Ils avaient célébré les 30 ans de « The Final Countdown » à l’Olympia, le 15 novembre 2016. Ils sont revenus 10 ans plus tard, ce 6 octobre, pour fêter ses 40 ans. EUROPE a de la suite dans les idées, et les fans approuvent : la salle est pleine ce mardi soir, avec des spectateurs de tous âges, et une très bonne représentation féminine.
Un public qui apprécie à sa juste valeur la prestation de la première partie, THE DAMNED TRUTH. La formation canadienne a certes déjà par le passé foulé le sol français, mais c’est la première fois qu’elle bénéficie d’une telle exposition. La chanteuse et guitariste, Lee-La Baum, l’avoue en cours de show, et dans la langue de Molière en plus, « ça fait des années qu’on rêve de jouer ici. Merci EUROPE ! »

Merci à eux aussi pour cette grosse demi-heure de rock bien énergique, hard par moments, pop par d’autres, avec des compositions incisives et qu’on retient facilement. Comme le "Be Somebody" d’ouverture, où l’on voit que les quatre Québécois ne sont pas venus pour faire de la figuration, et profitent également de la magie de l’instant.
Lee-La Baum accroche bien entendu, en tant que frontwoman, les regards, avec sa tenue bleue et ses collants jaunes. Mais le guitariste, Tom Shemer, n’est pas mal non plus, jouant et bougeant dans son ensemble rouge. La palme revient cependant au bassiste, Pierre-Yves Letellier, grand échalas qui danse bizarrement, et arbore des bottes dépareillées !

Côté musique, on apprécie bien "The Willow", bien zeppelinien, le rapide "All Night Long", ou le final "Tomorrow", qui fait un peu penser à du FLEETWOOD MAC survitaminé (sur disque, et notamment sur le dernier album éponyme, la voix de Baum évoque souvent celle de Stevie Nicks). THE DAMN TRUTH mérite de revenir en tête d’affiche, la vérité si je mens !

Nous n’avons aucun souci quant à la qualité du concert de EUROPE à venir. Pour avoir vu le groupe une bonne vingtaine de fois sur scène – dont le mythique concert de 1986 au Zénith à Paris -, nous savons que les Suédois sont incapables de se rater sur scène. Mais le sentiment de saturation pourrait poindre, surtout à la réécoute des chansons d’un « The Final Countdown » que nous avons usé jusqu’à la corde.
Que nenni ! EUROPE bluffe encore son monde en une heure et demie montre en main, démonstration découpée en deux parties : d’abord un set comportant quelques nouveautés extraites du dernier album, le très bon « Come This Madness », puis « The Final Countdown », dans son intégralité, mais pas exactement dans l’ordre, nous y reviendrons.
Les Scandinaves débarquent sur scène à 21 heures, avec comme seule décoration cinq écrans disposés à l’arrière. Tous sont habillés en noir, à l’exception du claviériste Mic Michaeli, qui ose une veste rouge. On est loin des fanfreluches et des coiffures hair metal des 80s !
Mais l’enthousiasme subsiste, notamment chez un Joey Tempest toujours aussi talentueux au chant, et habile pour jongler avec son micro. Le groupe attaque avec le récent "Scandinavian Eyes", poursuit avec "Walk The Earth" et le plus vieux "Superstitious".

Le public de la fosse, censé rester assis, est déjà debout, et ne se rassiéra plus. John Norum délivre un étonnant solo sur sa Flying V lors de "One On One", mais reste presque toujours dans son coin. Il se voit secondé à la guitare par Joey Tempest sur "Prisoners In Paradise" et "The Cult Of Ignorance", dernier extrait ce soir du nouvel album.
C’est juste après ce titre que EUROPE, dont un John Norum passé à la Stratocaster, commence à explorer la période « The Final Countdown », puisqu’est proposé "On Broken Wings", face B à l’époque du tube, chanson épatante qui aurait largement mérité de figurer sur le disque numéro 1 dans plusieurs pays. Elle est ici rehaussée d’images datant d’il y a 40 ans, certaines très applaudies, comme celle de Joey Tempest en slip de bain !
Vient ensuite "Rock The Night", autrement dit la piste 2 de l’album, puis la ballade préférée des dentistes, "Carrie". Et un hilarant "Danger On The Track", présenté comme une répétition, les écrans affichant des images de matelas, la protection acoustique qu’utilisait le groupe dans son local bien avant la gloire, souligne Tempest. Un chanteur qui utilise des anti-sèches, tandis que des roadies débarquent sur scène, le summum étant atteint lorsque notre Olivier Garnier national vient livrer une pizza sur scène !

Cette revisite de « The Final Countdown » permet également de redécouvrir quelques titres un peu moins connus, et souvent délaissés depuis longtemps. Comme "Time Has Come", lors duquel Tempest s’accompagne d’une guitare acoustique, le bien carré "Heart Of Stone", ou "Love Chaser".
Vous l’aurez compris, "The Final Countdown" et ses notes de synthé entêtantes ont été gardés pour la fin. Cette fois, le balcon se met aussi debout dans son intégralité pour cet hymne absolu, dont Tempest laisse le public chanter le début du premier couplet. Norum s’échine une dernière fois sur sa Fender pour le solo millésimé, les musiciens donnent tout, c’est la fin de la fête. Incapables de rater un concert, qu’on vous disait !