L’album « Starcatcher », sorti en 2023, et la tournée subséquente, avaient montré que GRETA VAN FLEET ne se reposait pas sur ses lauriers et affichait même de grandes ambitions. Objectif plutôt réussi pour le disque, un peu moins en live, du moins d’après ce à quoi nous avions pu assister à Paris, la formation devenant un peu trop « star » et moins « catcher ».
La barre est heureusement solidement redressée avec ce « Palace For The People », et le break que se sont accordés les musiciens avant de revenir leur a manifestement fait du bien, ce que nous a confirmé le bassiste Sam Kiszka en interview.
Celui-ci nous a par ailleurs assuré que le groupe avait voulu produire un disque difficile à réaliser. Non à l’écoute, mais à la réalisation, avec par exemple de nombreux passages acoustiques, des instruments à cordes et d’autres plus insolites venus de cultures différentes.
Le producteur réputé Mike Elizondo, dont la culture musicale va du jazz au metal en passant par le rap et tout ce que vous pouvez imaginer, et qui a travaillé, pour le domaine qui nous intéresse, avec MASTODON ou AVENGED SEVENFOLD, a été requis pour l’occasion. C’était clairement l’homme de la situation, car il a réussi à canaliser l’énergie du groupe et à harmoniser tous les ingrédients que les frères Kiszka et le batteur Danny Wagner voulaient insérer dans leurs chansons.
Le disque commence donc, après une intro « Into The Beginning » décorée de vocaux captés dans la brume par un étonnant « Tear It Down », choisi comme un des deux singles, et qui fait beaucoup penser, avec son mélange de guitares électriques et acoustiques, au « Crazy On You », de HEART.
La dimension acoustique reste d’ailleurs très prégnante tout au long du disque, que ce soit lors des introductions (la ballade « Boughten Bliss », les plus rock « Field Of Stars », « Play Your Games », « Heya »), ou même dans la suite de la construction de nombreux titres.
Ce métissage acoustique/électrique vient renforcer la puissance de la voix de Josh Kiszka, sans doute la seule chose qui n’a pas changé au sein du groupe. Ses vocalises transcendent les ballades « Boughten Bliss » et « Saw You Stand », et illuminent les titres les plus zeppeliniens du lot, « Heart And The Beat », « Play Your Games », « Call My Own ».
L’album se clôture avec sa pièce la plus longue et la plus progressive, « Born Into This », 6 minutes 20 avec harmonica dans le lointain, vocaux déchirants, violon et solo de guitare légèrement déstructuré.
Reste maintenant au public à s’approprier ce palais que lui destine GRETA VAN FLEET. Un disque aussi lumineux que sa pochette est sombre, sans doute le seul point sur lequel nous aurions à redire…