
Pour beaucoup, la découverte du nom JAYLER s’est faite via un flyer distribué en fin d’année dernière, annonçant la tournée française de DEEP PURPLE qui se tient ce mois d'octobre 2026. Prévu en première partie, un nom totalement inconnu, JAYLER donc. Inconnu sauf de ceux qui suivent de près l’actualité venue d’outre-Manche, où chaque mois apporte son lot de nouvelles formations destinées à devenir énormes… ou pas. JAYLER, dont les membres affichent une petite vingtaine, n’est pourtant pas tout à fait né de la dernière pluie. Les Britanniques possèdent déjà un EP sous le coude, « A Piece In Our Time », sorti en 2023, et ils ont publié leur premier vrai album, « Unheard Voices » en mai dernier. Un disque qui fait beaucoup parler de lui, tant le groupe se place dans la filiation directe de rien moins que LED ZEPPELIN. Un créneau qui commence à devenir un peu encombré, mais que JAYLER occupe avec un certain talent. Les deux patrons du groupe, le chanteur James Bartholomew et le guitariste Tyler Arrowsmith, nous en ont dit plus lors de leur passage parisien.
Même si JAYLER est un jeune groupe, il possède déjà une certaine histoire…
Tyler Arrowsmith : J’ai rencontré pour la première fois James il y a cinq ans, en novembre 2021. Je joue de la guitare depuis que j’ai 10 ans, je suis fan de musique, j’ai grandi avec grâce à mon père, qui écoutait AC/DC, METALLICA, DEEP PURPLE. J’ai joué avec des gens qui étaient aussi intéressés par cette musique, mais étaient souvent bien plus âgés que moi, dans leur cinquantaine, voire plus. J’ai donc cherché à travailler avec des personnes possédant mes goûts musicaux, mais davantage de ma génération pour former un vrai groupe. Quand j’ai rencontré James, on a tout de suite accroché, et on s’est mis à jouer du AC/DC.
James Bartholomew : Et on est toujours amoureux ! (Rires). J’ai convaincu Tyler d’arrêter ses études. C’était quoi d’ailleurs ?
T.A. : Sciences, maths…
J.B. : Mais pour quoi faire ? Je l’ai donc persuadé de laisser tomber l’école. Ricky (Hodgkiss), notre bassiste, et Ed (Evans), notre batteur, étaient aussi avec nous à la fac. Et on est les meilleurs amis depuis.
Vous vous appelez JYLER depuis le début ?
T.A. : Oui. Comme on est fans de AC/DC, on avait reproduit l’éclair de leur nom pour le mettre au milieu de JAYLER. Mais on a rapidement laissé tomber. On a pensé à changer de nom, mais on avait déjà donné tellement de concerts sous le nom de JAYLER…
Et que signifie le nom ?
J.B. : Jay vient de James et Ler de Tyler. Sinon, ça ne possède pas de signification particulière.
Votre groupe a donc débuté il y a 5 ans, et vous voilà donc aujourd’hui effectuant de la promotion devant des journalistes français. Vous diriez que vous avez connu une progression rapide, ou ces 5 ans vous ont paru interminables ?
J.B. : Je pense que le plus grand écart s’est produit entre la sortie de notre EP et de notre album. Car ça faisait longtemps qu’on pensait à un disque, mais la personne avec laquelle nous travaillions n’était pas sur la même longueur d’onde que nous, elle voulait nous transformer en quelque chose que nous ne sommes pas. Elle ne nous laissait pas respirer.
T.A. : Ce n’était pas nous. Nous sommes un groupe de scène et lorsque nous enregistrions notre album, nous voulions que cela reste le plus naturel possible, nous quatre ensemble.
Vous étiez satisfaits de votre EP, « A Piece In Our Time » ?
T.A. : Oui. Nous nous sommes bien amusés à faire ça en plein été. Les parties de batterie ont d’ailleurs été captées dans une salle de notre fac. A l’époque, on apprenait vraiment tout sur le tas, toutes les techniques d’enregistrement.
