Huit ans que PRIMAL FEAR n’avait pas mis les pieds à Paris ! Depuis 2018, le groupe allemand a trouvé le temps de sortir trois nouveaux albums, dont « Domination » l’an dernier. Et a surtout sérieusement secoué son effectif. Autour du noyau originel, composé du chanteur Ralf Scheepers (ex-GAMMA RAY...) et du bassiste Mat Sinner (SINNER, ex-VOODOO CIRCLE...), n’est resté que le guitariste Magnus Karlsson (FERRYMEN, et surtout l’homme qui joue avec tout le monde dans les productions du label Frontiers), arrivé en 2008.
Les renforts n’ont pas tardé, avec André Hilgers (ex-AXXIS, RAGE, SINNER) à la batterie et surprise, l’Italienne Thalìa Bellazecca à la guitare. De fait, la formation n’est plus totalement germanique, avec dans ses rangs un Suédois et une Italienne. Cette dernière, sculpturale métisse à moitié cubaine et à la coiffure afro particulièrement exubérante, rafraichit sérieusement le look du groupe, c’est le moins qu’on puisse dire.
Ajoutons que sur cette tournée, Mat Sinner s’étant blessé à une jambe, il a déclaré forfait, et il est donc remplacé par un vieux compère de Scheepers du temps de GAMMA RAY, le bassiste Dirk Schlächter.

Mais avant de voir toute cette belle équipe, place à la première partie, EXISTANCE. Les Français ont sorti leur 5e album, « Wildfire », en début d’année, mais ont hélas peu eu l’occasion de le défendre sur scène. On les sent donc particulièrement heureux d’avoir été conviés à la fête par PRIMAL FEAR, et ils s’éclatent durant les trois quarts d’heure de leur créneau.
« Wildfire » se voit logiquement bien mis en valeur avec les alertes "Wildfire" ou "Brighter Days". Tandis que "Eternal Flame", un des meilleurs moments de la prestation, est mis à contribution avec un certain à-propos, puisque le guitariste Antoine Poiret profite de l’occasion pour célébrer ses noces de coton (1 an de mariage) avec sa dulcinée, qui monte sur scène lui faire la bise.
Bonne ambiance et joie d’être sur scène vont de pair, le guitariste et chanteur Julian Izard mène sa troupe avec adresse via des tempos plutôt endiablés de bout en bout. Et EXISTANCE conclut avec un efficace "From Hell", laissant le public bien chaud avant l’arrivée de PRIMAL FEAR.
La bonne humeur doit être un sentiment contagieux, car nous avons rarement vu un Ralf Scheepers aussi jovial sur scène, un franc sourire sur le visage de bout en bout. Ses compagnons ne se montrent pas en reste, notamment une Thalia Bellazecca qui effectue ici ses grands débuts parisiens et arbore un joli minois particulièrement enjoué lui aussi.

Après une introduction reprenant une partie instrumentale de "We Walk Without Fear", le groupe démarre vraiment avec deux nouveautés qui passent particulièrement bien la rampe, "Destroyer" et "I Am The Primal Fear". Scheepers chante toujours aussi bien, mais peut-être un peu moins puissamment qu’autrefois (n’oublions pas qu’il a 61 ans), même si Magnus Karlsson dira plus tard en rigolant que la seule chose plus forte que son postérieur, c’est sa voix ! Là par contre ou l’Allemand n’a rien perdu, c’est du côté des biceps, comme on s’en aperçoit aisément, lui qui lève souvent le poing pour scander ses déclamations.
Le concert continue à fond de train avec le génial "Final Embrace", dont Scheepers, perturbé par on ne sait quoi mais mort de rire, comme Karlsson, foire complètement une ligne de chant tant il se marre ! Rien de grave, heureusement, mais un joli symbole de ces musiciens clairement heureux d’être là, comme le répètera à plusieurs reprises le chanteur.

"Nuclear Fire" reste une tuerie sur scène, Karlsson et Bellazecca livrant un solo coordonné en tapping de toute beauté, puis Scheepers, toujours lui, encourage les spectateurs à s’époumoner lors de "Seven Seals", « allez les Bleus » ! Même la power-ballad "Fighting The Darkness", rare moment de répit, réjouit tout le monde, d’autant que le chanteur trouve les mots pour la présenter : « Une ballade, parfois, ça marche »…
Jolie surprise en fin de concert que ce "Far Away", un extrait de « Domination » bien speed, apparemment ici joué pour la seconde fois de l’histoire du groupe. Qui conclut avec l’hymne "Metal Is Forever", pour lequel Scheepers sait encore jouer les poètes : « Vous aimez le heavy metal ? Le matin, au petit déjeuner, avec le café au lait et un croissant, vous écoutez du heavy metal ? Vous allez au boulot en écoutant du heavy metal ? »…Nous raccourcissons un peu, mais vous avez compris l’idée.
Le rappel enfonce le clou avec deux derniers classiques pour headbanguer jusqu’au bout : "Angel In Black" et "Running In The Dust". Et si on avait assisté au meilleur concert de PRIMAL FEAR jamais donné à Paris ? Le débat est lancé.