10 juin 2014, 19:26

NOTHING MORE @ Paris (Nouveau Casino)

RED MOURNING ouvre pour NOTHING MORE ce soir. Une bonne première partie teintée de metalcore distillée par les Parisiens ravis d’être là. Le public est réceptif et surtout présent pour le show des 4 texans signés sur le label Eleven Seven Music dont leur album éponyme sortira le 23 juin en Europe.

Intro tribale sur machines électro, le groupe démarre à fond le show avec « Christ Copyright ». Ce morceau est basé sur le dogme du marketing religieux et politique, populaire aux USA. L’interprétation et la mise en place du groupe tant au niveau instrumental que vocal de ce titre biblico-cynique vont être l’empreinte ADN de l’ensemble de la soirée mêlant metal moderne à des éléments pop, rock, et électro.
Jonny Hawkins, le chanteur, est à fond sur son set de percussions qui trône devant la scène et qui lui sert aussi de moyen de se surélever de celle-ci. Le groupe enchaine sur « Mr MTV » (sans l’intro de « Money For Nothing » de DIRE STRAITS que l’on retrouve sur leur album que je vous recommande). Que dire ? C’est énorme ! Le morceau vous déconnecte votre réseau neuronal pour ne procurer que du plaisir induit par les sonorités créées par les NOTHING MORE. Les voix doublées par Daniel Oliver le bassiste, ce « Empty Me, Empty Nation » chanté sont d’une efficacité mélodique redoutable et les lignes de guitare de Mark Vollelunga sont somptueuses.  Le groupe joue ensuite « Sixty Second Affair », un titre inédit. Jonny Hawkins vit le truc à fond comme si la fin du monde était proche et le groupe est en symbiose !

« Gone » mêle différentes ambiances bien métalliques, Jonny arrangue le public. Ça joue grave ! Ça percute dans tous les sens. C'est la guerre au Nouveau Casino ! Le groupe est lancé comme un train à grande vitesse… Du MPI-GV : du metal popisant intelligent à grande vitesse. Et dans cette ascension artistique live, le groupe va nous sortir « Hookshot », un solo de basse à 4 mains. La basse va être montée sur un support tournant sur le set de percus de Jonny. Daniel et Mark vont y aller de leur tapping, de leur solos, bottleneck au doigt pour Mark puis Jonny va les rejoindre en martelant avec des baguettes l’objet divin. Les 3 protagonistes font le show et l’effet de surprise est garanti. Quelle originalité pour un solo instrumental ! Ils enfoncent le truc en faisant tourner la basse comme une hélice d’hélicoptère sur fond musical.

Petits samples introductifs, Jonny salue le public avec un « Bonsoir Paris » puis « This Is The Time (Ballast) » (leur vidéo single), retentit. Un hit sonore ! Efficacité absolue ! Jonny salue la France, et ses amis français de RED MOURNING présents dans la salle. Le groupe est possédé et fait le show sans fioritures. « First Punch » est le titre suivant, tout en tonalité metal pop radio friendly (un autre single potentiel), entrainant par le travail réalisé par Paul OBrien le batteur du groupe.

« For The Love Of The Ghost » est épileptique. Je retrouve un faux air de Jim Morrison (THE DOORS) à Jonny Hawkins. Ce titre à l’intro lente et envoûtante, ses guitares stridentes, le talent des musiciens, ces éléments jazzy sur des phrasés mélancoliques sont extraordinaires. NOTHING MORE enchaine avec « The Matthew Effect », titre à connotation biblique tirant son nom d'un verset de l'Evangile selon Matthieu. Il résume l’état d’esprit  « les riches deviennent plus riches, les pauvres plus pauvres » sur du son bien métallique.

Jonny présente ensuite « It Seems », une ancienne chanson, qui parle de troubles psychiatriques et notamment de dépression. Puis c’est un hommage à NINE INCH NAILS avec une reprise remarquable de « We’re In This Together » qui fait plaisir à un grand nombre dans la salle.

Les NOTHING MORE sont vraiment heureux de jouer à Paris ce soir. Cela se voit sur leurs visages. Jonny en profite pour remercier la presse (tout format) présente dans la salle ! « Salem » est une chanson des DOORS des temps modernes du metal. Sa structure musicale déstructurée justement, avec des variations de basse un peu funk par moment, ses grosses guitares, le spectre de PANTERA, le break hurlé par Daniel et Mark sont fabuleux. Puis le second point d’orgue de la soirée : Jonny et Paul percutent leur drums de façon concomitante, rejoints par Daniel et Mark qui percutent des toms disposés sur les côtés de la scène. Le groupe crée une configuration tribale à la « Tambours du BRONX » puis c’est le retour « over metal in your face » du titre appelant à bruler la sorcière. C’est grand !

Le rappel comprend « I’ll Be Ok » dans une version intimiste. Cette dernière a été jouée sur Oui FM la veille pour une émission prochaine. Un hit encore, cette ballade atmosphérique. Le concert s’achève en apothéose sur « Bullets ».

Tout le monde était d’accord dans la salle pour dire que ce concert était grand, que NOTHING MORE allait devenir rapidement un nouveau phénomène.

VENI, VIDI, VICI.

 

(Photos : 2014 © rocknraw.weebly.com / Christophe Meng - DR)

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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