19 octobre 2026, 16:55

LES GRANDES GUEULES

Roger Waters (PINK FLOYD) attaque James Hetfield, après Ozzy et Eddie Van Halen


Ex-bassiste/chanteur et cofondateur de PINK FLOYD, Roger Waters est passé maître dans l'art du lancer de scuds sur les artistes qui ne partagent pas ses opinions ou dont il n'aime tout simplement pas la musique. Le dernier a en avoir fait les frais n'est autre que le frontman de METALLICA...
 

James Hetfield aurait-il un QI de bulot ? C’est en tout cas ce qu’affirme Roger Waters, ex-bassiste/chanteur de PINK FLOYD. En cause : les paroles prononcées par le chanteur/guitariste de METALLICA sur la scène du Sphere, à Las Vegas, le 10 octobre, quatrième des 24 dates de la résidence "Life Burns Faster". Ce soir-là, Hetfield a lancé aux spectateurs : « À moins que vous habitiez à Vegas, vous avez fait un long chemin pour passer du temps avec METALLICA. Et je tiens à dire une chose : METALLICA n’est pas là, contrairement à certains autres artistes, pour vous influencer avec ses conneries. Nous sommes là pour oublier toutes les conneries extérieures. Le programme de METALLICA, c’est l’amour, l’énergie et la musique heavy, les amis ! ».

Difficile de ne pas apprécier un tel programme, d'autant qu'il ne date pas d'hier. En 2017, au cours d'une interview avec La Tecera, James précisait : « Mon opinion ne concerne que moi. Je suis chanteur et guitariste dans un groupe de rock. Je déteste la politique. Je ne veux pas en parler. Cela n'est pas important pour moi. Ce qui compte, à mes yeux, c'est de rapprocher les gens grâce à la musique. La politique, la religion... tout cela divise les gens. »


Roger Waters, lui, semble avoir pris ces mots, somme toute anodins, pour une insulte personnelle. Invité du Katie Halper Show, il s’en est pris à Papa Het, sans épargner le reste du groupe non plus (ambiance : « Poussez pas, y en aura pour tout le monde ! ») : « On peut arrêter de parler de ce connard ? Il m’ennuie au plus haut point. Il ne fait que prouver qu’il est un connard fini. Il a environ 3 de QI, et honnêtement, je ne sais pas pourquoi on parle de lui, car ce n’est personne et il ne sera jamais personne. Il a beau avoir quelques centaines de millions de dollars sur son compte en banque, ou je ne sais quoi, ça reste un connard. (...) Ce n’est pas un musicien. Je les ai entendus jouer sur des instruments acoustiques, et ils en étaient incapables. C’était consternant. » Les fans des Four Horsemen apprécieront ce verdict sans appel, forcément éclairé (aux yeux de l'Anglais du moins).


​C’est oublier un peu vite que, même si METALLICA n’a jamais commenté l’un des sujets de prédilection de Waters (fervent opposant à la politique d’Israël, c'est l’un des militants pro-palestiniens les plus célèbres), "malgré" ses « 3 de Q.I. », Hetfield a abordé bien des thèmes "sérieux" au fil des années. Il a évoqué la déshumanisation des soldats, « héros jetables » aux yeux de l’armée, dans "Disposable Heroes" sur « Master Of Puppets » (retrouvez les explications des paroles de l’album ici), et la corruption du pouvoir sur "...And Justice For All". Il a dénoncé les horreurs de la guerre dans le magistral "One", inspiré de l’histoire glaçante de Johnny Got His Gun (Johnny s’en va-t-en guerre en V.F.), roman de Dalton Trumbo que l'auteur, victime du maccarthysme, a lui-même porté sur grand écran en 1971. Il a parlé de l’addiction à la drogue ("Master Of Puppets") et de l’aliénation sociale – un thème récurrent du répertoire de METALLICA, porté par son écriture introspective. Des titres comme "The Unforgiven" et "Eye Of The Beholder" explorent ainsi l’isolement à travers le prisme du conformisme social, de la souffrance mentale et de l’indépendance individuelle.

La virulence de Waters trahit un homme qui oublie les fondements mêmes de la liberté d’expression. Après tout, chaque musicien ou groupe est libre d’aborder les sujets de son choix dans ses chansons et son discours. Compte tenu de la situation mondiale, cette retenue peut même faire figure de bouffée d’air frais dans une ambiance de plus en plus délétère. Un concert devient alors une parenthèse quasi enchantée, où chacun se côtoie, quelles que soient ses opinions – avant de replonger dans le quotidien. Tout le monde n’est pas RAGE AGAINST THE MACHINE/PROPHETS OF RAGE/Tom Morello, THE LAST INTERNATIONALE ou SYSTEM OF A DOWN, pour ne citer que les plus connus, que l’on peut d’ailleurs aussi apprécier pour leurs seules qualités musicales, sans se soucier des lyrics et de l'engagement des musiciens.
Au moment d’écrire ces lignes, huit jours après avoir bien involontairement lancé la "controverse", le frontman de METALLICA n’avait pas encore (toujours pas ?) répondu. La riposte est-elle en route ? Ou le venin de Waters s’est-il écrasé contre le mur de indifférence ? À suivre...
 

