SHINEDOWN livre ce samedi soir son plus gros concert en tête d’affiche de France, après des passages dans des salles parisiennes moins importantes, comme l’Olympia en 2019, ou la Maroquinerie dix ans plus tôt. Mais il faut bien reconnaître que le Zénith n’est pas totalement rempli, malgré la neutralisation des rangs du fond.
Qu’importe, les Américains sont venus avec la rage au ventre, ainsi qu’un paquet de produits inflammables et d’explosifs. Et ils ont choisi une bonne première partie, THOSE DAMN CROWS.

« Nous sommes du Pays de Galles, pas d’Angleterre, hein ! », souligne le chanteur, Shane Greenhall, sympathique frontman du combo qui œuvre dans le même style musical que SHINEDOWN, et profite de la demi-heure qui lui est dévolue pour répandre la bonne parole. De « Who Did It » à « Sin On Skin », en passant par un unique extrait du dernier album en date, « No Surrender » extrait de « God Shaped Hole » (2024), le groupe réalise un rapide sans faute, aidé par un son puissant mais clair (au contraire des patrons du soir, nous y reviendrons).
Cela fait deux fois qu’on voit THOSE DAMN CROWS à Paris – la première, c’était avant Ayron Jones en 2023 à l’Elysée-Montmartre -, et cela fait aussi deux fois qu’on se dit que c’est clairement une formation à suivre.
Juste avant que SHINEDOWN ne débarque sur scène, un type habillé en vert, chaussé de bottes blanches et portant un masque géant en forme de télé vient se déhancher sur le « Sledgehammer » de Peter Gabriel. L’introduction idéale avant que le combo ne livre un « Safe And Sound » littéralement explosif, puisque enrichi de quelques flammes et pétards qui viendront souvent réchauffer l’atmosphère.
D’un seul coup, le volume sonore est monté d’un cran, et ce n’est pas le « Devour » interprété à 100 à l’heure qui va calmer les esprits. Le chanteur Brent Smith court partout, le batteur Barry Kerch fait voltiger ses dreadlocks en frappant sans modération sur son kit, le guitariste Zach Myers saute sur place, et le bien nommé bassiste Eric Bass se déplace d’un air menaçant d’un coin à l’autre.

La partie s’annonce gagnée dès le troisième titre et premier vrai tube de la soirée, l’entrainant « Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom »), agrémenté d’un court et joli passage à la guitare acoustique auquel s’attelle Eric Bass.
Une fois le public sans sa poche, Brent Smith se sent en confiance pour lui parler plus longuement entre deux titres. Au début avec quelques poncifs rock’n’roll, du style « vous passez un bon moment, ou vous passez un excellent moment ? », puis ensuite via des confessions un peu plus élaborées sur l’amour de son prochain et la foi, pas forcément religieuse, mais spirituelle. Et cette remarque, que nous notons illico dans nos tablettes : « Quand l’univers te parle, ne sois pas effrayé ! »
SHINEDOWN baisse aussi un peu de rythme avec deux titres nettement plus calmes et mélodiques, « If You Only Knew », et surtout l’excellent « Three Six Five », en provenance du dernier album, le fort recommandable « Ei8ht » (2026).
C’est après que ça se gâte un peu. Pas par la faute des Américains, toujours à fond. Mais quelqu’un à la table de mixage décide que, lors des morceaux les plus heavy, il convient de pousser le volume aux limites du supportable. Franchement, ça gâche un peu le pesant « Devil », durant lequel Zach Myers se voit obligé de changer d’instrument en plein morceau.

L’aiguille du sonomètre redescend lors de la ballade suivante, « Searchlight », illuminée par des milliers de portables allumés (et quelques briquets). Sans doute ému par cette vision, Eric Bass enlève ensuite le haut, pour revenir arborer un torse aussi tatoué que musclé, tandis que son chanteur fonce effectuer des allers-retours dans la fosse, avant un « Enemies » où nous subissons la même punition auditive que lors de « Devil ».
Bass se met au piano pour la jolie ballade « I’ll Follow You », Myers passant lui à la guitare acoustique. Pour sûr, les Américains savent trousser des bluettes romantiques qui restent longtemps en tête ! Mais aussi des trucs un peu plus passe-partout, comme « Call Me », alignée derrière…
L’alternance calme/énergie continue via les solides « Asking For It », « Bully » (et toujours un volume sonore qui réveillerait Lemmy dans sa tombe), puis un nouveau tube récent appelé à devenir un classique, « Young Again », avant un tube plus ancien ayant déjà accédé au statut d’incontournable, « A Symptom Of Being Human », Kerch et Myers restant assis au début à écouter leurs collègues jouer.
Les premières notes de « Cut The Cord » provoquent un vrai tremblement de terre au sein du Zénith, les spectateurs participant ensuite de bon cœur aux refrains. Prélude à la séquence émotion de la soirée, avec d’abord « Monsters », puis les musiciens rendant hommage à leur copain, Brad Arnold, chanteur de 3 DOORS DOWN décédé en début d’année. D’abord avec une reprise de leur plus grand succès, « Kryptonite», puis via une autre cover, l’immense « Simple Man », écrit par LYNYRD SKYNYRD.

Le concert s’achève via un bien rock « Sound Of Madness », puis la splendide et mélancolique « Second Chance ». « Vive la France ! », conclut Brent Smith, rappelant que chez lui, on ne dit pas « au revoir », mais « à la prochaine ». En espérant donc qu’il ne faudra pas attendre de nouveau 7 ans pour revoir SHINEDOWN sur une scène parisienne.