Si vous écoutez du heavy psyché et du stoner, vous avez probablement déjà croisé le nom de Julien Pras et encore plus probablement celui du groupe MARS RED SKY. Connu comme un des piliers de la scène stoner française, le trio écume les salles de concert avec une discographie longue comme la queue d’une comète. Ce 30 octobre, sort le quatrième album solo de Julien Pras, chanteur et guitariste de MARS RED SKY. Rempli de douces mélodies et d’arrangements délicats, « Minor Fall » montre que la créativité du compositeur ne connaît pas de limites.
Au vu du temps consacré à MARS RED SKY ces dernières années, on ne peut que trouver logique que « Minor Fall » arrive neuf ans après son prédécesseur « Wintershed ». Dans cet album, Julien Pras fait un pas de côté par rapport aux distorsions que connaissent les fans du trio de stoner psyché et poursuit un cheminement tout en folk rock et en indie psyché, inspiré notamment des compositeurs Elliott Smith et Sean Lennon. Là encore, pas de limite : guitare acoustique et voix forment le duo phare de cet album, mais on y croise aussi une guitare électrique, une basse, des percussions, un piano, de l’auto-harpe et d’autres instruments dont joue Julien Pras lui-même.
Dans chacune des onze chansons, l’histoire racontée à travers des paroles touchantes et poétiques, est sublimée par les mélodies et la voix de Julien Pras, touchante de beauté et de simplicité. Il suffit d’écouter "A Lesser Potemkine" pour se laisser convaincre qu’une seule strophe de vers écrits avec précision ainsi qu’une mélodie accrocheuse suffisent au chanteur-compositeur pour créer une merveille musicale. Il suffit également d’écouter "Minor Fall" et son contre-temps accrocheur pour se rendre compte que l’écriture la plus précise est parfois celle qui emploie des éléments simples de la meilleure des façons.
Une grande mélancolie se dégage des compositions de l’album, que celle-ci se manifeste par la mélodie dansante et le piano de "Mocking Skills" ou par la rupture amoureuse évoquée dès le titre d’ouverture "Tell Me I’m Wrong". Une chanson telle que "For The Wolves" montre que Julien Pras possède l’une de ces voix qui se suffisent à elles-mêmes pour émouvoir les cœurs et les oreilles qui l’écoutent : la fragilité de sa voix androgyne à laquelle succèdent des chœurs harmonieux, nous plonge dans un monde doux, pluvieux et discrètement éclairé au milieu de la nuit.
Tout, en ce moment, nous pousse à chercher des musiques qui soient cathartiques et expressives au possible pour nous permettre d’exorciser l’angoisse ressentie face aux dérives du monde actuel. Pourtant, il peut aussi s’avérer salvateur de chercher, le temps d’un album, à s’éloigner du chaos ambiant pour se réfugier dans une bulle de calme. « Minor Fall » remplit ce rôle à merveille et offre aux esprits tourmentés un véritable cocon dans lequel se blottir afin de ne pas sombrer dans l’inquiétude.