Avec « Netherworlds », le groupe de death metal mélodique finlandais INSOMNIUM revient avec dix titres encore plus mélancoliques, encore plus intimistes, encore plus aboutis dans le feeling. Il reste un des groupes qui sait maintenir une espèce de sensation de fraîcheur à chaque nouvelle production, même lorsqu’il s’agit ici du dixième album studio.
Après une intro solennelle et à l’ambiance dark, "Shadowlife" entame la danse avec un death metal classique pour INSOMNIUM avec une voix claire mêlée de growls, des claviers omniprésents et un refrain plein d’émotions. La mélodie est bien présente mais l’atmosphère y est aussi des plus prenantes. "Remembrance" est très rock, voire pop à certains moments, avec ce feeling un peu groovy et un côté lumineux. Il n’en reste que de gros riffs et des growls agressifs viennent en balance pour équilibrer le paysage. "Gleam In The Black" fait la part belle à un chant guttural en accord avec une mélodie accrocheuse. C’est un titre à la fois sombre et addictif.
Vient ensuite l’excellent "The Hour Grows Late", son intro acoustique et son rythme mid-tempo. C’est un morceau qui oscille entre folk, épique et death metal mélodique, avec de nombreuses couches, à décortiquer. Et surtout un guest de qualité pour une partie des chants clairs : Tomi Joutsen d’AMORPHIS. C’est un morceau moins facile d’accès mais juste, précis, chirurgical du point de vue de l’expérience apportée. INSOMNIUM montre une facette théâtrale de sa personnalité avec beaucoup d’intensité, des claviers psyché, des riffs lourds et des passages éthérés. Une vraie et belle réussite.
Comment continuer après cela ? Eh bien avec une chanson un peu plus introspective, plus rentre dedans aussi et surtout plus linéaire. "Arch Of The Sky", c’est du INSOMNIUM, moins surprenant mais tout aussi efficace. "Pathways Of The Night" joue avec le rythme et profite de riffs puissants surmontés de mélodies imparables. Un break très atmosphérique vient embellir un tableau déjà bien dessiné avant que "Ethereal Sleep" prenne une suite doom mélodique à la voix susurrée et à la guitare acoustique. Quel beau moment suspendu à nouveau plein de nostalgie et de rêves inachevés grâce à quelques clean vocals envoûtants. Parfait.
Le rapide et bourrin "The Banished" se veut du coup encore plus percutant avec ses riffs plaqués et ses futs martelés. Les growls sont profonds, la puissance est décuplée sur ce titre tout en force maîtrisée, aux mélodies toutefois intenses. Enfin, « Netherworlds » se termine sur un morceau phare : "Journey’s End", au son d’une guitare acoustique de nouveau, de cordes, d’une voix parlée pour intro. Minimaliste en premier lieu, on sent la fin du voyage proche. Tristesse, mélancolie ou sérénité, les émotions sont là et nous font frissonner. D’une terrible beauté, cette ultime composition parvient à maintenir tout l’intérêt que l’on a pu avoir pour les précédents titres et même à transcender un album déjà largement appréciable. C’est le "wow" qui nous laisse un goût de reviens-y. Qu’est-ce qui nous empêche de réécouter INSOMNIUM, encore et encore ? Rien, alors profitons-en.
Si vous aimez INSOMNIUM, foncez sur « Netherworlds », vous ne serez pas déçu. Si vous n’aimez pas INSOMNIUM, foncez sur « Netherworlds », vous serez surpris. Si vous ne connaissez pas INSOMNIUM, foncez sur « Netherworlds », c’est pile l’album qu’il vous faut pour découvrir le groupe. Bref, foncez, les yeux fermés mais les oreilles grandes ouvertes.