J.B. : Cet EP comporte plein d’erreurs, mais il montre bien ce que nous voulions faire passer à l’époque.
Vous avez pourtant dit après que vous aimeriez bien réenregistrer ses chansons…
J.B. : Quand il est sorti, on était très « super, on l’a fait ». Puis, quelques temps plus tard, on pensait plutôt « on aurait pu faire mieux »…
T.A. : On peut discuter d’un réenregistrement ou d’un remaster, mais je pense qu’il nous faut aussi accepter cette première sortie telle qu’elle est, elle témoigne de ce qu’était JAYLER à une date donnée.
Comment se débrouille un jeune groupe comme le vôtre pour percer dans un Royaume-Uni englué dans la crise économique et au milieu d’une telle concurrence ?
T.A. : Ce n’est pas facile tous les jours. Mais dès le début, nous avons choisi d’accepter tous les concerts qu’on nous proposait. Même si c’était dans le coin d’un pub. Nous amenions nos amplis Marshall, notre kit de batterie, et on jouait. On s’est fait connaitre dans ce circuit des pubs, on les a tous faits, et l’industrie musicale nous a repérés. Bien sûr, il faut bénéficier d’un peu de chance. Mais on peut aider sa chance avec du travail, et se produire dans tous ses pubs nous a permis de mieux maîtriser nos capacités.

« Unheard Voices » a-t-il été facile à enregistrer ?
J.B. : La plupart de ses chansons avaient déjà été interprétées sur scène depuis deux ans, donc on savait les jouer sous la pression.
T.A. : Beaucoup de groupes arrivent en studio avec des chansons déjà prêtes, bien structurées, avec des paroles finalisées. Nous, nous essayons d’être déjà à l’étape suivante, d’avoir des démos complètes, pour bien comprendre comment sonnent les instruments, le niveau de réverbération, les couches d’enregistrement… Dès que nous avons une idée, nous la transformons en démo. Mais il reste de la place en studio pour l’expérimentation. C’est ça qui est intéressant, de disposer de quelques jours pour bricoler, tenter des trucs différents.
Vous enregistrez à l’ancienne, tout le groupe dans une même pièce, ou c’est instrument par instrument ?
J.B. : La plupart des prises de guitare, de basse et de batterie ont été réalisées live, dans la même pièce.
Vous parliez de vous laisser la possibilité d’introduire des changements lors de l’enregistrement. Y a-t-il des chansons qui ont été modifiées suite à votre séjour en studio ?
T.A. : Je me souviens surtout qu’on a parfois changé de clé… Ah si, « Down Below », qu’on appelait au début « Bluesy Thing », et aussi « Give Me The Beans ». Celle-là, on l’a changée de tonalité, on l’a ralentie. La section du milieu n’existait pas au début.
Vous avez joué au Brésil en avril devant plusieurs milliers de spectateurs, en ouverture de LYNYRD SKYNYRD ou au festival Monsters Of Rock Brazil…
J.B. : C’était fun, mais on n’a pas vu grand-chose du pays…
T.A. : Il s’agissait juste de 3 concerts donnés en 6 jours. Le public était phénoménal, très motivé. Même quand on ouvrait le festival à 11h30 du matin, quelle énergie ! On aurait cru qu’on était la tête d’affiche !
Vous allez tourner en France à la fin de l’année, en première partie de DEEP PURPLE. Un rêve éveillé ?
J.B. : Oui. Ian Gillan est une de mes idoles, son chant sur les premiers DEEP PURPLE est extraordinaire. J’ai trop hâte !
T.A. : On parle là d’un des groupes les plus emblématiques et importants de tous les temps. « Smoke On The Water »… Quel guitariste n’a jamais joué ce riff ?
Quel album emporteriez-vous avec vous sur une île déserte ?
T.A. : (au bout d’un moment de réflexion) Je change souvent de réponse, cette fois je dirais le premier LYNYRD SKYNYRD.
J.B. : Et moi, « Hysteria » de DEF LEPPARD.
