13 octobre 2026, 23:59

JON ANDERSON AND THE BAND GEEKS

@ Paris (Bataclan)


Ejecté de YES il y a déjà une vingtaine d’années, le chanteur Jon Anderson continue pourtant de célébrer sa musique lors de tournées qui n’ont pratiquement jamais fait escale en France, même du temps de son association avec le violoniste tricolore Jean-Luc Ponty, de 2014 à 2016. 

Le Bataclan de Paris affiche donc complet ce mardi soir, même s’il s’agit d’une configuration totalement assise pour accueillir le public. Une foule à la moyenne d’âge relativement élevée, on s’en doute, mais pas uniquement constituée de fans de rock progressif, puisqu’on voit ça et là un tee-shirt Hellfest ou CANDLEMASS…

Pour cette tournée, Anderson s’accompagne du BAND GEEKS, un groupe de reprises, notamment de YES, fondé par Richie Castellano, bassiste, puis guitariste au sein de BLUE ÖYSTER CULT. Comme Jon Anderson nous l’expliquera au cours du show, il a découvert la formation grâce à un DVD live donné par une de ses connaissances à New York. Epaté par ce qu’il avait vu, le Britannique a contacté l’Américain, pour envisager une collaboration ensemble. Une union prolifique, à l’origine de nombreux concerts et de deux albums, dont un live.

Pas fou, Anderson privilégie cependant majoritairement la musique de YES lorsqu’il se produit sur scène. Et il n’a pas peur de lancer son concert, découpé en deux parties séparées par un entracte d’une vingtaine de minutes, par un gros morceau, rien moins que "Close To The Edge" !


Ca passe ou ça casse, et on s’en rend compte très rapidement, ça passe plutôt bien ! Anderson, qui fêtera ses 82 ans à la fin du mois, a très peu perdu de sa maestria vocale, et surtout conservé son timbre particulier. Ses musiciens déroulent sans problème les partitions plutôt techniques d’origine, même s’il faut bien deux claviériste (dont Phil Castellano, frère de Richie) pour remplacer le Rick Wakeman en feu du début des années 70, et que le guitariste Angus Clark (dont Jon ne se souvient plus du nom, il l’avoue lui-même !) ne tente même pas d’émuler le son de Steve Howe.

L’ami Jon, vêtu d’un pantalon blanc et d’une veste plus colorée, ne bouge pas beaucoup plus que du temps de YES sur sa petite estrade personnelle décorée d’une peluche et d’objets non identifiés. Seul Richie Castellano, en bon hard rocker qu’il est, s’agite sur son instrument et s’aventure hors de son pré carré. Le public, lui, est tout ouïe, et il applaudit lors de plusieurs passages du long morceau (une vingtaine de minutes ici en live), notamment à l’issue de la séquence vocale "I Get Up, I Get Down". 

Le groupe poursuit avec le "Perpetual Change" de YES, avant de proposer un premier titre de « True », l’album de 2014. C’est "Counties And Countries" qui essuie le feu, un morceau dont Anderson assure que le BAND GEEKS l’a transformé en symphonie. Nous ne partagerons pas son enthousiasme, y voyant plutôt un ersatz du OUI, bien fait et complètement dans l’esprit, mais vraiment loin du reste du répertoire. Qui revient rapidement à YES, avec un "And You And I" de bonne facture. Les musiciens nous révèlent ensuite une chanson à figurer sur le prochain album, "Giving Is Living". « On l’a terminé mardi », assure Anderson, bien que le morceau soit joué depuis le début de la tournée, en avril aux Etats-Unis, à moins qu’il n’ait continué à évoluer depuis, ce qui est possible. Quoi qu’il en soit, voici une autre pièce qui s’insère aisément dans l’univers YES, sans prétendre pouvoir entrer en concurrence avec le patrimoine révéré par les fans. Et une chanson pour laquelle, comme pour les autres titres récents, Anderson s’aide d’un prompteur pour les paroles…


La première partie se conclut sur une note magique, le sublime "Soon", un bout de "The Gates Of Delirium", extrait de l’album « Relayer » (1974). Le batteur Andy Ascolese y remplace Phil Castellano aux claviers, tandis que ce dernier passe à la guitare, que Jon Anderson retrouve la voix de ses 30 ans, et que le six-cordiste Angus Clark délivre une jolie partie de slide.

Après la pause, retour à YES avec le long "Awaken", l’occasion de voir Anderson égrener quelques notes sur une mini-harpe portable. Encore un classique avec "I’ve Seen All Good People", puis une dernière tentative de faire briller l’album solo « True » grâce à "Once Upon A Dream", un bon quart d’heure de crypto-YES  pas désagréable. 

Place désormais au feu d’artifice final. D’abord un duo Jon/Angus pour une prestation  acoustique de "Leaves Of Green", autrement dit la fin de "The Ancient (Giants Under The Sun)" dans « Tales From Topographic Oceans » (1973), court mais plein d’émotion. Puis surtout deux incontournables pour tout amateur de YES normalement constitué. 

D’abord "Starship Trooper", où chaque musicien a droit à son moment de gloire en solo, Richie Castellano citant « La Marseillaise » lors du sien à la basse, et Chris Clark le "Free Bird" de LYNYRD SKYNYRD durant son délire aux claviers ! 
Et enfin, un ultime "Roundabout" où Mr. Anderson invite Mme Anderson, assise tout en blanc au premier rang, à venir danser avec lui sur scène. Paris, la ville de l’amour, ça se confirme... Rendez-vous est déjà pris en tout cas pour le concert du vrai YES dans la capitale, le 20 mai 2027 à l’Olympia.

Blogger : Michel Valentin
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Michel Valentin
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1 commentaire

User
Ivan Raduszynski
le 16 oct. 2026 à 14:24
Concert absolument exceptionnel. Standing ovation après chaque morceau bien méritée. Jon est un prodige à la voix d'ange. Je l'ai vu sur scène au Palais de Sports de Paris la première fois avec Yes le 19 avril 1974. Monsieur le journaliste vous me citerez le ou les noms des chanteurs de rock qui ont gardé une voix aussi claire après 60 ans de carrière. "plutôt bien"... à hurler de rire
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