Groupe coup de cœur que je suis depuis quelques années, BRYMIR nous offre cet automnal nouvel album « What We Leave Behind ». Ecoutons le bruissement des feuilles qui tombent, un effeuillage qui démarre dès l’introduction symphonique "Slaying Star", avant une belle ruade pagan de death metal mélodique aux amples chœurs rageux, qui répond au doux nom de "Sleipnir". Parfaite illustration sonore de la force primale du destrier à 8 pattes d’Odin. S’en suit "Tempestbound" à l’exécution rythmique qui claque un son très moderne et des riffs d’une incroyable rapidité, le tout portant un chant grave et cérémoniel. BRYMIR joue dans la cour des grands, ce n’est plus à prouver.
"What We Leave Behind" s’ouvre sur des synthés livrant un groove électro metal qui rappellera à beaucoup les confrères BATTLE BEAST, finlandais également, avant un déchaînement de riffs heavy et de growls fort en café, alliés à un refrain death symphonique que ne renierait pas FLESHGOD APOCALYPSE. Le titre nous pénètre l’âme et cela d’une magnifique façon. Place ensuite à une ambiance orchestrale pour "True Darkness" qui nous transperce d’autant de riffs aux moulinets puissants, que de blasts presque black metal. Et quel chant, encore plus pénétrant que la musique !
BRYMIR nous gratifie d’un "Moment Of Silence" qui dépose quelques notes de pianos, tels les flocons d’un hiver doucereux. Creusant cette neige nous découvrons une "Buried Legion". Une terrifiante armée de géants des glaces, vociférant la rage de leur sommeil interrompu et lâchant l’expression de leur impuissance, le tout libéré dans une tempête death mélodique que l’on n’a pas senti depuis longtemps chez des groupes majeurs comme AMON AMARTH, c’est vous dire le plaisir ressenti. Un solennel prélude, "Thy Self The Highest Love", annonce l’arrivée de "The Roaring King“. Se déroule alors dans nos oreilles un majestueux metal symphonique où l’on s’attend à entendre la voix de Tarja Turunen. Au final c’est un growl chaud comme le goudron d’été qui soulève des chœurs angéliques, avec une vigueur qui n’a d’égale que la lourdeur des riffs. Pour en imposer, ça en impose.
Dernière ligne droite. Le rythme ne faiblit pas un instant, "Broken Dawn" déboule, livrant une fresque héroïque, aux embruns marins, où les limites du metal graisseux autant que gracieux sont franchies. Autre franchissement de limite, BRYMIR clôt son 5e album sur une improbable reprise, "How Much Is The Fish" de SCOOTER. Véritable bourrinage pagan qui au final n’a rien d’anecdotique et s’inscrit parfaitement dans le mood de cette succession de morceaux de bravoure.
Violente, épique et symphonique, voilà comment résumer cette excellente production de BRYMIR.