Il y a du nouveau du côté de chez TAGADA JONES... et ils annoncent cette fois encore être « À Fleur de Peau ».
Démarrage ultra classique avec "Les Flammes de la Fête". On pense à "La Peste et le Choléra". Les textes sont toujours gorgés de paroles véhémentes, la batterie est malmenée avec une classe hardcore typique. On embraye sur un punk hardcore nommé "À Fleur de Peau" assez prophétique je dirais, qui ne déparierait pas en plein New York, entre BIOHAZARD et SICK OF IT ALL, pas plus que les propos nous mènent en plein Paris au milieu des lycéens. Nous voilà plutôt bien lancés.
Virage surprenant avec "Hors Normes". La guitare se fait minimaliste et obsédante, avec un apport electro inhabituel. Passé l’effet de surprise on apprécie une chanson fédératrice, renouant avec un chant militant sorti tout droit d’un "Cargo". Ca tombe bien car on repart "Contre Vent et Marées" sur un rythme rapide et des guitares éclatées. Niko et sa bande font dans le rentre-dedans.
Retour à un groove différent pour "La Marionnette". Le synthé revient se poser sur les riffs metal, le chant mélange rage et comptine, portant ce côté Gavroche que l’on savoure toujours chez TAGADA JONES. Ensuite "Wake Up" renchérit sur cette nouvelle attitude electrocore avec force et inventivité. Je commence à me prendre au jeu de cette orientation singulière. On en négligerait presque le propos, toujours pessimiste et rebelle à la fois. Du vrai "optisimisme".
C’est presque avec étonnement que l’on voit le groupe revenir au style classique pour "O.P.L.C.E.M". "Qui sait ?" est un magnifique retour à la poésie punk rock frenchy, aux paroles porte-étendard de nos cœurs égratignés par les injustices de la vie. Un réel coup de cœur ultra entraînant que j’espère voir jouer en concert. Nous poursuivons dans ce mood. "L’Enfant Héros" porte haut son rock avec des mots innocents, et pourtant ce sont de terribles maux qui sont au cœur de cette allégorie de l’innocence martyrisée par les cruelles idéologies. C’est tout ce que l’on aime chez nos amis rennais.
C’est l’heure du baroud. "Je Suis Fou" pour une dernière ligne droite. Le brûlot est "hardcoeur", délicieux, irrévérencieux, à la gloire des neuro atypiques. Le rock devient napalm pour "L’Enfer des Flammes", la rythmique pose sa martialité, refusant et résistant devant sa sépulture, avec un côté neue deutsche hart, on peut affirmer qu’il n’y a pas que les textes qui s’enflamment bruyamment.
TAGADA JONES nous offre là un album par moment atypique, cela rabattra le caquet aux blasés qui clament « c’est toujours pareil avec eux ». Personnellement j’ai passé un excellent moment, dérouté parfois, souvent marteau, toujours conquis !