélange de stoner, de rock psyché et puis aussi, vu le nom du groupe, de blues puissamment électrifié. 
Pour les accompagner lors de leur périple européen, les Norvégiens ont choisi des Finlandais, SKYJOGGERS, un autre combo pour le moins insolite. Pas que pour sa musique, un stoner/doom psyché et très largement instrumental, aux longs morceaux grevés de solos de guitare d’un certain Alexi Belle, mais aussi pour sa présence scénique. Le six-cordistes, bien maquillé, et son bassiste, Juan Rico, arborent des mulets de compétition, et ont opté ce soir pour le short en cuir. Leur batteur, Gabo Sabor, se limite lui en termes d’esthétique queer à une fine et élégante moustache. 
SKYJOGGERS ne propose que trois morceaux – mais on n’est pas très sûr du décompte, vu les intros et conclusions à rallonge – durant une cinquantaine de minutes, mais ces dignes émules de HAWKWIND et MONSTER MAGNET séduisent le public présent. 
Nous ne serons pas beaucoup plus précis concernant la setlist de THE DEVIL AND THE ALMIGHTY BLUES. La transition d’un morceau à l’autre n’est pas forcément très marquée, d’autant que les musiciens adoptent souvent une stratégie prisée des jam bands : commencer un titre en bidouillant sur son instrument, voire en le réaccordant, puis chacun entrant petit à petit dans la danse. Ou la transe, c’est selon… Comme celle qui saisit musiciens comme spectateurs lors du colossal enchainement des deux premiers morceaux (à priori, ce devaient être « Storm Coming Down » et « These Are Old Hands », une bonne vingtaine de minutes au compteur pour bien démarrer.
Car là aussi, comme avec SKYJOGGERS, on n’est pas là pour livrer des ritournelles pop de 3 minutes avec couplet/refrain/solo/couplet/refrain, puis on passe au tube suivant. Non, chez ces Vikings, on privilégie l’atmosphère, la pièce qui prend son temps à monter, qui subit une accélération, qui se calme, parfois jusqu’à la limite de l’audible, avant un nouveau tourbillon électrique, un solo, voire deux. Pour bien mitonner tous ces ingrédients, de 8 à 10 minutes, voire plus, s’avèrent donc nécessaires pour chaque chanson.
Les deux guitaristes en profitent pour livrer d’homériques joutes instrumentales (celles du rappel, qui était à priori « Salt The Earth », littéralement démentes) ou des parties de slide (signées du nouveau venu Markus Berntzen), rappelant que le blues n’est pas étranger à la mixture servie ce soir. Le bassiste Petter Svee s’adonne avec régularité à l’art du headbanging, tandis que le chanteur, Arnt Andersen, accroche aussi bien les regards. 
Longs cheveux, barbe pas moins imposante, habillé d’une toge, il se sert de deux micros à la fois (un semble-t-il pour obtenir des vocaux un peu plus saturés), et adopte une attitude étrange dès qu’il ne chante pas (ce qui arrive souvent) : au lieu d’aller boire un coup backstage, il reste sur scène, se met dans un coin, et regarde ses compères s’éclater.
Une heure 25 de rituel chamanique au croisement du blues et du rock cosmique, qui laisse les spectateurs enchantés. Dont beaucoup foncent immédiatement après le concert au stand de merchandising, le Diable vend ses CD 10 € pièce, une aubaine, nous sommes repartis avec les trois !

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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