
Backstage By The Mill bien rempli en ce jeudi soir pour accueillir une affiche stoner sympathique : les Américains VALLEY OF THE SUN et les Franciliens STARMONGER.
Ces derniers débutent de manière originale, vers 19h30, en diffusant sur un écran de toile leur dernier clip, « Sirenia », mis en ligne la veille, un vrai petit court-métrage mêlant science-fiction, horreur et écologie, chaudement réceptionné par le public.
Puis le trio assure 45 minutes de concert de stoner psyché sans temps mort et tout aussi apprécié par la foule. Un show qui se conclut par… « Sirenia », puis son classique, « Black Lodge », durant lequel une danseuse, au look crypto-polynésien, vient égailler l’atmosphère. Une belle introduction pour ce groupe qui taille vaillamment sa route, avec déjà 2 albums et une poignée de EP dans sa besace.
VALLEY OF THE SUN a sorti son dernier disque, « The Blacklight Sessions », il y a à peine quelques semaines. Mais le trio américain, emmené par l’inamovible guitariste et chanteur Ryan Ferrier, le seul à bord depuis la création de la formation, joue d’abord la carte de la sécurité, en usinant quelques solides compositions garanties 100% stoner des origines.
Place donc à « Hearts Aflame », derrière lequel le groupe enquille le rapide et sautillant « Deep Light Burns », intro à la basse incluse. Ryan Ferrier ne disposant que d’une marge de manœuvre réduite derrière son micro, le bassiste Chris Wheeler en profite pour secouer en permanence sa longue tignasse, ceci sans perdre ses lunettes, un exploit.

« Bonsoir, motherfuckers », clame à l’issue du morceau Ferrier dans un savant mélange français/anglais, lui dont les connaissances linguistiques dans notre langue feront un bond de géant plus tard, lorsque des spectateurs lui apprendront à dire « santé ! » avant de déguster une bonne bière… Mais il connait au moins déjà un juron, « sacrebleu » !
« Nous sommes VALLEY OF THE SUN, des Etats-Unis d’Amérique. Et désolé de provenir des Etats-Unis d’Amérique », plaisante-t-il. Avant de réclamer un peu plus de vocaux dans ses retours et de se faire reprendre de volée par son propre batteur, Johnny Kathman : « Chante plus fort ! » A ce propos, notons la similitude assez troublante entre la voix de Ferrier et celle d’un certain John Garcia (KYUSS, HERMANO)…
Le groupe continue avec « Mariner’s Tale », autrement dit un troisième extrait de rang de « The Saying Of The Seers », son EP de 2011. Un début quasi boogie, un intermède que PINK FLOYD n’aurait pas désavoué, que du bon !
VALLEY OF THE SUN persiste à choyer ses fans de la première heure via le rapide « Maya », avant de commencer à explorer son répertoire plus récent, et plus psychédélique également. « Terra Luna Sol » secoue diablement. « Speaketh The Shaman » se révèle plus bluesy, « Devil I’ve Become » appuie de nouveau à fond sur la pédale d’accélérateur.
Au bout d’une quarantaine de minutes, VALLEY OF THE SUN s’intéresse enfin à son dernier opus, livrant une fort intéressante version de « Mountain » qui fait vraiment bien planer, son seul défaut étant d’être presque deux fois plus courte que l’original studio.

« The Late Heavy Bombardment » introduit une note presque funky dans le répertoire, mais on part aussi dans les étoiles avec « Palus Somni », impressionnante pièce cosmique enrichie de surprenantes harmonies vocales sur sa fin. Le pilonnage stoner reprend ses droits lors d’un « Low Not Slow » accueilli avec des rugissements de satisfaction des spectateurs dès les premiers riffs de guitare.
« Je sais qu’on est jeudi soir et que vous avez des trucs à brûler demain", plaisante ensuite Ferrier. "Non sérieusement, je pense que le reste du monde regarde la France et se dit, ces enfoirés savent protester ! « Une déclaration on s’en doute très applaudie, ce qui incite l’Américain à enfoncer le clou : « Nous avons besoin que vous recommenciez à fabriquer des guillotines ! » « Nous en avons besoin juste d’une aux Etats-Unis », renchérit Chris Wheeler. Ça alors, encore des métalleux US qui n’ont pas l’air de penser grand bien de leur président actuel…
La musique reprend quand même ses droits, et VALLEY OF THE SUN lâche les chevaux, et montre ses ambitions artistiques. D’abord le long « Old Gods », psyché à fond grâce à une basse hypnotique, puis le plus orientalisant « Riding The Dunes » qui clôt les débats sur une note plus enfumée.

Les Américains reviennent cependant pour un rappel unique, mais long et sans paroles, précise Ferrier. Ce ne peut donc que la bien nommée « The Long Song », mais auparavant, Johnny Kathman, qui n’a manqué aucun cours à l’école du rire, nous fait une dernière blague. « Ma maman vient de m’appeler. Vous voulez lui faire un coucou ? » Et c’est parti pour un bruyant « 1, 2, 3, hello mom ! », prélude à une bonne dizaine de minutes comportant intro quasi acoustique, virage sabbathien, solo de guitare mélodique, passage planant avec écho, boogie métallisé, et on en oublie. Une chanson longue, peut-être, mais diablement accrocheuse.
Comme aurait pu le dire Francis Ford Coppola, VALLEY OF THE SUN, c’est vraiment la vallée du bonheur !