... OZZY AUSSI

Le cofondateur de PINK FLOYD n’en était toutefois pas à son coup d’essai en matière de déglingage. Quelques semaines après la disparition d’Ozzy Osbourne, en juillet 2025, il clamait au détour d’une interview : « Ozzy Osbourne, qui vient de mourir, que Dieu ait son âme, quel que soit l’état dans lequel il a pu se trouver tout au long de sa vie... On ne le saura jamais. Pourtant, il a été omniprésent à la télévision pendant des siècles avec ses bêtises et ses absurdités. Sa musique, je n’en sais rien. Je m’en branle. Je me contrefous de BLACK SABBATH, je m’en suis toujours foutu. Décapiter des poulets avec les dents, ou ce qu’il faisait dans le genre, ça ne m’intéresse pas... »

Jack, le fils d’Ozzy et Sharon, lui avait répondu par un post cinglant sur X : « Hey Roger Waters, va te faire foutre. Tu es devenu tellement pathétique et déconnecté de la réalité. Le seul moyen que tu sembles trouver pour te faire remarquer ces derniers temps, c’est de vomir des conneries dans la presse. Mon père a toujours pensé que tu étais un connard – merci de lui avoir donné raison ». Avant que Sharon et Kelly, sa fille, mettent en vente un T-shirt sur lequel on voit Ozzy en train de vider sa vessie sous la forme d’un arc-en-ciel, sur un mur (« The Wall ») où figure le nom Roger Waters. Avec, au-dessus, la mention « Another Prick In The Wall », une référence au refrain de la célébrissime chanson de PINK FLOYD, « Another Brick In The Wall » (« prick » signifiant « connard »). Et, sans doute, un clin d'œil à l'un des innombrables dérapages du Madman qui, complètement défoncé, avait uriné sur le cénotaphe de Fort Alamo, au Texas, en 1982…

Une "histoire d'amour" qui ne date pourtant pas d'hier. De confession juive, voilà plusieurs années que la veuve et manageuse du Madman attaque Roger Waters en raison de ses positions militantes très tranchées contre la politique du gouvernement israélien et de son soutien au mouvement de boycott (BDS). « [Roger Waters] n’a aucun charisme, avait-elle asséné à l'occasion d'un podcast. On dirait Frankenstein. Ce type est un grand malade... Tout le monde le déteste, nous ne sommes pas les seuls. On ne peut l’apprécier que si l’on est fasciste. Comme lui... Il est pathétique. » 


Interrogé début 2026 sur ses propos d’autant plus déplacé qu’ils avaient suivi de peu la mort d’Ozzy, Waters avait répliqué : « Ces propos – je ne nie pas les avoir tenus – ont été formulés au cours d’une longue interview… Suis-je censé apprécier tous les groupes de rock ayant jamais existé, ou encore des gens qui arrachent la tête des chauves-souris à coups de dents ? ». Quant à savoir s’il voulait présenter ses excuses à la famille Osbourne, il avait offert : « Oui, bien sûr, je le ferai, si j’ai causé… – non pas que j’aie la moindre estime pour Sharon Osbourne. C’est une sioniste acharnée et, par conséquent… elle m’a constamment accusé de toutes sortes de choses, car elle fait partie du lobby israélien ». 

Avant de conclure : « Je ne regrette rien dans la vie, si ce n’est de ne pas avoir mieux réussi à faire comprendre, à l’échelle de l’humanité, combien il est essentiel de reconnaître nos frères et sœurs du monde entier, de faire preuve d’empathie à leur égard et de garantir que chacun, en vertu du droit international, jouisse des mêmes droits humains. La famille Osbourne ? Non, cela ne m’intéresse pas vraiment ». Dommage que l'empathie de Waters s'arrête, selon toute vraisemblance, à celles et ceux qui partagent ses opinions – politiques ou musicales.


... SANS OUBLIER EDDIE VAN HALEN

En 2022, dans l’émission The Joe Rogan Experience, Waters avait fait preuve d'un véritable mépris pour Eddie Van Halen, décédé deux ans plus tôt, en "oubliant" purement et simplement qu'ils avaient enregistré ensemble, en 1999, "Lost Boys Calling". C'était pour la bande originale de La Légende du Pianiste sur l’Océan, principalement composée par Ennio Morricone – à l'exception de ce morceau écrit par l'Anglais. « Je ne suis pas vraiment attiré par le rock’n’roll bruyant. Certaines personnes adorent ça, mais je me fiche complètement d’AC/DC, d’Eddie Van Halen et de tous ces trucs. Je suis là… "Qui ça ?" Je ne dis pas [vraiment] "Qui ça ?", parce que je connais le nom… Et je suis sûr qu’Eddie était brillant, qu’il jouait très bien de la guitare et qu’il était merveilleux… Mais ça ne m’intéresse pas. »

Une fois de plus, la preuve est faite que les grands artistes, musiciens, cinéastes ou autres, ne sont pas forcément de grands hommes…

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Blogger : Laurence Faure
Au sujet de l'auteur
Laurence Faure
Le hard rock, Laurence est tombée dedans il y a déjà pas mal d'années. Mais partant du principe que «Si c'est trop fort, c'est que t'es trop vieux» et qu'elle écoute toujours la musique sur 11, elle pense être la preuve vivante que le metal à haute dose est une véritable fontaine de jouvence. Ou alors elle est sourde, mais laissez-la rêver… Après avoir “religieusement” lu la presse française de la grande époque, Laurence rejoint Hard Rock Magazine en tant que journaliste et secrétaire de rédaction, avant d'en devenir brièvement rédac' chef. Débarquée et résolue à changer de milieu, LF œuvre désormais dans la presse spécialisée (sports mécaniques), mais comme il n'y a vraiment que le metal qui fait battre son petit cœur, quand HARD FORCE lui a proposé de rejoindre le team fin 2013, elle est arrivée “fast as a shark”.
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1 commentaire

User 6336
User 6336
le 19 oct. 2026 à 19:11
A choisir entre Hetfield l’alcoolique et Waters le caractériel, je choisis celui qui dénonce la tentative de génocide plutôt que le crétin qui chante Seek & Destroy tout en larmoyant à ses spectacteurs (payeurs) qu'il leur donne "de l'amour, de l'énergie et de la musique heavy".
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