1 novembre 2026, 17:17

KABBEL

"When The War Is Over"

Album : When The War Is Over

De Paris à Göteborg, sa musique résonne dans les salles et fait vibrer les claviers. Tous ses projets sont portés par une envie d’expérimentation et d’élaboration de styles particuliers, pratiqués par beaucoup mais dont la touche finale qu’il apporte le rend immédiatement identifiable. Qui est-ce ? Gregory Hoepffner que l’on retrouve ici sous le nom de KABBEL. Son premier album « When The War Is Over », sorti le vendredi 30 octobre, donne envie de monter le son jusqu’à faire vibrer les murs et de danser comme si personne ne nous regardait. Accrochez-vous.

Si le nom de KABBEL ne vous dit pas grand-chose, vous avez peut-être déjà entendu la musique de Gregory Hoepffner sous d’autres pseudonymes : SURE, JEAN JEAN, JUNI, GHOSTER., TIME TO BURN, ALMEEVA et G. H. FRANCIS. Oui, le multi-instrumentiste est derrière tous ces projets, en solo ou avec d’autres artistes. Pour KABBEL, il développe un style unique : le queer sadcore, entre mélodies pop accrocheuses et violence indus. L’ensemble fonctionne à merveille et donne lieu à dix titres immersifs dans lesquels il est urgent de plonger pour casser sa routine musicale. Qu’est-ce que cette musique a de triste ? Les sonorités indus et les mélodies lancinantes nous plongent immédiatement dans des émotions qui peuvent mener aux larmes. Qu’a-t-elle de queer ? Il vous suffit de tendre l’oreille pour vous pencher sur les paroles qui abordent des sujets touchant régulièrement les individus appartenant à cette communauté.

Dès "The Blaming Game", les bases sont posées : le beat est profond, la voix éthérée et les sonorités indus, aussi froides qu’un iceberg. On sait globalement à quoi s’attendre mais pourtant, on va de surprise en surprise au fil de l’album : l’indus prédomine mais on se laisse volontiers cueillir par les nappes sonores et la voix en écho audibles sur "Afterlife". Et après "No More XTC" qui s’est vu offrir une nouvelle jeunesse après avoir figuré sur l’EP de 2021, le titre "Elephant" trouve sa première inspiration dans le barrissement dudit animal ainsi que dans une gamme pentatonique qui apporte une fraîcheur à l’enchaînement des titres. Les surprises en question s’équilibrent à merveille avec les bangers absolus que sont notamment "R Chrome" et "You Don’t Matter", visiblement destinés à être écoutés à fond sur un dancefloor éclairé à l’aide de lumières fluos.

L’album a également bénéficié de collaborations plus qu’appétissantes : "Fiction Clouds", "R Chrome" et le titre final "When The War Is Over" ont bénéficié du mixage de Lars Stalfors et du mastering de Maurizio Baggio dont la patte a pour particularité de se trouver sur de nombreux projets entre indus, cold wave et dark wave absolument immanquables de ces dernières années. Sur "Reward", ce sont également les claviers de PERTURBATOR que l’on peut entendre ainsi que la voix et l’écriture beaucoup plus électro d’Imer6ia sur le très beau titre "Afterlife". Toutes ces collaborations ajoutent aux titres concernés une couleur particulière, sans pour autant trancher complètement avec l’écriture de KABBEL. Une fois le voyage terminé, il ne reste plus qu’à se laisser porter par la lumière d’espoir que représente "When The War Is Over", ses nappes sonores, sa réverbération et ses arpèges aux claviers qui tranchent nettement avec l’indus brutal de l’album et offrent une douceur bienvenue.

Entre l’arrondi des mélodies pop et le tranchant de l’indus, « When The War Is Over » est un album singulier qui s’écoute comme on observe une boule à facettes : en appréciant chacun des reflets éphémères pour sa couleur unique et en se laissant émerveiller et emporter par l’ensemble.

Blogger : Ivane Payen
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