7 octobre 2026, 23:59

Gus G. + Ronnie Romero

@ Savigny-le-Temple (L'Empreinte)

L’un n’est venu à notre connaissance que deux fois en France avec Michael Schenker au Hellfest 2022 et pour deux dates dont un autre Hellfest en 2024, sous la bannière des ELEGANT WEAPONS, le groupe fondé par Richie Faulkner de JUDAS PRIEST. L’autre nous a déjà plusieurs fois rendu visite, que ce soit seul, en masterclass, ou avec FIREWIND et Ozzy Osbourne. Mais le chanteur Ronnie Romero et le guitariste Gus G. ont eu la bonne idée de s’associer dans ce "Convergence Tour" afin de parcourir le monde, un périple qui passe ce mercredi par la sympathique Empreinte, salle de Seine-et-Marne située à une quarantaine de kilomètres de Paris. 

Le tout au sein d’une double tête d’affiche, commençant par Romero avec son groupe, se poursuivant avec Gus G. et ses accompagnateurs, avant que le duo ne joue ensemble. Un programme alléchant, qui attire donc logiquement suffisamment de monde pour bien remplir la salle (contenance maximale, 400 places).


Outre s’associer à de multiples formations, où il ne fait souvent pas long feu, Ronnie Romero poursuit également une discrète carrière solo, qui commence désormais à devenir conséquente, avec quatre albums (dont les deux premiers de reprises, il est vrai) et un live. Le dernier disque en date, « Backbone », sorti l’an dernier, ne le voit pas dévier de sa ligne musicale, du metal à l’ancienne, dans la lignée de RAINBOW, dont il a fait partie, ou de DIO. 

Assisté d’un bassiste, d’un batteur et du guitariste Jose Rubio, à ses côtés depuis un moment, le Chilien désormais expatrié en Roumanie défend fort logiquement son dernier album, avec quatre extraits d’entrée : "Backbone", "Never Felt This Way, Eternally" et "Bring The Rock".
L’ami Ronnie fait des étincelles au micro, dans son registre Dio/Coverdale/Jorn Lande, et ses accompagnateurs assurent, le headbanging est de mise dans la fosse. L’artiste calme cependant le jeu : « Je vieillis, j’ai besoin de m’asseoir », se justifie-t-il avant de s’équiper d’une guitare acoustique et de se lancer dans une reprise de RAINBOW, "Catch The Rainbow". Une power-ballad hélas à moitié sabotée par des problèmes techniques, mais néanmoins elle aussi chaudement applaudie, à l’issue d’un cri final de Ronnie assez impressionnant.
L’homme aborde ensuite sa période espagnole chez LORDS OF BLACK (6 albums depuis 2014) avec l’alerte "Nothing Left To Fear", avant de proposer un ultime titre solo, le pesant "Keep On Falling". Puis une dernière reprise, assez inattendue il est vrai, "Turbo Lover" de JUDAS PRIEST. Le concert s’arrête ensuite un peu brutalement, au bout à peine de 45 minutes. 

Le show reprend un bon quart d’heure plus tard, le temps de changer de batterie, et d’installer celle de Johan Nunez, batteur de FIREWIND, mais qui a aussi occupé le kit avec, tiens tiens, LORDS OF BLACK, et parle parfaitement français (il est belge). Gus G. complète sa team avec le bassiste Andrea Arcangeli (DGM) et son instrument à 5 cordes, et un certain George (un Américain né de parents grecs mais qui réside au Danemark, comme il nous l’expliquera) à la deuxième guitare.
La fine équipe a elle aussi un album récent à défendre, « Steel Burner », à moitié instrumental. C’est d’ailleurs ce morceau-titre, intro de claviers sur bandes incluses, qui ouvre les débats. L’ex-guitariste d’Ozzy porte une veste siglée au nom de son dernier album et prend volontiers la parole entre deux morceaux. D’autant qu’il n’en est pas à sa première visite à l’Empreinte, comme il le rappelle lui-même, puisqu’il y est passé sous son nom en 2014, et dix ans plus tard avec FIREWIND.


L’ami Gus explore son répertoire avec, par exemple, "Quantum Leap", le plus calme "Confession", ou le mélancolique "Enigma Of Life", pour lequel le dénommé George saisit une superbe guitare acoustique Ovation signée... Gus G. Mais le meilleur moment, c’est certainement cette superbe reprise du JIMI HENDRIX EXPERIENCE, "Voodoo Chile (Slight Return)", dont Gus, grand seigneur, laisse le premier solo à son acolyte avant de se lancer à son tour dans une époustouflante démonstration.

Le public, désormais bien chaud patate, n’a pas ensuite à attendre longtemps avant que les deux stars de la soirée ne commencent à jouer ensemble. Gus G. et son groupe, à l’exception de George, restent sur les planches, Ronnie Romero revient, et c’est parti pour un peu plus d’une heure de très haute intensité.


Ceci grâce non seulement au talent des impétrants, mais grâce à une sélection littéralement atomique de reprises. Jugez-en par la set-list : "The Mob Rules" et "War Pigs", de BLACK SABBATH, "Kill The King" et "Stargazer", de RAINBOW, "Highway Star", de DEEP PURPLE, "Bark At The Moon" et "Shot In The Dark", d’Ozzy Osbourne !
Des morceaux qu’ont joué les deux hommes au cours de leur passé avec certains de leurs créateurs, et auxquels ils rendent dignement hommage. On apprend d’ailleurs à cette occasion que "Stargazer" est la chanson préférée de tous les temps pour Ronnie Romero, et que "Kill The King" est son deuxième titre favori de RAINBOW.

Bon, la formation éphémère propose aussi trois chansons chantées issues de la carrière solo de Gus G., "Frenemy", "My Premonition" et "I Am The Fire" mais, comment dire, elles font un peu "cherchez l’intrus" au milieu de ce panthéon stellaire. Et ce, malgré ce solo de guitare joué avec serviette dans la main gauche lors de "I Am The Fire", fortement allongé pour faire participer la foule...
Un public ravi de sa soirée : deux artistes de ce calibre pour moins de 30€, des reprises de standards absolus, une très bonne ambiance, que demander de plus ?

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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