24 octobre 2026, 23:25

Walter Trout

@ Paris (Alhambra)


Une fois n’est pas coutume, commençons cette critique en remerciant les artistes, Walter Trout, sa première partie, la chanteuse française CJ Beth (que nous n’avons pas vue à cause de notre arrivée tardive), l’Alhambra et l’organisateur, Gérard Drouot Productions. Ils ont tenu bon. Malgré les manifestations à Paris, le couvre-feu place de la République toute proche, les intempéries, ils ont maintenu le concert de ce samedi soir, ce qui n’était pas évident de premier abord.
Les horaires ont d’ailleurs été avancés, et le public a finalement répondu présent, sachant que, quand Walter Trout est dans la maison, c’est toujours la fête du blues, et surtout de celui à tendance bien électrique ! 
Pour cette tournée européenne débutée en début de mois, Trout a réuni une fine équipe : son fidèle bassiste John Avila (qui a collaboré avec Bob Dylan, Neil Young, Steve Vai, Joe Satriani, entre autres), le claviériste néerlandais Roland Bakker (qu’on a pu entendre chez VENGEANCE ou AYREON), et un jeune batteur, en piste depuis seulement deux semaines, Ken Hickman, qui joue avec une chanteuse blues britannique en train de percer, Alice Armstrong. Sans oublier un invité de luxe, qui débarque sur scène au bout d’une quinzaine de minutes, le guitariste Jon Trout, autrement dit un des fils de Walter.
 


Comme depuis longtemps, l’ami Walter début son concert par le solide boogie « I Can Tell ». Un bon truc pour chauffer la salle, d’autant que la section rythmique s’avère déjà à fond. Avant même que le morceau ne commence, John Avila saute sur place, et Ken Hickman se révèle un exubérant adepte de l’école « Muppets Show ». Et que dire du patron, régulièrement surpris en train de faire l’andouille, les gros yeux ou lâchant une grimace à l’intention des premiers rangs... Le blues, oui, mais fun !  
Il nous sert d’ailleurs sa blague traditionnelle avant le deuxième morceau, « Walkin’ In The Rain » : « Je suis content d’être là. En fait, à 75 ans, je suis content d’être où que ce soit ! » Allusion à sa dépendance passée aux drogues et à l’alcool qui a manqué le tuer, et dont il parlera plus tard, avant « Say Goodbye To The Blues », dédié à l’un de ses mentors, John Mayall, « l’homme qui m’a sauvé la vie », et lui a permis de jouer avec Mick Taylor (ROLLING STONES) et John McVie (FLEETWOOD MAC). 
En attendant, Jon Trout vient l’épauler dès le bien rock « Wanna Dance », lui aussi équipé d’une guitare blanche Delaney siglée… Walter Trout ! Et on peut dire que le gaillard, gaulé comme un Viking (sa mère est danoise), a aussi de qui tenir côté six-cordes, même si son géniteur conserve l’avantage en termes de fluidité et de finesse. 
Trout Sr. le laisse cependant mener la troupe lors d’un étincelant « We’re All In This Together », non sans l’avoir préalablement un peu chambré : « Il a fait sa première tournée avec moi à l’âge de 3 mois. Il tenait le stand de merchandising, et vendait des couches ».  
 


Mr Trout, aussi bavard avec sa bouche qu’avec sa guitare, nous parle aussi de sa femme, Marie, avant de lancer « Mona Lisa Smile », son fils saisissant pour le coup une gratte acoustique. Une chanson qu’il a écrite, raconte-t-il, un jour où sa femme était déprimée, et qu’il ne savait pas quoi lui dire. Il lui a alors composé une chanson (à retrouver sur son très bon dernier disque, « Sign Of The Times »), qu’il n’interprète pas souvent, mais qu’il se sent obligé de proposer ce soir, la vraie Mona Lisa n’étant pas très loin.
« Is Serve You Right To Suffer », reprise de John Lee Hooker, permet à Trout d’évoquer ce grand bluesman américain, un de ceux avec qui il a travaillé par le passé. Et c’est aussi l’occasion pour chacun des musiciens de connaitre son petit instant de gloire avec un solo, le plus intéressant étant celui de Roland Bakker, qui cite à l’orgue DEEP PURPLE et RAINBOW, et le plus insolite celui de John Avila, qui débute à la… flûte, avant de continuer comme il se doit à la basse. Inutile de vous dire que la version du morceau dure une bonne dizaine de minutes. 
Walter Trout et ses copains trouvent tout de même le temps de nous livrer un dernier titre, le rapide « The Best You Got », pour conclure ce show de 1 h 45. Pas de doute, M. Trout reste un gros poisson du blues rock !

 

Blogger : Michel Valentin
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